02 avril 2006

[GREVE] 3 millions dans la rue, Chirac et le gouvernement

De manifestations en manifestations, le mouvement contre le CPE ne cesse de grossir et de se radicaliser. Trois millions : cela ne s'est pas vu depuis le mouvement de 1995. Le cortège de VSQ positionné au début de la manif est arrivé vers 18h-18h30. On n'est pas allé jusqu'à République car des échos nous revenaient et des échauffourrées commençaient à avoir lieu. On est donc revenu sur nos pas et on a pris le métro. Même si le trajet et le temps fut long pour revenir (ce qui est positif en un sens car ça veut dire que la grève générale a bien été suivie dans els transports), cette manif est une des plus belles que j'ai faite (et j'en ai fait déjà un certain nombre depuis plusieurs années) : quand j'ai repris le métro, j'ai pu voir que la fin de la manif, à 18h30 venaient juste de partir ! Bref je suis arrivée chez moi à 22h, épuisée mais heureuse d'avoir participé à cette énorme mobilisation.
Et à ça que répond Chirac ? Son allocution du vendredi 2 avril nous est retranscrit dans Le Monde
Jacques Chirac avait annoncé vendredi soir à la télévision qu'il allait promulguer cette loi, tout en demandant un nouveau texte qui en modifiera les points contestés.

Dans une déclaration solennelle aux Français, le président de la République avait déclaré avoir "décidé de promulguer cette loi" parce que le Conseil constitutionnel l'a jugée "en tous points conforme aux principes et aux valeurs de la République", et parce que "le contrat première embauche peut être un instrument efficace pour l'emploi".

Rappelant que la Constitution lui donnait la mission de "dénouer la situation en étant juste et raisonnable", après deux mois de protestations et de manifestations, M. Chirac a assuré avoir "entendu les inquiétudes qui s'expriment chez de nombreux jeunes et chez leurs parents". Il a demandé "au gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi, sur les points qui ont fait débat" , en réduisant la période d'essai de deux à un an et inscrivant"le droit du jeune salarié à connaître les raisons" d'une éventuelle rupture de contrat.

Chirac a plus visé dans cette déclaration a ménager la chèvre et le chou (l'intransigeance de Villepin et la volonté de "conciliation" de Sarkozy) au sein de son parti que de répondre aux attentes des 3 millions de personnes et aux grévistes ayant défilé dans la rue le 28 mars. Ces annonces de modifications avaient déjà été annoncée, par ailleurs. Réduire, la période de 2 ans à un an ne change rien au problème du fond du CPE. Quant à la question du licenciement sans motif, Chirac annonce que le patron nous expliquera pourquoi il nous licencie. Grand progrès ! Le patron pourra toujours licencier pour le motif qu'il veut mais il nous expliquera. C'est-à-dire qu'on sera moins pris pour des kleenex mais toujours un peu quand même... Nous voilà bien avancés : c'est du gros foutage de gueule (passez- moi l'expression). Le mot d'ordre reste le même : "Pas de négociations avant le retrait du CPE" et j'irais plus loin en rajoutant "retrait du CNE et de la loi sur l'égalité des chances".

Aucun commentaire: