27 décembre 2006

[BLOG] Avis de Spam...

Bien que je sache pertinemment que de moins en moins de visiteurs passent céans, et plus encore commentent les articles, je me vois obligé d'activer la modération. Non pas pour des commentaires qui ne me conviennent pas, mais pour des commentaires non souhaités. A l'instar du spam sur votre adresse e-mail, le blog vient d'être victime d'une attaque de spam renvoyant vers des sites refourguant en masse du viagra et autres produits à la <beep>. Et leur éradication étant très longue (je suis obligé de passer d'un post à un autre pour contrôler les commentaires), je préfère les bloquer à la source.

Toutefois, rien ne vous empêche de commenter, la modération n'équivaut en aucun cas à la censure...

06 octobre 2006

[CYBER-CITOYENNETÉ] Bereno, ou le blog et l'inspecteur du travail blogueur censurés

via : Le journal d'un Avocat | Le Monolecte | Ashram de Swâmi Petaramesh

La blogosphère est un monde totalement à part dans notre paysage médiatique. Au delà de la mode du blog "3615 my life avec my photos de my potes et my délires", sont apparus de très bons blogs, avec plus de textes que d'images, mais qui ont pour effet de faire gamberger l'internaute au delà des réflèxes reptiliens. Heureusement que la blogosphère comprend ces espaces d'interaction, remarquables à la quantité parfois impressionnante de commentaires ou de trackbacks (malheureusment non supportés céans).
Si aujourd'hui je vous parle à nouveau de ces blogs textuels, c'est parce que la liberté d'expression vient encore de prendre une claque. Le blog, c'est la possibilité pour Monsieur ou Madame Tout le Monde de pouvoir prendre la parole et de se réapproprier une partie du débat citoyen. D'expliquer leur vie, leurs opinions, leurs pensées, voire leur métier, une fois que les précautions d'usage sont prises : neutralité du propos, pas de mentions de nom de personne ou d'entreprise etc. Ce qu'appliquent par exemple Maître Eolas dans son excellent blog juridique que j'ai déjà présenté ici lors de la crise du CPE. Ce qu'appliquait également un blogger qui m'était pour moi inconnu, et que je n'ai appris l'existence par le triste évènement que je vais vous décrire ci-après. Maître Eolas veut "faire des vagues", à nous d'apporter le vent amplificateur de ces vagues.
Bereno était (est encore, bien heureusement) un inspecteur du travail. Il tenait un blog, hébergé sur Le Monde, sur son travail, expliquant des cas de figure, des affaires qu'il avait eu à traiter. L'inspection du travail pouvait se montrer dans sa dimension initiale, celle de défenseur des travailleurs, qui sous la houlette de dirigeants peu scrupuleux, voyaient leur position confiner parfois à l'exploitation. Ce travail d'explication au grand public, il le faisait de manière neutre, effaçant les noms, les lieux, les dates, pour ne garder que les faits, les pourquoi.
Ce blog avait acquis une grande renommée, au point d'être placé en page d'accueil du journal Le Monde attirant un grand nombre de visiteurs, entraînant un grand nombre de commentaires, d'interactions, d'échanges. Ce blog, venait de fêter mi-septembre sa première année d'existence.
Aujourd'hui, tout lien renvoyant vers ce blog se solde par un laconique "TypePad : this account has been suspended". En effet, la hiérarchie de Bereno a appris l'existence de son blog et lui a intimé la fermeture de cet espace. Rien que cela. Aux dernières nouvelles, Bereno n'a souffet d'aucune sanction liée à la publication de son blog, l'ayant purement et simplement anihilé de la Toile. Cette censure, pour les raisons qui ne sont pas les bonnes, est totalement inacceptable, Bereno, dans le peu que j'ai pu lire de lui était neutre, mettait en lumière des pratiques peu reluisantes, et montrait à tous ce à quoi les inspecteurs du travail était confrontés. Surtout, cela permettait à tout le monde de prendre conscience du côté obscur (pff classique) que peut revêtir le travail en entreprise, et de savoir, pour nous, futurs employés, à quel sauce dans le pire des cas nous serions mangés.
Où est l'affront? Où est le franchissement du devoir de réserve que se doit d'avoir un fonctionnaire de l'Etat? Rien de tout cela dans ses textes. Mais censuré pour publier des textes qui dérangent, qui font réagir.

Mais il n'y a pas lieu ici de s'apitoyer. Ce qui est fait est fait, mais nous avons un allié que la censure ne peut contrôler. Votre ordinateur, les serveurs sont tous des unités qui stockent, copient, envoient et reçoivent. La censure a tué le site principal? Refaisons-le renaître sur d'autres serveurs ! Cela est tout à fait possible. Comment s'y prendre?

La fonction "cache" de Google est très puissante. Pour améliorer les performances du moteur de recherche, une armée de "robots" aspire le contenu web pour mieux le recracher au premier mot clé entré. Donc il a été possible de récupérer une grosse partie de l'oeuvre de Bereno
Ensuite, le principe de republier avec des mots clés spéciaux initie un phénomène de Google Bombing. C'es le principe qui a permis au fim Iznogoud d'arriver en deuxième position quand on tapait "Sarkozy" dans Google... Donc avec des mots clés tels que "Bereno, blog, blogueur, censuré, inspecteur du travail".
Ce travail de republication a déjà en partie été réalisé, puisque de-ci de-là, fleurissent l'intégrale des posts de Bereno, la technique étant de reprendre au hasard un des billets de Bereno et de le poster en rappelant son origine, et sa date. Parce que nos gouvernements n'ont pas à bafouer une des lois les plus fondamentales des droits de l'homme : la liberté d'opinion, d'expression et de publication.

Ci dessous, un éventail des liens pour lire l'excellente prose de Bereno :
Bigupload contient en ses entrailles un an de blog au format PDF
Exacer.be contient tous les textes en accès direct

Plus d'infos sur le mouvement de contestation de la blogosphère ;
irrepressible.info (Amnesty International)

S'il vous prenait l'envie de reprendre sur votre blog un texte de Bereno, il faudra pour rendre efficace l'opération de republication faire un trackback, si votre plate-forme de blog le permet (typePad, DotClear etc.) ou un commentaire dans ce billet pour manifester votre publication.

Parce qu'internet n'appartient pas à une poignée de décideurs. D'ailleurs, le prochain post sera dédié à Bereno.

11 juillet 2006

[BLOG] Fin de cycle, fin de vie?

A présent, la boucle est bouclée, après cinq mois de fonctionnement, la fin des partiels et les congés estivaux ont mis en sommeil ce blog. Les résultats étant parvenus depuis peu (la semaine dernière), la plupart d'entre vous devez à présent goûter à un repos bien mérité (certainement beaucoup se sont lancés dans une autre forme de travail, rétribuée cette fois en espèces sonnantes et trébuchantes, et non en notes sur 20).
Je profite de ce message pour vous dire que l'année prochaine je ne ferai plus partie de cette université, mais de celle de Paris 8. En effet, je viens de terminer le premier cycle universitaire institué il y a deux ans, c'est à dire la licence. Je ne sais donc pas si ce blog survivra ou s'il sera repris par les autres contributeurs et amis. Tout dépendra de leur temps libre et des évènements qui se dérouleront à Saint Quentin.

Il me reste qu'à vous souhaiter une bonne continuation et de bonnes vacances.

15 juin 2006

[COURS] Ah! si nous avions la technique déployée à Lyon.

Et c'est reparti pour un tour! Le geek qui sommeille en moi vient de se réveiller une nouvelle fois. Cette fois-ci il va vous parler de podcasts. Ceux qui ont déjà un iPod savent de quoi je veux parler, il s'agit plus ou moins du concept du blog, de l'émission radio adaptée à un baladeur numérique. Ce phénomène qui connaît un vif succès vient de faire son entrée dans l'université de Lyon II.

Il s'agit tout simplement, d'enregistrer les cours magistraux, et de les mettre à disposition des étudiants, ce qui dégage l'étudiant de la tâche de prise de notes (qui a dit que les étudiants deviendraient encore plus feignants?) lors du cours (mais qui les oblige à remettre le tout par écrit le soir, sous peine de devoir acheter des disques durs taille "jumbo" pour stocker toute une année de cours en MP3).

Plus d'information via 01.net.

Des chances de voir ça chez nous? Heu, pour cela, il faut que les profs se portent volontaires (et cela entraîne une réflexion quant à propriété intellectuelle de leurs cours, ce dont avait été victime notre ex-site Cours Histoire UVSQ), et que l'université assure la mise en ligne.

11 mai 2006

[VIE ETUDIANTE] Tous nos contributeurs sont occupés, veuilliez essayer ultérieurement

Vous avez certainement remarqué l'encéphalogramme plat concernant les nouveaux articles de ce blog. Bien sur, nous ne l'avons pas laissé tomber une fois l'affaire CPE terminée. Mais comme dans deux semaines, ce pourqui nous travaillons depuis trois ans prendra fin, il s'agit du dernier coup de collier à mettre avant trois à quatre mois de repos.

J'aurais pu parler évidemment de ce qui fait avancer tous les journaux français en ce moment, l'affaire Clearstream, ce qu'on appelle le "Watergate à la française". Mais encore une fois, je n'ai pas le temps. Et les révélations vont tellement vite, l'affaire étant complexe, je préfère ne pas m'avancer pour le moment.

Pour ce qui nous intéresserait plus, je pourrais dire que localement, une bonne nouvelle pour les possesseurs d'ordinateurs portables à Saint Quentin : le réseau Wi-Fi se déploie petit à petit. J'ai pu m'y connecter depuis le bâtiment d'Alembert. Curieux pourtant que personne à la fac l'ait annoncé. La connexion est sécurisée, et utilise les mêmes codes d'accès que ceux que vous rentrez à la Bibliothèque. Je n'ai pas encore essayé à Vauban, mais nul doute que cela ne devrait plus tarder.

Donc pour ceux qui ont initié les révisions, ou qui finissent en urgence leurs derniers exposés (comme moi), bon courage!

28 avril 2006

[MEDIAS] Les archives de l'INA sur vos écrans!

Il s'agit d'une première mondiale, puisque l'INA (Institut National des Archives) permet l'accès en ligne de tous ses contenus numérisés gratuitement pour la consultation et en "pay-per-view" (ou téléchargement payant pour en profiter en téléchargement, avec des prix compris entre 1 et 8€ par programme). Les fonds archivés et mis en ligne représentent 10% des fonds, 10 000 heures de radio et de télévision. Il n'est pas encore possible de trouver tout ce que l'on veut, mais le catalogue s'enrichira à un rythme de 500 heures de programmes par mois.
Le site semble avoir été victime de son succès, et la navigation prend beaucoup de temps (en quelques heures, près de 6 millions d'internautes ont tenté de s'y connecter), les requêtes et la consultation mettent du temps à aboutir (

Les étudiants en histoire contemporaine ou très contemporaine vont pouvoir à terme profiter d'archives d'événements récents, mais les autres étudiants pourront profiter à terme de documentaires diffusés. Seules les chaînes hertziennes sont concernées (avec leurs anciennes appellations : Antenne 2, FR3, TF 1, ORTF etc.), et l'on trouve déjà des épisodes des Shadoks par exemple, ou des archives d'événements marquants (le premier pas sur la Lune évidemment)

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ici : INA/Archives Pour Tous

25 avril 2006

[CHIENS ECRASÉS] L'université évacuée

Non, ce ne sont pas les manifestants contre le CNE qui ont pris d'assaut l'université. Non, ce n'était pas un attentat terroriste en plein coeur de la ville nouvelle... Mais un incident tout simple, aux complications que je ne suis pas en mesure de saisir entièrement.
Si ce n'est que le courant a été coupé dans tous les bâtiments vers 10h30. Puis la Bibliothèque a été fermée pour la journée. Enfin, vers 14h tous les bâtiments ont été évacués.
Apparemment un incident dans un transformateur EDF attenant à la fac. Des bruits circulent aussi d'un départ de feu à la BU (liés ou non, je ne le sais pas)...

Mouais. A la relecture, je vois que je ne suis pas fait pour le journalisme.
S'il y a des "témoins" merci de commenter.

21 avril 2006

[POLITIQUE] Quatre ans déjà... et des perspectives moroses pour l'an prochain

En ce jour anniversaire de la plus grosse pantalonade électorale qu'ait pu subir le Parti Socialiste, les journaux, la radio, la télévision reviennent en choeur sur les évènements d'il y a quatre ans : la seconde place du Front National, la sortie la tête haute de Lionel Jospin ("j'assume la responsabilité" etc. etc.), à tel point qu'à la veille de chaque élection son fantôme flotte au siège du PS, rue de Solférino, les manifestations monstres contre le FN, le second tour et le quasi plébicite de Jacques Chirac, qui, avec 82% des suffrages exprimés, puis par une Assemblée Nationale à sa botte (environ 2/3 pour la droite), beaucoup (dont moi à l'époque) ont pensé que la France allait pouvoir enfin reprendre le chemin d'un gouvernement fort, que des réformes allaient pouvoir être entreprises, et que le marasme de la cohabitation n'était qu'un mauvais souvenir.
Quatre ans après, qu'en est-il? Des réformes, il y en a eu : retraites, sécurité sociale, emploi. Mais ce que l'on retient, ce sont les crises que le gouvernement a du affronter : face aux retraites, face à la canicule, face aux jeunes des banlieues, puis dernièrement face aux étudiants mobilisés contre le Contrat Première Embauche. Sans compter les différentes affaires qui ont pu discréditer ledit gouvernement : le Non au Référendum sur la Constitution Européenne (et deux hommes politiques qui auront contribué à conforter les français sur leur position de refus : le président de la République et son Premier Ministre, Jean Pierre Raffarin - "Win The Yes Needs The No To Win Agaisnt The No"), la bataille entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac puis Dominique de Villepin, le camouflet du Clémenceau (qui au passage aura coûté plus cher à faire des allers-retours qu'à être démantelé en France), puis les manoeuvres politiques qui rendent la crise encore plus forte (la promulgation mais non application du CPE en est un très bon exemple).
Si je fais ce court - et pas forcément pertinent - résumé de quatre ans de pouvoir par la droite, c'est parce que le parti qu'on pensait désormais vaincu après le second tour semble gagner de l'audience. Le dernier sondage IFOP, paru vendredi dernier donne des frissons :

