31 mars 2006

[GREVE] AG, mobilisation ça va mieux à l'UVSQ

Avec un peu de retard, je suis en mesure de vous donner le compte rendu de l'Assemblée Générale de jeudi dernier. De nouveau dans l'Amphi Diderot, la participation était bien plus importante que les deux dernières assemblées du Lundi 20 et du Jeudi 23 mars. Compte tenu de l'actualité de la semaine, un peu plus de monde s'est déplacé pour écouter le bilan de la mobilisation. La manifestation de mardi a été bien suivie (une centaine de participants), ce qui explique pourquoi un bon nombre d'étudiants est venu s'informer sur la suite des festivités.

Bilan :
  1. Pour vendredi, organisation d'un débat entre Mme Catherine TASCA (sénatrice PS des Yvelines) et Mme Valérie PECRESSE (Députée UMP des Yvelines remplacée par Mr Jean Michel FOURGOUS, maire d'Elancourt).
  2. [Enseignants] vote de deux motions, une regroupant les enseignants pour la non pénalisation "pour fait de grève" (80 signataires), une générale (personnel de l'UVSQ, IATOS, administration) pour le retrait du CPE (120 signataires).
    La semaine dernière (Vendredi 24 pour être précis), a eu lieu le conseil d'UFR. Etant souverain, il a procédé aux votes concernant la mobilisation :
    > Principe de la non pénalisation pour fait de grève : 33 pour, 2 blanc.
    > Soutien du conseil au mouvement : 31 pour, 2 contre, 2 blanc.
    > Postition du conseil pour le retrait du CPE : 25 pour, 8 contre, 2 blanc.
    Aucun examen ne peut porter sur des matières qui ont été traitées devant des groupes incomplets.
    > Proposition au Conseil d'Administration de ce lundi le vote le texte suivant : "Le conseil d'administration s'est réuni le 30 mars 2006 alors qu'un mouvement de grande ampleur est engagé contre le Contrat Première Embauche. En tant qu'établissement public dont la mission est l'enseignement supérieur, l'UVSQ est particulièrement attentive au devenir et à l'insertion professionnelle des jeunes auxquels elle propose des formations qualifiantes. Le Conseil d'Administration considère que le CPE est porteur de précarité pour la jeunesse et institue une forte régression sociale menaçant tous les salariés. Le Conseil d'Administration demande donc le retrait du CPE et l'ouverture de négociations avec les partenaires sociaux et les étudiants".
  3. La manifestation de mardi dernier a déplacé entre 2 et 3 millions de personnes. Pour sa part, l'UVSQ avait un cortège fonctionnel augmenté de lycéens, et il n'y a pas eu de débordements. Le bilan est plutôt positif, et cela montre que le mouvement ne s'essouffle pas.
Perspectives
Changement dans le mode de vote des perspectives. Il y a eu au début, pour les perspectives les moins "importantes", les moins cruciales, un vote une fois que la proposition a été faite.
  1. Proposition d'une nouvelle nuit à la fac. (vote pour).
  2. Avec l'intersyndicale, mardi, opération péage libre à St Arnoult en Yvelines (A10). Proposition de participation de l'UVSQ (vote pour - 53 - contre - 24 - ne prend pas part au vote - 1).
  3. Prolongation de la grève : (plusieurs intervenants se sont succédés)
    > La grève, c'est ou tout le monde ou personne. On peut organiser des roulements, chacun son tour.
    > La grève sert à prévenir ceux qui ne la font pas des actions, et ne peut se mettre en pause.
    > Le débat vient sur l'essoufflement, mais le relais est présent au niveau lycéen. C'est la dernière ligne droite, la semaine prochaine sera certainement riche en rebondissements.
    > Les deux personnes invitées au débat organisé sont incompétentes, il faut plus de représentation d'autres groupes que l'UMP et le PS (refusé).
  4. Les juristes sont pénalisés. On entend des assertions incroyables (l'employé est au service de l'entreprise, en droit social). C'est une catastrophe au niveau du dialogue. Une faible minorité de juristes se sent vraiment seule. Proposition d'un référendum national, surtout si le conseil constitutionnel ne s'oppose pas au CPE. Comme les référendums se font à l'initiative du gouvernement, il faut faire remonter au niveau des instances nationales la volonté d'un référendum, sachant que 63% de la population est contre le CPE.
    > Il faut rappeler que toutes les UFR sont toutes concernées par la non-pénalisation aux examens.
    > Tous les juristes ne sont pas forcément pour le CPE Le problème est que là bas, certains étudiants en ont rien à faire. Proposition d'une AG d'information à Leclerc
  5. Jeudi prochain, débat sur les alternatives au CPE.

Votes
:

  • Reconduite de la grève : 1 ne prend pas part au vote, 0 s'abstiennent, 122 votent pour, 7 votent contre.
  • Appel d'un référendum national : 1 ne prend pas part au vote, 0 s'abstiennent, vote pour.
  • Organisation du débat avec les députées et sénatrices des Yvelines : vote pour.
  • Organisation d'un débat jeudi prochain sur les alternatives au CPE : vote pour.
Cette fois-ci, nous avons eu une Assemblée Générale aussi peuplée que la précédente (130 personnes), toutefois, les conditions furent bien meilleures. On a enfin eu le droit de ne plus entendre "il ne faut pas bloquer la fac", "c'est inadmissible, on ne peut pas aller en cours à cause de la grève" etc. On semble enfin passé à autre chose. Une AG plus pragmatique, donc, avec des propositions originales, notamment l'appel au référendum sur le CPE (bien sûr, j'ai peur qu'il ne reste qu'une bouteille à la mer), ou encore l'opération "péage libre" à Saint Arnoult (bien que ce ne soit pas les étudiants qui l'aient proposés, cela traduit une nouvelle approche de la mobilisation : plutôt que de bloquer un lycée, bloquer une gare, une voie express ou en faisant une opération "péage libre" est une opération bien plus médiatique, et bloque des secteurs économiques, ce qui est moins supportable pour les organes dirigeants).
Malgré tout, il est difficile de préjuger de ce qui va se passer la semaine prochaine, au vu de l'actualité qui s'est un peu bousculée hier et aujourd'hui (cela fera l'objet d'un billet ce week end, histoire d'en garder un peu sous le pied).
Demain, si vous êtes sages, vous aurez le droit au compte rendu du débat entre Mr FOURGOUS et Mme TASCA.


30 mars 2006

[C.P.E] Coup dur pour la mobilisation?

Je ne m'apesantirai pas très longtemps ce soir sur l'importante nouvelle tombée aux journaux de 20h, mais le Conseil Constitutionnel a rendu la loi sur l'égalité des chances conforme à la Constitution.
Désormais, il semble clair que malgré le fait qu'aucun autre recours juridique ne soit possible, la mobilisation risque de gagner encore en intensité, opposant avec un cran de plus deux partis intransigeants.

Note pour les contributeurs. Si vous avez des infos à passer, utilisez ce post. Demain, vous aurez aussi le compte rendu de l'A.G de ce midi (qui s'est bien mieux déroulée que les deux précédentes au passage). Sur ce, je finis mon exposé!

Vous pouvez aller faire un tour sur le site de maître Eolas, qui, dans un texte de vulgarisation fort bien tourné (une pièce de théâtre), raconte le déroulement du Conseil Constitutionnel de jeudi dernier. cela se passe ici

29 mars 2006

[A méditer] De la séparation de l'Eglise et de l'Etat....

En ces temps troublés par les attentes de beaucoup d'étudiants, lycéens et travailleurs, il apparaît important de connaitre ce que pensent d'autres catégories de personnes. Parmi ces personnes, j'entends ici vous rapporter, aussi fidèlement que possible, les propos tenus par l'archevêque de Chartres, André XXIII, lors de l'Homélie qu'il prononcé le 26 mars 2006 pendant le pélerinage de Chartres.

"Notre pays est traversé par une des crises sociales et politiques qui ont marqué les dernières décennies. Ces crises et les convulsions qui en sont le signal habituel expriment périodiquement l’angoisse et l’anxiété de notre société. Elles sont des messages d’inquiétude devant l’avenir, en particulier pour ceux dont la situation professionnelle est la plus précaire et pour ceux dont l’avenir est le plus incertain. Il n’est donc pas surprenant que les jeunes soient les plus sensibilisés et les plus disposés à exprimer l’inquiétude de beaucoup.

Au plus fort de cette crise, vous avez décidé de venir en pèlerinage à Chartres et de consacrer quarante huit heures à la réflexion commune et à la prière. N’est-ce pas un peu surprenant ? Sans doute, et cela explique que vous soyez un peu moins nombreux peut-être que prévu. Quel sens peut avoir cette démarche de foi au milieu des débats auxquels vos universités et vos grandes écoles se trouvent mêlées ? Mais on pourrait élargir la question et se demander : que veut dire être chrétien dans ce monde, tel qu’il est, et dans cette société, telle qu’elle est ? Que veut dire aujourd’hui " se mouiller " au nom de notre baptême ? Et vous, les catéchumènes, qui vous préparez au baptême, quel peut être le sens de votre démarche par rapport aux inquiétudes de votre génération ?

Je ne sais pas si le CPE est le meilleur ou le pire moyen pour vous aider à entrer dans la vie active des entreprises. Je ne peux pas répondre à votre place ni vous dire que l’Évangile fournit toutes les réponses aux questions qui se posent et que vous vous posez, surtout en quelques minutes. Je voudrais simplement que nous profitions de ce temps que vous avez consacré au Seigneur pour vous proposer quelques réflexions et vous inviter à prendre un peu de recul par rapport aux événements.

Je vous disais que nous vivions une crise qui exprime une anxiété par rapport à l’avenir. Il me semble que cette anxiété doit nous faire réfléchir sur la manière dont nous nous représentons l’avenir. Qui a les solutions de l’avenir ? Qu’attendons-nous de l’avenir ? Quelle est notre espérance ? Pour beaucoup, la seule espérance qui les motive est celle de la sécurité : sécurité de l’emploi, sécurité du niveau de vie, sécurité de la santé, etc. Mais qui peut vous laisser croire, ou vous faire croire, qu’il vous apportera ces garanties ? Honnêtement, je ne crois pas que quiconque aujourd’hui puisse vous garantir cette sécurité, pas plus que vous assurer que vous aurez un niveau de vie comparable à celui de vos parents.

Derrière cette promesse en trompe-l’œil, il y a un jugement qui se dessine sur les valeurs communément admises dans notre société. La question radicale est de savoir à quoi nous accordons le plus de prix et ce qui peut vous conduire à une véritable maîtrise de votre vie et à un accomplissement de vos capacités, à un équilibre qui vous permette de connaître le bonheur. Pas seulement un petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social, pas seulement le bonheur d’un CDI ou d’une profession protégée, mais le bonheur réel et profond qui donne la joie d’être au monde et de vivre.

Ce bonheur-là, personne ne peut l’apporter tout cuit sur un plateau avec le talisman d’un diplôme. Il faut le construire et le reconstruire chaque jour, parce que ce bonheur là ne résulte pas de ce que les autres ou la société pourraient nous donner, mais de la décision d’engager notre vie pour le service des autres et pour la transformation du monde. Ce bonheur, il est le fruit de l’amour qui transforme notre vie et qui lui donne une dimension nouvelle. Il n’est pas le repos après l’effort, il est le réveil quotidien de l’inquiétude pour la vie de nos frères.

Nous avons la chance très rare de vivre dans un pays de liberté et de démocratie. La liberté et la démocratie se méritent et se construisent par notre engagement à les rendre possibles et effectives. Pour qu’elles soient vivables, il faut que des hommes et des femmes de conviction soient déterminés à s’engager pour les soutenir et les faire grandir. Quand on me dit que les A.G. sont manipulées et les décisions arrachées par des minorités d’influence, je me demande si on n’abandonne pas le terrain en laissant dépérir les organisations démocratiques. Des hommes et des femmes de votre âge, et culturellement bien moins équipés que vous, ont combattu et combattent parfois jusqu’au don de leur vie pour obtenir des élections démocratiques et promouvoir un fonctionnement social qui respecte aussi les minorités.

Le blocage des institutions démocratiques, l’intimidation, le vote forcé, les décisions enlevées à l’arraché, la destruction des outils intellectuels, livres et instruments de travail, tout cela a fonctionné en Europe au XX° siècle, en Allemagne et en Russie. Notre démocratie devrait avoir honte de voir resurgir en son sein les fantômes des totalitarismes. Il est plus que temps pour tous de réfléchir sur le monde que nous construisons et de prendre notre part légitime d’un véritable débat démocratique.

Qu’est-ce que les chrétiens apportent dans ce débat ? Peut être le récit de la guérison de l’aveugle-né nous aidera-t-il à comprendre ce que nous pouvons apporter dans notre monde ? Il nous faut nous arrêter à deux aspects de ce récit. Le premier est la conclusion du débat qui est déclenché après la guérison de l’aveugle. Tout le monde veut contester ce qui est évident : il était aveugle et, maintenant, il voit. Cette controverse amène le Christ à expliquer le sens de l’événement. Il est venu pour un jugement : donner la vue aux aveugles et manifester l’aveuglement de ceux qui se croient clairvoyants.

Pour accueillir la lumière du Christ, il nous faut déjà être capables de reconnaître que nous ne sommes pas nous-mêmes la lumière et que nous avons besoin d’être éclairés et guéris. Notre monde super-médiatisé regorge de spécialistes autoproclamés, capables de tout vous expliquer et de vous convaincre qu’ils avaient tout prévu, surtout après coup. Où est la véritable sagesse quand le zoom de la caméra donne à des événements partiels une dimension internationale et laisse dans l’ombre beaucoup de réalités qui ne l’intéresse pas ? Sommes-nous des enfants de la lumière si nous nous laissons entraîner par la passion des images ?

Le deuxième aspect auquel nous devons nous arrêter est la déclaration du Christ : " Je suis la lumière du monde " (évangile selon saint Jean, 9, 5). L’aveugle-né est ici le représentant d’une humanité privée de la lumière nécessaire à la vie. Il va retrouver la vue parce que Jésus, lumière du monde, lui donne sa propre lumière en l’envoyant à la piscine de Siloé, la piscine de l’envoyé. Et l’envoyé, c’est le Christ lui-même, envoyé par le Père.

Si nous espérons que l’humanité puisse sortir de ses aveuglements, il nous faut savoir d’où vient la lumière. Comment le Christ est-il une lumière dans notre vie, dans chacune de nos vies ? Comment venons-nous recevoir sa lumière pour devenir à notre tour lumière du monde ? " Vous êtes la lumière du monde ", nous dit-il dans l’évangile de saint Matthieu (5,14) . Au cours de la nuit pascale, il va se dresser dans la lumière de la résurrection et il va donner sa lumière aux nouveaux chrétiens. Comment cette lumière peut-elle éclairer notre monde ? La lumière que nous donne le Christ, c’est d’abord sa parole qui nous indique les chemins de la vie et du bonheur.

Finalement, la question qui s’impose à nous est la suivante : le Christ, avec sa parole, sa présence sacramentelle dans la vie de l’Église, son Esprit qui nous habite, le Christ Jésus est-il vraiment la lumière de notre vie quotidienne ? Est-il celui en qui nous mettons notre confiance pour notre avenir, celui qui ne déçoit pas et qui ne trompe pas, celui qui nous garantit la véritable sécurité, celle qui vient de Dieu.

Mes chers amis, les circonstances nous mettent tous devant un choix auquel nous ne pouvons pas échapper : quelle est la valeur suprême de notre vie ? Est-ce que nous sommes prêts à faire confiance à Dieu et à risquer nos sécurités dans le service de nos frères ? Ou bien préférons-nous la sécurité de la société de consommation et de la protection du niveau de vie ? Personne ne peut imposer la réponse à ces questions. La réponse doit jaillir de votre liberté et de votre désir d’aimer et de servir vos frères. Mais si vous choisissez la liberté dans le Christ, je peux vous garantir qu’il ne vous laissera pas tomber et qu’il vous comblera de joie. Si vous choisissez la sécurité garantie par la société, j’espère que vous savez ce que vous faites et que vous assumerez vos déceptions.

Dans quelques instants, nous allons vivre les étapes vers le baptême des catéchumènes qui sont parmi nous. Ce sera aussi une occasion de nous renouveler dans notre propre baptême et de le ratifier à nouveau. De nous redire chacun en notre cœur en qui nous avons mis notre espérance."

Qu'en pensez-vous ?

Hack de Damien, qui dit ce qu'il en pense : Il est quand même épatant de voir le sursaut de religiosité de nos sociétés actuelles : se remettre en les mains de Dieu pour son propre destin, c'est un peu comme au temps du Moyen-Âge, quand l'ascension sociale était péché de vanite. Maintenant, pour nous qui sommes de moins en moins christianisée (9% de la population va quotidiennement à l'église pour suivre une messe), ce genre de discours semble avoir moins de pregnance. Et en tant qu'étudiants exaltés, le conservatisme pourrait nous faire doucement rigoler, s'il n'y avait, dans le contexte mondial, les religions (et surtout les fanatismes religieux, quelqu'ils soient), qui regagent du poil de la bête...

28 mars 2006

[GREVE] Une semaine sous tension...

Depuis la fin du week-end dernier, depuis la fin des tentatives de négociation, tous les médias en parlent : la manifestation-grève de mardi, en laquelle les opposants au CPE engagent leurs plus grands espoirs, puisque de son résultat vont probablement découler la suite des évènements.
Déjà ce matin, à l'heure à laquelle je vous écris, la mobilisation dans les transports (bus, métro, train, tramway selon les régions), est déjà importante (entre 20% et 60% du trafic assuré selon les lignes et les régions). Aussi beaucoup ont pris leurs précautions, soit posé une RTT soit pris un train plus tôt pour arriver à l'heure. Ceux qui manifesteront par contre, espèrent que le rassemblement de cet après midi sera suffisant pour faire plier le gouvernement et le mettre devant le fait accompli : en France 63% des français (sondage Ipsos pour France 2) souhaitent le retrait du CPE. Pour faire tout de même bonne figure et tenter de garder le contact, désormais, le Premier Ministre se dit "prêt à discuter sur les deux points les plus sensibles du CPE, la période d'essai de deux ans et la rupture du contrat". Sauf que personne ne semble être intéressé par ces propositions changeantes, d'une semaine à une autre. D'ailleurs, la CFDT et FO ont déjà décliné l'invitation à la discussion prévue demain à Matignon.
On peut également espérer que le déroulement de la manifestation soit plus encadré pour éviter les images de jeudi dernier, des affrontements entre étudiants, forces de l'ordre et casseurs (évitons d'entrer dans le jeu des médias qui montrent pour partie des jeunes issus de la banlieue uniquement, il y en a eu aussi du côté des étudiants, mais les cibles étaient différentes.). Selon le Ministre de l'Intérieur, cette fois ci, des contrôles auront lieu dans les gares pour tenter "d'écrémer" le maximum d'éléments étrangers.

Et le travail m'a empêché de finir ce billet. Aussi, je l'achève après les premières estimations de la manifestation d'aujourd'hui. Et elles semblent fameuses, puisqu'elles varient entre 1 (selon la police) et 3 millions de participants (selon les syndicats). Du simple au triple évidement, mais ce sont des chiffres bien supérieurs aux manifestations précédentes. D'ailleurs un cortège assez fourni est parti de l'UVSQ (élo vous fera un topo si elle en a le temps). Maintenant, il ne semble pas qu'il y ait eu autant de débordements (quelques uns quand même à signaler : En dépit de l'imposant dispositif policier déployé, des incidents ont éclaté en début de manifestation. La vitrine d'un café a été brisée près de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et le carré de tête a été harcelé tout au long du parcours par des bandes de jeunes gens masqués qui tentaient de passer en force).
Et malgré cela, le Premier Ministre ne semble toujours pas avoir entendu raison. A point qu'à présent même Nicolas Sarkozy prêche pour une suspension du CPE (mais en tant que petit calculateur, ce genre de proposition vise juste à prendre l'unique canot de sauvetage du H.M.S Villepin).

[C.P.E] Et si la solution à la crise venait du conseil constitutionnel ?

Le conseil constitutionnel sera amené, le 30 mars prochain, à examiner le recours ouvert par les divers groupes parlementaires opposés au Contrat Première Embauche. Et, compte tenu du caractère éminemment politique de cette institution composée, comme chacun sait, de neuf membres nommés par le président de la République, le président de l'Assemblée Nationale et le président du Senat, auxquels il faut ajouter la présence de Valéry Giscard d'Estaing en tant qu'ancien président. Son caractère politique pourrait expliquer une décision décisive pour ce qui est de la poursuite du mouvement de grève entamé par les étudiants.

Il convient désormais d'aborder les principales armes dont disposent les opposants au CPE dans leur bataille juridictionnelle. Tout d'abord, il faut préciser que le texte qui a été soumis à l'approbation des parlementaires est un projet de loi. Les lois, comme beaucoup devraient le savoir, ont un caractère général et impersonnel, c'est justement ce caractère général et impersonnel qui la distingue du réglement. Cela signifie que, selon les opposants du CPE, le projet de loi créant le CPE est inconstitutionnel.

De plus, les opposants au CPE définissent ce projet de loi comme source d'inéquité entre les générations de travailleurs en créant des dispositions différentes pour ce qui concerne l'embauche d'un personnel âgé de moins de 26 ans. De la même manière, un texte législatif ne peut prévoir de dispositions qui n'aient pas un caractère général et impersonnel, le texte apparaît inconstitutionnel.

Pour ce qui concerne la décision du conseil constitutionnel, il apparait pour beaucoup (dont je fais partie) que ce texte sera déclaré inconstitutionnel car il consiste en un empiètement du pouvoir législatif sur le pouvoir réglémentaire. Aussi, il apparaît évident qu'en statuant ainsi, le conseil constitutionnel privera de son objet le mouvement étudiant de manifestation, de blocage et d'occupation des locaux. Par cette décision, il apparaît aussi évident que le conseil constitutionnel "sauvera" le gouvernement Villepin dans la mesure où il permettra à celui-ci de faire passer sa réforme sous la forme d'un acte réglémentaire contre lequel il apparaîtra difficile de former un recours en excès de pouvoir auprès du conseil d'Etat. Ce qui signifie, en d'autres termes, que le conflit va se régler sur tapis vert.

26 mars 2006

[GREVES] Le CPE vu par un grand cyber-juriste

Vous avez peut être vu dans la catégorie "liens vers d'autres blogs" un lien vers cet excellent blog qu'est "Le journal d'un avocat" Si je vous en parle, c'est parce que son animateur, Maître Eolas a livré son analyse du CPE.
En lisant le résultat de sa réflexion à cette adresse, vous constaterez que pas mal d'arguments développés rappelent ceux déjà développés en Assemblée Générale céans (en tout cas, les conclusions sémantiques à propos de la "grève" et du "blocage", parce qu'après, peu d'étudiants en droit sont venus faire part de leurs interprétations).
Maître Eolas montre en tout cas une chose importante : le Contrat Première Embauche est une loi très complexe, aux références vers d'autres articles de loi, laissant place ainsi à de multiples interprétations, positives ou négatives. Clairement, le CPE dans cet article semble plus neutre, (et rien que de lire cela, beaucoup vont s'énerver) que présenté par les syndicats. Néamoins mon point de vue ne changera pas concernant le CPE : on ne lance pas de loi sans avoir au préalable négocié au maximum avec les partenaires sociaux.

25 mars 2006

[GREVE] Discussions écourtées, casse, intransigeance... Où la sortie de crise devient de plus en plus pressante

Une chose est sûre et déjà affirmée sur ce blog depuis le début du conflit sur le CPE : que ce soit du côté du Premier ministre et de son entourage, ou bien du côté des manifestants, jeunes ou adultes, personne ne veut infléchir sa postion. L'affrontement tourne donc au bras de fer, à celui qui tiendra le plus longtemps, à celui qui cèdera en premier. Plusieurs facteurs peuvent conduire à cette rupture :
  • Un mouvement de grève paralysant la France, reconductible de jour en jour, type de celui qui a eu lieu en décembre 1995 (nous étions peut être trop jeunes pour en saisir les tenants et les aboutissants, mais nous avons peut être des souvenirs associés, tels nos parents rentrant très tard à cause des trains ou des embouteillages).
  • Une radicalisation des manifestations, non pas du fait des étudiants (qui tiennent pour la majorité à faire du combat contre le CPE une lutte sans trop d'accrocs avec les forces de l'ordre), mais plutôt des casseurs, qui voient dans ces rassemblements l'occasion de casser, frapper et voler. Cette violence pourrait tout à fait être profitable au pouvoir. En effet, du fait du retentissement médiatique, des images de malades en train de se défouler sur une voiture ou une vitrine, certains manifestants potentiels seraient enclins à rester chez eux plutôt que de risquer de se retrouver détroussé ou avec des contusions. Cela fait donc des manifestations moins "grosses", donc un dégonflement potentiel du mouvement.
  • En même temps, le fait de laisser s'installer l'insécurité risque de mener à l'escalade : il ne serait pas étonnant si cela persiste de voir des commerçants ou des manifestants exaspérés (ou extrémistes) sortir le fusil ou le couteau. Dès qu'il y aura un cadavre, un point de non retour sera franchi. Et dans l'idéal, il serait fortement préférable de ne pas en arriver jusque là.
  • L'enlisement du dialogue n'est pas non plus un bon présage, car il risque de lasser et d'un côté les manifestants les moins motivés ou ceux qui sont contre les blocages des universités (encore une fois, je rappelle que cela ne concerne pas l'UVSQ et que certaines facs considérées comme bloquées ont été fermées par l'administration), de l'autre, des députés, notamment de la majorité, qui voient leur parti se rendre de plus en plus impopulaire (antinomiquement à leur slogan), et qui souhaitent lâcher du lest pour éviter la catastrophe des élections (surtout qu'avec encore un an et quelques mois, les sujets de mécontentement ont encore le temps de surgir).
Où est-ce que je veux en venir, me direz-vous? Eh bien, ce qui précède pourrait servire de prospective aux évènements de la fin de la semaine et du week-end.
Jeudi : la manifestation est entâchée par des débordements de casseurs, à la fin de la manifestation, place des Invalides. Naissent des polémiques sur l'intervention tardive des forces de l'ordre lors de la dispersion des manifestants. Toutefois, le ministre de l'Intérieur ne souhaite pas lancer des charges de CRS en plein milieu des bagarres. Toujours est-il qu'il souhaite anticiper l'arrestation de ces éléments qui pourrisent le mouvement.
Vendredi : les syndicats de salariés sont invités à discuter "sans à priori" avec le Premier Ministre. L'entrevue a duré une heure, et les deux partis se sont quittés sans avancer. D'ailleurs, les syndicats promettent désormais de plus revenir à Matignon tant que le CPE ne sera pas retiré. En témoigne cet article du Nouvel Observateur [> :
On ne les y reprendra plus: face au "refus total" du Premier ministre de faire machine arrière vendredi lors de sa rencontre avec les confédérations syndicales, la CGT et FO ont déjà annoncé qu'elles ne retourneraient pas à Matignon sans retrait du CPE. Dominique de Villepin leur avait en effet proposé, ainsi qu'aux organisations de jeunes, de les revoir dès "la semaine prochaine".
"Pourquoi faire?", a expliqué samedi à l'Associated Press Jean-Claude Mailly, patron de FO. "Si le Premier ministre accepte le retrait, on est prêts à le revoir pour discuter de tous les problèmes de précarité et d'emploi des jeunes. Mais si c'est pour recommencer une séance comme celle de vendredi et nous proposer de simples aménagements, ça ne sert à rien de s'y rendre!". "Ce sera difficile d'y aller tant que le Premier ministre campe sur sa position", a confirmé à l'AP Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT.
Quant aux jeunes anti-CPE (UNEF et Confédération étudiante; UNL et FIDL côté lycéens), ils réservaient leur réponse samedi en début de soirée. A midi, faute de retrait du CPE, ils avaient boycotté la réunion à laquelle les avait conviés Dominique de Villepin, le laissant face aux syndicats minoritaires (UNI, FAGE et PDE). La veille, ils avaient déjà décliné l'invitation du ministre de l'Education Gilles de Robien. L'intersyndicale (syndicats, jeunes, FSU et UNSA) se réunira mercredi pour adopter une position commune.
Enfin, Samedi, Dominique de Villepin souhaite rencontrer les membres des syndicats étudiants. Seule l'UNI (droite) et la FAGE (semblant apolitique), notamment ont répondu à l'appel, mais sans que la situation avance de nouveau. La seule nouveauté, est la nouvelle fluctuation dans la ligne de conduite vis à vis du CPE : cette fois-ci, il semblerait prêt à modifier le cadre d'application, notamment sur les deux ans d'essai et la justification de rupture. Mais cela ne satisfait personne.
La volonté affichée samedi par Dominique de Villepin de "répondre" aux préoccupations "rapidement", "par le dialogue", notamment sur les "deux préoccupations majeures" que sont la période d'essai de deux ans et la rupture du CPE, a donc été accueillie avec scepticisme. La seule piste concrète annoncée, le "prolongement des bourses étudiantes" jusqu'au premier emploi, ne concerne pas le CPE.
Autrement dit, rien d'intéressant. En plus, on constate que le CPE ressemble de plus en plus à un élément peu considérable de la part de nos deux plus grands hommes politiques (grands ni en termes de taille ou de qualité, mais plutôt en termes de postes, président de la République exclus) : une bonne grosse partie d'échecs, où chacun y va de son idée pour faire passer quand même le CPE sous d'autres formes (l'idée de Nicolas Sarkozy de faire une expérimentation de 6 mois) ou bien la tentative de conciliation de la dernière chance (un coup dans l'eau pour Dominique de Villepin). L'issue de la partie, on la connait, elle sera en 2007. Reste à savoir qui sera en situation d' "échec et mat". Le problème, dans tout cela, c'est que les revendications des jeunes et des salariés ne semblent pas prises en compte (malgré les déclaration du Premier Ministre affirmant qu'il a entendu les revendications... cela marche très bien ce genre de phrase, De Gaulle l'a utilisée en son temps!). Toujours est-il que pour éviter une montée des périls et un enlisement de la situation, la mise aux oubliettes d'une loi dont personne ne veut serait la meilleure solution.

24 mars 2006

[GREVE AG] La fin de la grève?

La traditionnelle AG du jeudi a bien eu lieu. Normal, pourriez-vous penser et pourtant, autant vous avouez que beaucoup comme moi se sont poser la question si oui ou non celle-ci allait avoir lieu. Normalement prévu à 11h, il aura bien fallu entre 20 et 30 minutes pour que l’amphi se « remplisse » tant bien que mal. Nous avons compté entre 130 et 140 personnes, ce qui était largement insuffisant pour voter une quelconque reconduction de la grève. D’ailleurs celle-ci fut justement remise à la prochaine AG par les membres du « jury » devant la très faible mobilisation du moment.

Une fois lancée, le débat dans son entier, n’aura presque servi à rien, sinon à montrer un profond malaise au sein de notre université entre grévistes, non grévistes et partisans du non blocage. Une (très jolie) étudiante de sociologie a d’ailleurs relancé l’éternel débat du blocage qui selon les grévistes n’a pas de raison d’être. Malheureusement quelques minutes plus tard, la même personne qui avait de nouveau (r)assuré qui n’y aurait aucun blocage de notre FAC, lance un message comme quoi le blocage pouvait être envisagé en cas de l’échec du mouvement anti-CPE. Ce message à de quoi faire peur quand on voit la très faible avancé des débats entre le gouvernement, qui campe sur ses positions et les grévistes (donc certains refusent un quelconque dialogue).

Continuons dans le débat… un autre étudiant avançait que le gouvernement avait presque agit dans « l’illégalité » en imposant sa loi. Faux ! Le gouvernement est certes passé en force et n’a pas été négocié préalablement avec les partenaires sociaux (qui m’a fois l’auraient refusé – ils refusent toujours – expliquant le 49.3), mais le CPE est constitutionnellement correct : rappelons que le projet a été soumis au parlement qui l’a voté, accepté, et que enfin le 49.3 est prévu par la constitution de la Vè République.

Un autre étudiant, favorable lui au CPE, avançait des faits et des chiffres tirés de la plus proche source du premier ministre, son site internet ! (Faits et chiffres vérifiés à sa source) L’étudiante qui passa après ce dernier donna, elle, d’autres chiffres, dont je ne me permettrais pas de contester mais dont je n’ai pas retrouvé ses sources via internet (elle-même n’a pas dit d’où venait ses sources).

Pour terminer avec ce compte rendu, je tiens a signaler le traditionnel « pourrissement » des débats et le non respect à la personne et à ses opinions. A noter d’ailleurs que le jury n’a pas montré l’exemple, haranguant une étudiante au début de l’AG, alors que celui-ci se doit de rester neutre pendant le débat.

En conclusion le mouvement de grève s’éteint petit à petit dans notre université, et ce depuis une semaine environ. Les débats, hormis l’excellente initiative d’un pique-nique/débat, n’ont pas avancé et au contraire deviennent parfois insignifiants. Le mouvement à Versailles semble en apparence une réussite mais il a été plus soutenu par les lycéens, plus motivés, que par les étudiants de l’uvsq, qui d’ailleurs en majorité (selon certaines sources) étaient de St Quentin. Si la mobilisation doit de (re)faire une santé, elle doit commencer dès la prochaine AG, qui sera crucial pour l’avenir du mouvement et de la position officiel de l’université dans les débats.
Enfin ce serait un fait rare puisque l’uvsq serait non seulement une des dernières universités à rentrer dans la lutte et la première à en sortir.

[GREVE/HOAX] le CPE pourrit votre boîte courriel

Sous ce titre bizarroïde, je tenais à vous faire prendre conscience des inepties qui circulent d'adresse courriel en adresse courriel. Le Hoax, c'est ce qu'on appelle en anglais un canular, une nouvelle, avec parfois des fondements plus ou moins réels, mais dont le résultat final induit en erreur ou joue sur la crédibilité du lecteur. Les plus habituels qui circulent, ce sont ceux sur la pauvre gamine dans un hôpital qui voit ses jours en danger, ou bien la conversion de Hotmail en serveur courriel payant (parfois, ce sont des messages qui tournent depuis plusieurs années). Généralement, ils se terminent par une phrase de ce genre :
Je vous remercie de votre attention et d'essayer de diffuser au maximum ce message.
Histoire de colporter une fausse rumeur. Les carnets d'adresses s'étoffant rapidement, on arrive à des quantités importantes de ce genre de rumeurs... Et parfois, cela donne des effets dévastateurs, genre saturation de la boîte courriel en question (personnellement, je renvoie une réponse sèche à celui qui a osé pourrir ma boîte courriel, oui, je suis un mec à principes, on ne plaisante pas avec ça!).
Pourquoi je vous parle de tout cela? Eh bien, parce que comme toute évènement important dans l'actualité, le CPE a le droit à son hoax. Je vous le cite en entier.
Je sais que pour la plupart vous n'en avez rien à faire et vous ne vous sentez pas concernés mais c'est important pour nous étudiants en fac...
Je vous écris pour vous demander votre soutien aux étudiants qui se trouvent pris en otage par les manifestations actuelles mais aussi pour vous exposer la réalité de notre situation bien loin de celle que les médias comme à leur habitude déforme. Je suis étudiante en master de droit des affaires à Paris X - Nanterre et je suis révoltée face au blocus des universités.
Premièrement il faut rétablir la vérité, la majorité des étudiants sont contre ce blocus sauf que nous subissons des menaces et des intimidations alors peu d'entre nous osent prendre la parole. De plus, les médias font preuve d'une véritable manipulation dans leurs reportages et oublient bien souvent de mentionner les moyens totalement anti-démocratiques utilisés par ces manifestants.
Tout d'abord, les assemblées générales qui ont été diffusées à la télévision ne sont qu'une mascarade: ainsi lorsque le résultat d'une première AG avait donné le non au blocus majoritaire, dès le lendemain une seconde AG éait organisée par une minorité de manifestants pour revoter illégitimement le blocus, ne respectant pas la décision des étudiants.
Enfin l'AG réunissant le plus grand nombre d'étudiants jeudi dernier était un véritable scandale: nous étions majoritaires contre le blocus alors ils nous ont d'abord imposé 3 heures de faux débats ( temps de parole inégal et les intervenants autorisés étaient à 90% leurs partisans). Ils ont mené une véritable propagande anti-gouvernementale bien loin du problème du CPE et énoncé des abérrations telles que le CPE facilite le licenciement des femmes enceintes et permet de licencier pour une tenue vestimentaire non conforme en dehors des horaires de travail...

