12 avril 2006

[PAMPHLET] Des motivations étudiantes...

C'est par la voie de ce pamphlet, et non, par une autre manière, que je vais intervenir pour exprimer ma pensée à ce sujet. Le CPE a été retiré, néanmoins, je ne suis pas sûr que la fête doive commencer. Les problématiques qui se présentaient au gouvernement sont toujours les mêmes : un taux de chômage de 24% pour les 15-26 ans. Une solution avait pourtant été avancée par ledit gouvernement, mais celle-ci semble avoir été crucifiée par ceux que cette mesure aurait dû aider. Aujourd'hui, le problème est toujours le même, il s'agit de rendre l'accès au travail plus accessible pour les jeunes.

Prenons le problèmes à l'envers, essayons de comprendre quelles sont les motivations cachées des jeunes qui ont manifesté pour comprendre pourquoi ils ont été des centaines de milliers à manifester. Mon analyse est la suivante et je défie mes détracteurs de me prouver que j'ai tort.
Tout d'abord, il y a la peur, cette peur de quitter ses habitudes, son train-train quotidien, cette peur de se trouver jugé pour le travail que l'on exécute alors que l'on a bien souvent pris le parti de croire que nul ne pouvait, mieux que soit même, être juge de ses comportements, faits, dires et attitudes.

Ensuite, il y a la paresse qui force les moins mobilisés d'entre nous à attendre que d'autres fassent ce que ces premiers auraient dû faire et que le bénéfice de ce dur travail leur revienne finalement sans avoir, pour autant, fourni le moindre effort. C'est cette même paresse qui explique pourquoi les 15-26 ans sont les plus souvent absents en entreprise et c'est encore cette paresse qui explique que ces jeunes refusent tout jugement d'autrui. L'image qu'ils se renvoient d'eux-mêmes est déjà tellement insupportable, qu'il leur apparaît intolérable que leurs supérieurs hiérarchiques leur rappelent les règles du jeu.

Après, il y a un bas calcul politique effectué par deux entités différentes, la première, la gauche dite caviar, qui, à défaut de pouvoir résoudre le problème des jeunes, cherchent tous les moyens possibles pour déstabiliser les gouvernements en place afin de placer, en leur lieu et place, des personnalités politiques supposées de gauche, ayant des idéaux supposés de gauche, et qui, au final, s'avèrent être autant, si ce n'est plus avides de pouvoirs que ceux qui nous gouvernent ; la seconde, la gauche dite anar', qui, à défaut de pouvoir faire ressusciter les cendres de l'ex URSS et de réanimer l'héritage marxiste, souhaitent imposer une dictature qu'ils osent appeler "dictature du prolétariat", souillant, du même coup, le reste de dignité qu'il restait à ce pauvre Karl Marx, et qui n'est en fait qu'une vulgaire imposture qui semble avoir pris bien plus d'exemples des dictatures stalinienne ou encore hitlérienne que marxiste.

Enfin, il y a un calcul étudiant digne des pires potaches qui consiste à faire croire à une minorité d'étudiants, que je qualifierai de peu intelligents, que ceux-ci seraient reçus à leurs examens sans pour autant avoir à pâtir de la situation de chaos qu'ils ont provoquée, arguant même que les absences injustifiées en cours ne seraient pas pénalisées. Ces gens se sont trompés, les résultats de la prochaine session tendra à le prouver.

2 commentaires:

Damien a dit…

Bien, je vais commenter plutôt que "hacker" Ca va que tu aies précisé que c'était un pamphlet, parce que je trouve que t'y vas fort!

Dire que la jeunesse est feignante, c'est quelque peu exagéré. Peut être le potache des dingodossiers (de Gotlib et Goscinny) te masque la présence de ceux qui en veulent, et que l'on trouve aussi dans cette catégorie des 15-26 ans que tu définis comme paresseuse (et à laquelle nous appartenons tous les quatre).
Et le fait que les 15-26 ans soient le moins présents dans le monde du travail ne pourrait-il pas s'expliquer par l'augmentation de la durée des études?

Je ne commenterai pas le paragraphe sur les partis politiques, tu sais ce que j'en pense (oui y a la gauche qui veut se refaire une santé sur l'emploi, là où la droite l'a fait sur la sécurité en 2002, et les partis de gauche-extrême tentent également d'avoir leur part du gâteau, et ont toujours eu une pregnance importante chez les jeunes : le cliché veut que jeune on soit contestataire, qu'on veut changer le monde, puis au fur et à mesure du temps, on effectue une lente transition à droite, au fur et à mesure que dans le meilleur des cas, les possessions capitalistiques et matérielles s'accroissent).

Concernant les calculs étudiants, c'est un fantasme en écho de celui de mai 68, mais c'est oublier les différences de contexte.
Et je terminerai en précisant que chez nous les absences pour fait de grève ne sont pas comptées. Mais le fait que l'UVSQ n'ait pas été fortement perturbée (tout le monde a presque pu aller en cours) oblige ceux qui ont manifester à mettre les bouchées doubles.

Bon sinon, c'est parfois bénéfique d'appuyer là où ça fait mal

Élo a dit…

Je ne commenterai pas tout (bien que j'ai de nombreuses choses à dire), mais un point à attirer mon attention : celui des partis politiques. Pour la gauche caviar, je suis d'accord avec toi. Mais concernant ce que tu appelles la gauche-anar : un gros amalgamme est fait (les anars sont différents des communistes et au sein du communisme t'as une différence entre les partis trotskystes et le PC). Quand tu parles de la "gauche dite anar" c'est plutôt du PC dont tu parles vus les propos que tu émets. Ceci dit on pourrait en parler plus longuement, ce qui est le mérite de ton pamphlet.