35% des Français pensent que l'extrême droite enrichit le débat politique (65% d'avis contraire).

Jean-Marie Le Pen (48%) est toujours en tête des personnalités incarnant le mieux l'extrême droite.

Ce sondage montre que ceux qui estiment que l'extrême droite enrichit le débat politique estiment que sa contribution est la plus utile en matière d'immigration (43%), puis sur la sécurité (31%). Viennent loin derrière le chômage (14%), l'éducation (7%) et la protection sociale (5%).

A ce rythme, on entend déjà le principal intéressé faire des bruits de sabre pour le scrutin de l'an prochain. Mais que font les partis modérés pour contrer le FN? Pas grand chose malheureusement : à gauche, les divisions vont bon train (les ténors du PS veulent tous leur part du gâteau), à droite, les discrédits rendent la majorité de moins en moins appréciée. A l'extrême gauche, on reste encore dans un situation d'affront qui n'engage que leurs militants. Et à l'extrême droite? On attend (Cf un sketch des Guignols de l'Info, presque prémonitoire).
Toutefois, il s'agit de la vision la plus pessimiste. Selon d'autres observateurs, l'UMP by Sarkozy aurait récupéré un bon nombre de militants FN, et le parti de Philippe De Villiers a repris les formules choc de Le Pen (lutte contre "l'islamisation de la France"). Mais est-ce suffisant? Le principal intéressé de l'histoire se présente comme "le seul probablement actuellement à pouvoir incarner une véritable alternative avec ce que j'appellerai le pouvoir UMPS". Réjouissant.
Que peut-on faire pour contrecarrer cette perspective peu engageante? La balle est dans le camp des partis modérés, qui devront porter sur la place publique tous les débats de société : emploi, sécurité, économie, culture etc. Il y a certainement dans l'opinion française une lassitude, et celle-ci mérite qu'on y réponde.
En attendant, il reste presque un an de campagne électorale, de nombreuses surprises nous attendent...

13 avril 2006

[C.P.E] Il est temps d'arrêter la baston...

Cet article a deux buts : le premier d'annoncer les funérailles du CPE, puisque la proposition de loi pour remplacer le CPE par des dispositifs d'aide à l'emploi a été voté et par l'Assemblée Nationale (151 pour, 95 contre) et par le Sénat (158 pour 123 contre).
Donc voici la deuxième partie de l'histoire : normalement, les dernières facs bloquées doivent pouvoir reprendre les cours. Sauf qu'aux journaux de 20 heures de ce soir, l'on a pu voir des images inhabituelles : A Nantes, Rennes, Toulouse et Montpellier, des étudiants ont refusé le vote à bulletin secret et empêché la tenue de ces référendums, qui auraient sans aucun doute abouti à un retour à la normale.
Peut-on vraiment parler à ce moment d'un mouvement encore légitime? Ce pourquoi ils se sont battus a été retiré, ok, c'est bon, maintenant, il est temps d'arrêter la baston et de finir l'année en roue libre.
Dès lors, qui sont ceux qui persistent à bloquer? Des jusqu'auboutistes ou des antennes de syndicats étudiants plus combattives que la normale. Toujours est-il que si vote il y a eu, il fut à main levée (facile de compter quand les votants s'étalent sur un espace très large, donc plus approximatif). Une image passe également, celle d'un jeune brandissant un panneau "vote secret = mort du droit de grève". Peut-on parler d'un épiphénomène ou d'une reprise du mouvement? La deuxième hypothèse semble peu probable, puisque ne restent que quatre universités bloquées (même la Sorbonne a vu disparaître pendant une demi-journée ses barrières anti-émeutes avant d'être réinstallées ce soir du fait d'une manifestation passant à proximité. Pas plus d'informations pour le moment)
Il est vraiment temps que les vacances scolaires apaisent les tensions encore présentes.