Le problème c'est que la plupart des jeunes (non juristes) le prenne pour parole d'évangile!!!
D'autre part pendant cette assemblée la sécurité laisse des individus circuler avec des foulards cachant leurs visages et manifestement menaçants. Enfin le vote s'effectue à main levée avec des gens qui pour la plupart ne sont absolument pas étudiants mais des syndicalistes ou autres appelés en renfort: nous étions 2000, seulement 750 ont voté pour le blocus et ils ont quand même déclaré que nous avions perdu!!!
Mais le plus grave ce sont les intimidations et la violence de ces gens que les médias ne dénoncent pas: jeudi et vendredi lorsque des étudiants ont voulu entrer dans leur faculté des bagarres ont éclaté à coups de barres de fer, une jeune fille a été poussée dans les escaliers par des représentants de l'Unef et a été sérieusement blessée mais là encore personne ne dit rien ou ne se scandalise: non toute cette violence est légitimée par le droit de grève?!!!

Enfin lorsque les manifestants étaient minoritaires face aux vrais étudiants qui voulaient accéder aux cours, ils ont fait appel à des lycéens de nanterre arrivant en masse et criant. Ces jeunes n'étaient là que pour nous intimider et n'ont trouvé rien de mieux que de se prendre en photo avec leurs portables devant l'université en nous narguant et chahutant démontrant leurs réelles motivations!!!
C'est donc un appel à l'aide que je vous adresse pour les vrais étudiants qui veulent que leur droit à l'éducation et celui de ne pas faire grève soient respectés. Les dirigeants de notre université étant démissionnaires et les médias refusant de prendre en compte notre témoignage, je vous sollicite donc pour nous aider à rétablir la vérité et pour que l'Université française redevienne un lieu où les libertés individuelles peuvent s'exercer loin des propagandes et de la violence.
Je vous remercie de votre attention et d'essayer de diffuser au maximum ce message.

En gros, c'est un message qui se base sur des fait réels, mais, je ne vais pas dire exagérés, plutôt forcés, et ainsi, ils se détournent du véritable déroulement des évènements (encore qu'en 1ère ES, on m'a appris qu'il n'y avait pas une vérité, mais des vérités). En cela, ce n'est pas tout à fait un hoax, mais il importe de ne pas prendre ce message pour argent comptant. Donc, si vous recevez ce message, informez son expéditeur qu'il s'agit de prendre ce message avec des pincettes, et ne l'insultez pas en disant qu'il raconte des bobards.
Pour mettre plus de poids à votre message, insérez un lien vers HoaxBuster, et notamment à cet article [> le site qui s'occuppe avec Hoaxkiller de ce type de message.
Et puis pendant que j'y pense, quand vous recevez un message demandant à la fin de le transmettre à votre carnet d'adresse, passez-le à la moulinette grâce à ce site. Vous éviterez dans certain cas les bévues.

23 mars 2006

[GREVE] Baisse de régime à Saint Quentin, pourtant le mouvement reste fort ailleurs

L'Assemblée Générale d'aujourd'hui semblait être un test pour prendre la température du mouvement, une semaine après la première manifestation à laquelle l'UVSQ a participé la semaine dernière et trois jours après une première AG mitigée. Et force est de constater que ce fut un peu un four. Elle a eu lieu à l'Amphi 1 du bâtiment Vauban, un des plus grands de la fac (puisque Diderot était occupé par un cours). La fréquentation était également en baisse, puisque sur 334 (nombre exact de places de cet amphi), seul environ 130 ont été occupées (selon un comptage de Max au miilieu de l'AG).
D'entrée, les présidents de l'Assemblée on décidé que le nombre de présents ne pouvait être représentatif pour le vote de la reconduite de la grève et que serait uniquement voté l'envoi de délégués pour la prochaine coordination nationale du week end prochain à Aix.

Ce soir, je ne ferai pas un compte rendu détaillé comme à l'accoutumé, car j'ai trouvé cette AG réellement pauvre en nouveautés, et je ne ferai figurer que ce qui aurait pu avoir le plus d'intérêt.

D'abord, un rappel des actions menées durant le début de la semaine
  • Organisation d'un sit-in à Versailles. Les lycéens ont rejoint la manifestation dont le nombre est compris entre 200 et 400 participants. Il n'y a pas eu de troubles à déplorer, l'ambiance était festive.
  • Le comité de mobilisation survit tant bien que mal.
Puis sont arrivées les perspectives et c'est à ce moment que ça a commencer à ramer...
  1. Une étudiante en sociologie a reproché le fait que la grève faisait que les étudiants quittaient les cours, et que ceux qui souhaitaient aller en cours se retrouvaient à quatre ou cinq, et que dans ces conditions les professeurs ne souhaitaient pas faire cours. Aussi, les grévistes étaient plus ou moins perçus comme les responsables d'une sorte de "blocage hypocrite". Elle a ajouté que mardi, des éléments extérieurs (ça marche très bien cette expression dans les JT) ont bloqué les entrées de d'Alembert (à vérifier, je n'en ai pas entendu parler, bien que je ne doute pas de la véracité de cet évènement). Cette première intervention s'est soldée par un brouhaha, un dialogue entre l'intervenant et l'assemblée, qui, pour le dire réellement, faisait peine à voir : des sarcasmes sur l'étudiante en question, des interpellations peu respectueuses etc. Par la suite il a bien été rappelé que la liste de parole devait être respectée, que la tribune devait rester neutre, et que la fac n'était pas bloquée. Si les professeurs font grève, ce n'est pas le fait des grévistes. Enfin, l'étudiante est revenue à la charge au cours de l'AG, malheureusment dans un brouhaha peu propice à un débat serein, autrement dit les arguments développés ont tourné autour du thème : "que proposez-vous? Rien" (ok cela a déjà été dit deux ou trois fois au cours d'AG précédentes).
  2. On a eu un super papier de supers journalistes de Saint Quentin qui nous dénonçait de bloquer la fac. L'occupation de la fac se fait par la présence dans le hall Vauban. On n'a pas l'air menaçant, on peut sortir et entrer sans difficulté. Grève et blocage ont deux sens distincts et cela fait cinqaunte fois qu'on le répète.
  3. [Chargé de cours en Socio] 110 professeurs soutiennent le mouvement, appel à la grève pour mardi prochain. On arrive dans une situation compliquée entre grévistes et non grévistes, où Saint Quentin en fait est "le cul entre deux chaises".
  4. J'ai remarqué que nous étions plus sages à l'Assemblée Nationale (marrant, ça rapelle un commentaire d'Elo ici même!). L'intervenante a développé l'exemple d'un jeune qui était en CDI, qui s'est fait licencier pour être remplacé par quatre CPE à mi-temps. Elle a soulevé ensuite le problème de ceux en CDI qui n'ont plus grand chose à payer une fois le loyer payé (et donc obligés de s'alimenter aux Restos du coeur).
  5. Il y a la forme et le fond de ce débat. Pour la forme, le gouvernement a fait passer sa loi avec le 49-3. Dans la constitution de 1958, c'était pour lutter contre l'instabilité constante du gouvernement. Or aujourd'hui, le Premier Ministre a une majorité comprenant les 2/3 de l'hemicycle. Il n'en ont donc pas logiquement besoin (applaudissements épars). Ce ne sont pas des réformes majeures, mais plutôt de la communication. Il a Sarkozy qui l'attend au tournant pour 2007 et il doit aussi faire dans le libéral pour cette échéance. Dans le fond, c'est un nouveau concept, qui contredit la dignité humaine. Pour les CNE, 70% ont remplacé des CDI. Les garanties financières proposées posent problème, puisque dans le cadre d'un prêt, la banque est prête à faire des prêts, mais c'est l'organisme tiers garant de la banque qui bloque...
  6. Je suis assez déçu de voir que la mobilisation s'essoufle. Concernant le départ : les préavis sont obligatoires allant de deux semaines à un mois. Un employeur s'amusera-t-il à licencier n'importe comment? Il doit verser 8% du salaire depuis son entrée, et 2% pour la recherche d'un nouvel emploi. (brouhaha).
  7. J'ai des périodes contradictoires concernant le licenciement : sous quatre semaine, il n'y a pas de préavis. entre quatre semaines et six mois, c'est deux semaines et au delà de six mois, c'est un mois.
  8. Cette mobilisation n'est pas stérile, se mobiliser est déjà un engagement
  9. Je m'attendais aux critiques sur les alternatives au CPE : je propose l'exonération des PME, baisser les charges, changer le système de chômage : l'inscription à l'ANPE devrait faire s'impliquer les chômeurs dans des associations d'aide, de médiation ou d'insertion
Les perspectives ayant été épuisées pour cette séance, deux votes furent prévus :
  • Le principe de grève jusqu'à la prochaine AG : pour.
  • Désignation de délégués pour participer à la coordination d'Aix : pour.
Donc nous avons eu une AG encore plus ratée que celle de lundi (ça causait moins d'ailleurs), entre le retour perpétuel au blocage qui n'en est pas un. C'est cet argument qui devient de plus en plus crispant, et force est de constater que le message ne passe pas : l'UVSQ, ce n'est ni Rennes, ni Nanterre ni la Sorbonne (pour reprendre l'expression d'une intervenante).
Il convient de se demander pourquoi il y a moins de monde aux AG : en en discutant, j'ai entendu cette hypothèse suivante : deux AG par semaine, c'est trop rapproché. En effet, si à la première le mouvement est reconduit, à la seconde, personne ne vient, la reconduite étant acquise. Cela parait tout à fait plausible.
Puis à 12h30, un petit cortège (une quarantaine de personnes à vue de nez) est parti vers la gare pour prendre part à la manifestation du jour à Paris. Celle-ci pourtant ne s'est pas dégonflée, les lycéens permettant au mouvement de tenir et de faire venir un peu plus de monde. Mais pour cela, Elo vous fera un topo détaillé de la manifestation, entachée une fois de plus par des éléments extérieurs et des casseurs, apparemment attirés par les téléphones portables à faucher, pour jouer au chat et à la souris avec les CRS (mais à voir les images des JT, y en a qui doivent compter leurs bleus) ou tout simplement défonçer vitrines et voitures (lesquelles n'ont rien demandé à personne, et qui pourrissent la vie de leurs propriétaires : pour certains possesseurs de véhicule, c'était le sésame pour le travail).

