02 avril 2006

[GREVE] Les casseurs ou le gouvernement : qui est l'ennemi?

"Ah vlà la racaille!" ai-je pu entendre lors des manifestations contre le CPE. Ces mots me choquent tout particulièrement. On peut voir qu'une stigmatisation s'est opérée envers ces jeunes de quartier. C'est sûr, c'est un fait : ils ne viennent pas participer à la manifestation contre le CPE alors que cette mesure les concerne au premier abord, mais viennent juste pour casser, piquer des portables aux manifestants. S'il est tout à fait normal de mettre en place un service d'ordre pour protéger les manifestants (si on est dans le cortège et qu'on reste groupé, on ne risque rien), il est nécessaire de se poser la question "Pourquoi de telles violences de la part des jeunes de quartier ?".
Ayant participé à un grand nombre de manifs contre le CPE et à des manifs lycéennes contre la loi Fillon l'an dernier, je suis en colère de voir des jeunes cassés et s'en perndre aux manifestants. Mais je ne suis pas en colère contre eux, je suis en colère contre le système qui a donné naissance aux "casseurs". J'ai dans la tête la révolte des banlieues de novembre dernier. Les gens ne comprenaient pas pourquoi les jeunes brûlaient les voitures de leurs voisins eux-mêmes dans une situation plus que précaire et allaient jusquà brûler les écoles alors que ces dernières pourraient les faire sortir de leur merde. Mais le problème est que l'école n'a pas tenu ses promesses. Mis de côté par le système scolaire, ils se retrouvent à errer, au chômage et n'ont pas de lieu pour se retrouver (fermeture de maisons de quartier ou de MJC faute de moyens).
Dès lors, que peut-on faire lorsqu'on ne croit plus en rien, qu'on n'a plus de repères si ce n'est la loi de son quartier et la bande avec qui on traîne : il n'y a plus que la violence pour s'exprimer, c'est leur moyen d'expression contre ce système.
Mon but ici n'est pas de parler à la place des jeunes de quartier. Mais de ma propre expérience en ayant tenté de parler avec eux lors de manifs lycéennes l'an dernier, c'est ce que j'ai pu comprendre. De manière générale, ils n'ont plus de repères et ceci est valable également pour les moyens de se révolter (c'est pour ça qu'ils cassent plutôt qu'ils manifestent).
En ce sens, j'ai eu des échos comme quoi certaines facs ont mis en place des commissions "banlieues" où des étudiants vont à la rencontre des jeunes de quartier pour expliquer pourquoi ils sont contre le CPE et les convaincre de rejoindre le mouvement. Je trouve cette initiative particulièrement constructive.
Celui qu'il faut combattre c'est le gouvernement et sa politique répressive et anti-sociale ; ce ne sont pas les jeunes de banlieues !

Hack de Damien : corrections : j'disperse, j'atomise, j'ventile... Bon en attendant, je vais jouer au "français moyen derrière sa télé qui regarde les reportages sur la misère en banlieue" : pas étonnant qu'ils foutent le bazar partout, faut voir les dégradations qu'ils commettent partout! Oui bon, c'est très con et cela n'arrange rien : cela fait même le lit des partis extrêmistes...

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