10 avril 2006

[C.P.E] CPE retiré, merci d'avoir joué!

Aujourd'hui lundi, la réunion statuant sur le sort du CPE vient de rendre son verdict : le CPE sera remplacé par un dispositif d'insertion pour les jeunes.

Vous pouvez en attendant, consulter cet article du Monde.

Edition du soir :
Bien, à présent que j'ai un peu de temps, je vais pouvoir à mon tour, (comme un grand nombre de journalistes, de citoyens, de blogueurs), gloser autour de ce retrait déguisé.
Tout commence donc ce matin, lors de la réunion à l'Elysée. Le premier communiqué qui paraît stipule que le CPE se conjugera désormais au passé :
"Sur proposition du premier ministre et après avoir entendu les présidents des groupes parlementaires et les responsables de la majorité, le président de la République a décidé de remplacer l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté"
Ainsi disparaîtrait un contrat mal-aimé qui n'aura survécu qu'une dizaine de jours (juridiquement, il est appliqué, mais dans les faits semblait déjà condamné par sa non-application). Il reste maintenant au Parlement de voter un texte abrogeant définitivement cet article. D'ores et déjà, un projet de loi a été promulgué, et vous pouvez le lire sur le Journal d'un Avocat (La Nemesis du CPE). Je vous en livre juste la substance :

Dans la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances, l’article 8 est remplacé par les dispositions suivantes :

« I - L’article L.322-4-6 du code du travail est ainsi rédigé:
Pour favoriser l’accès des jeunes à l’emploi et à la qualification professionnelle, les employeurs peuvent bénéficier d’un soutien de l’Etat lors de la conclusion, de contrats à durée indéterminée, à temps plein ou à temps partiel :
1° Avec des jeunes gens âgés de seize à vingt-cinq ans révolus dont le niveau de formation est inférieur à celui d’un diplôme de fin de second cycle long de l’enseignement général, technologique ou professionnel ;
2° Avec des jeunes gens âgés de seize à vingt-cinq ans révolus qui résident en zone urbaine sensible ;
3° Avec des jeunes titulaires du contrat d’insertion dans la vie sociale défini à l’article L322-4-17-3 du code du travail.

La durée du travail stipulée au contrat doit être au moins égale à la moitié de la durée du travail de l’établissement. L’aide de l’Etat est accordée pour une durée de deux ans, le cas échéant de manière dégressive.

Voici donc un cocktail de mesures ciblées. Maintenant, reste à savoir si cela sera mieux qu'un CPE (certainement, les réformes d'un sujet aussi sensible que le travail, tout comme les retraites méritent de véritables négociations avec ceux qui vont être concernés par la future loi). Toutefois, ce foisonnement de nouvelles mesures fait penser à un acrobate qui se raccroche à une ultime corde.

Maintenant, du côté des syndicats des salariés et étudiants, les premiers sont satisfaits (ce pourquoi ils se sont battus aux côté des étudiants est déclaré mort clinique), les seconds aussi (et on commence à voir le bout des blocages dans certaines facs : Rennes vote la reprise des cours). Toutefois, ils appellent tous les deux à maintenir la pression jusqu'à un texte similaire à celui cité ci-dessus soit voté à l'Assemblée Nationale (c'est à dire pendant encore cette semaine).
Certains syndicats appellent à ne pas s'arrêter au milieu du gué (CGT notamment puisque Bernard Thibault, secrétaire général pense ensuite au CNE : "Il faut maintenant se donner comme objectif d'éliminer le CNE du paysage mais à chaque jour suffit sa peine et il y a une victoire à fêter"), en se mobilisant de manière similaire contre le CNE (Personnellement, j'y crois peu, pour plusieurs raisons : premièrement, le CNE est déjà bien implanté, 400 000 contrats déjà signés ne se suppriment ou ne se convertissent pas comme ça, et deuxièmement parce qu'après avoir éliminé la menace principale pesant au dessus d'eux, les étudiants vont reprendre le chemin du travail et délaisser le CNE).

Soit je suis pessimiste ou égoïste (cela reste à votre appréciation), mais j'ai le sentiment que le combat contre le reste du projet "Egalité des Chances" soit perdu d'avance, et que le CPE, certes discuté en Assemblée Nationale et au Sénat (première lecture), du fait qu'il n'ait pas été appliqué, était bien plus facile à retirer. Et puis après s'être pris un sérieux camouflet, j'imagine mal le gouvernement reculer sur six mois de réformes.