22 mars 2006

[GREVE] Versailles cité royale, prise par les lycéens et les étudiants

Fait très rare, qui n'a pas été vu depuis un certains temps : Versailles a été le théâtre d'une action menée contre le CPE avec étudiants et lycéens réunis. En effet, à 14h, 500 jeunes avec une majorité de lycéens et environ 1/4 d'étudiants ont fait un sit-in devant la mairie de Versailles. Durant 2h, des slogans ont été entonnés dans une bonne ambiance.
Je considère cette action comme une réussite, marquant au niveau local l'entrée des lycéens dans la mobilisation contre le CPE.

[GREVE] Quand les deux partis bloquent...

Je délaisse pour le moment les comptes rendus d'Assemblée Générale (ma spécialité) pour revenir, à l'instar de Max, sur l'actualité de la mobilisation en France, et de l'affrontement de plus en plus poignant entre un Premier ministre intransigeant et une population croissante (car désormais, on ne peut plus parler uniquement d'un conflit entre le gouvernement et les étudiants, mais plutôt d'un conflit opposant l'ensemble de la société française à ses dirigeants).
Dans l'affaire du CPE, Dominique de Villepin (laissons-lui son nom, faut le plaindre un peu, ce n'est pas marrant d'avoir les deux tiers de l'opinion contre soi! second degré inside) campe ou louvoie sur ses positions. En effet, d'une soirée à une autre, on entend notre Premier ministre dire qu'il "qu'il était prêt à des discussions sur deux points du contrat première embauche" c'est à dire la période des deux ans d'essai et la non-justification du licenciement. Pourtant, pour lui, "Sur cette loi, il y a trois choses qui sont impossibles, leur a-t-il lancé, la première c'est le retrait [...], la deuxième c'est la suspension [...], la troisième, c'est la dénaturation du projet !". Autrement dit, face aux syndicats et aux nombreux manifestants qui réclament le retrait préalable du CPE pour pouvoir discuter, la situation se bloque.
Mais à ce jeu, qui est le plus perdant? Les étudiants ou le gouvernement? Les deux (mon capitaine!), en fait. Puisque d'un côté, on risque de voir des étudiants tourner casaque parce qu'ils sont excédés par les blocage de leurs universités (pour certains, cela fait plus d'un mois que c'est le cas), et donc le mouvement dépérirait de l'intérieur ; De l'autre côté, c'est le gouvernement qui se verrait taxé d'une franche impopularité. Le sondage CSA publié la semaine dernière (réalisé le 14 février) révèle que seulement 36% de la population se disent confiantes en son action "pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays". Ils étaient 47% un mois avant. Lourde chute donc dans les sondages, qui si la situation ne se modifie pas, risque de laisser des séquelles, bien regrettables pour les ambitions présidentielles d'un homme politique qui n'a jamais été élu.
Les seules concessions qu'il est disposé à accorder ne sont pas de son ressort, puisqu'il autorise les partenaires sociaux à réduire la période d'essai, mais pour cela, il faut que toutes les entreprises d'une même branche soient d'accord. Et concède du bout des lèvres que le licenciement pourrait être justifié (et encore, ce n'est même pas sûr). Toujours est-il que Dominique de Villepin entend résister contre vent et marées, alors que déjà dans sa majorité, les rats quittent le navire (second degré inside). Un énième remake du Titanic? En gros, les aménagements prévus se feraient "dans le cadre de la loi" ; belle manière de dire "débrouillez-vous, la loi est votée, c'est à vous de l'adapter", et souhaiter se débarrasser du cadeau qui fait "boum".

Un article de Libération est assez évocateur de cet entêtement digne de la pire mule sur la terre (pardon en passant à ce sympathique animal, dont l'entêtement est généralement justifié, à la différence de notre Premier bourricot) :
Villepin est en guerre et c'est sa majorité qui trinque. Hier soir, il a fait une nouvelle démonstration de son entêtement devant les parlementaires UMP convoqués pour «un pot amical» à Matignon.

[...]

«Tout le monde est sorti estomaqué devant tant de raideur, a raconté un des participants à la sortie. Mais peu osent l'ouvrir : c'est le bal des faux-culs.»
Pour que des parlementaires en viennent à dire cela, c'est qu'il y a un malaise grandissant au sein même de l'UMP. L'article se poursuit en ce sens :
A midi, il se rend devant les députés du groupe UMP à l'Assemblée. Peu de temps avant, la réunion du bureau du groupe a été le théâtre de toutes les craintes. Jean-Paul Anciaux (Saône-et-Loire) a évoqué 1995, le «droit dans ses bottes» de Juppé, la dissolution qui a suivi et la défaite aux législatives. Philippe Briand (Indre-et-Loire) a déploré «le manque d'humanité» du gouvernement et de son Premier ministre.

[...]

Dans les couloirs, un député sarkozyste se lamente : «La seule question qui vaille désormais est : quand Chirac va-t-il le lâcher ?» Claude Goasguen (Paris) reconnaît : «Il est difficile d'expliquer le CPE. Moi-même je n'y arrive pas.» Proche de Sarkozy, Eric Woerth s'interroge ingénument : «Le CPE n'est pas un outil indispensable pour lutter contre le chômage. Est-ce que tout cela en vaut bien la peine ?»
Révélateur, non? Beaucoup de ces parlementaires voient leur avenir attaché à celui de la forteresse H.M.S Villepin.
Et pendant ce temps, les étudiants, les salariés sont en train de se masser pour des manifestations de plus en plus importantes, de plus en plus suivies, à commencer par celle de jeudi. Puis par la grève prévue mardi (apparemment une journée). En lisant ces quelques citations plus haut, on se dit que les parois commencent peut être à se lézarder. A moins qu'un garde ne tourne sa veste et ouvre la porte...

21 mars 2006

[GREVE] Une AG en demi-teinte?

Avant de commencer, je me suis aperçu que Max m'avait "grillé" mon titre pour faire son dernier billet. Donc ce n'est pas grave, j'ai revu le mien. Voici donc le compte rendu de l'AG de lundi dernier . Une AG, qui avait un goût différent des deux précédentes :

D'abord, il y a eu un bilan de la mobilisation de la semaine dernière.

  • Les deux dernières manifestations ont fait descendre un nombre très important d'étudiants et de salariés (manifestation de jeudi) dans la rue, et en cela, on peut tirer un très bon bilan de la mobilisation, puisque ces deux dernières manifestations ont mobilisé plus de monde que durant celle du 7 mars. Qui plus est, le mouvement de grève touche désormais 69 facs sur 84. A Saint Quentin, nous avons eu un cortège d'environ 500 personnes et nous avons occupé une nuit (de jeudi à vendredi) dans une ambiance festive la fac. Nous sommes près du but. A Dijon, il y a eu ce week end une réunion de Coordination Nationale, pour définir les perspectives d'actions à venir. Désormais, on voit Dominique de Villepin qui dit "je suis désolé, j'aurais pu m'y prendre autrement". Le CPE ne peut être retiré quoi qu'en dise De Villepin. 68% des français sont pour son retrait.
  • La coordination présente à Dijon propose plusieurs actions à mener dans le courant de la semaine : le 23 mars, mobilisation générale à Paris, les syndicats se joignent au mouvement de protestation, la coordination encourage à poursuivre la grève, à reporter les élections au CROUS qui ne pourront se faire dans de bonnes conditions du fait du blocage ou de la fermeture de certaines universités, à l'amplification du mouvement. De plus le 26 mars, les syndicats appellent les salariés à la grève.

Une nouvelle suite d'arguments furent développées, et c'est à partir de ce moment que j'ai trouvé qu'il y avait une sorte de "souffle au coeur" dans cette AG : exceptionnellement, les arguments seront très complets, car les intervenants ont pour la plupart adopté un rythme trop rapide pour ma prise de notes (donc vive le micro)...

  1. Il est très important d'être motivés sur les questions de société. L'occupation des facs me surprend, puisque symboliquement, l'occupation rend la fac à l'étudiant. Mais a-t-elle déjà prise aux étudiants (silence puis applaudissements). Il s'agit de se réapproprier des locaux qui ne nous ont pas été volés et encore moins par le CPE. C'est un amalgame entre la situation des universités et le CPE. Il est dommage d'établir des modules de réflexion sur le CPE après avoir fait la grève. Est-ce qu'il n'aurait pas été plus sage de commencer par une grande réflexion pour ou contre le CPE, puis voir s'il est nécessaire ou non de faire la grève? Je suis sûr que Gilles de Robien et Dominique de Villepin lorsqu'ils disent "nous somment prêts à écouter" ne sont pas totalement en dehors de la réalité (huées, applaudissements). C'est une manoeuvre destructrice de commencer par la grève. Que proposez vous à la place? Rien (huées, applaudissements, ovations)! Je souhaiterais que l'on retire les banderoles "UVSQ en grève", car elles ne concernent pas toute l'UVSQ : Leclerc n'est pas en grève! (applaudissements, huées).
  2. [Lucas, notre nouveau blogueur a pris la parole] Vous avez raison, le CPE, n'est pas sans risque. Il provoque la précarité, néamoins, ce n'est qu'un contrat, qui peut tout prévoir, un support, que l'on peut aménager. Seul les entreprises peuvent l'aménager, car seules les entreprises l'utilisent. Et je pense à des entreprises qui n'existent pas encore. Et je voudrais savoir ce que vous, qui êtes dans cette assemblée, vous attendez (interpellation : - le retrait du CPE). Très bien, retirez le CPE. Dans ce cas, je vous pose cette question : comment vous allez faire pour résorber les 25% de chômeurs? (interpellation : - cela n'a rien à voir, huées, applaudissements). Si vous embauchez cinq personnes. Avec ces cinq personnes, sur lesquelles un patron aurait gagné 20% de côtisations. Si vous faites la multiplication, vous gagnez un salarié.
  3. J'entends beaucoup de choses sur le patronat. Comme quoi c'était un cadeau qu'on leur faisait. Mais il faut garder à l'esprit qui dirige les entreprises (interpellation : - les salariés, huées). La situation des salariés est dans certains cas plus confortables que certains patrons, et en France, les ennemis des syndicats sont ceux qui la font vivre (ovations, huées). Entre un facteur et un mec sorti de l'ENA, il y en a un quand même qui plus capable que l'autre de diriger la France (cris, brouhaha). On a voté pour ce gouvernement, il est là pour cinq ans, laissons-le terminer (applaudissements)
  4. Arrêtons avec les lieux communs : ceux qui sont contre le CPE sont des communistes, ceux qui sont pour sont des facsites (applaudissements). Pour répondre à l'étudiant qui se demandait pourquoi ne pas discuter du CPE avant de se mettre en grève, je dis qu'il aurait fallu en discuter avant de le voter (ovations).
  5. Je suis salarié, et je galère. Aujourd'hui, je vois beaucoup de jeunes, de 20 à 26 ans et au delà à qui on propose un CDD, à qui on fait miroiter un CDI. On vous prend votre temps d'étude, on vous donne un petit salaire, on vous fait miroiter un avenir radieux, le CPE ou le CNE, qui laissent deux ans de plus d'essai. Cette situation devrait déjà être cloturée. Les jeunes sont suffisamment précarisés (ovations, sifflets). Ce sont toujours les mêmes personnes qui doivent faire un effort, ce sont les employés qui accomplissent le plus gros du travail (applaudissements).
  6. [Lycéen d'un lycée de Trappes] On a démarré une grève vendredi au lycée, demain on bloque notre lycée et on va manifester à Versailles devant la mairie (applaudissements, huées). Personne ne rentre avant 13 heures dans le lycée. Nous sommes également contre le CPE, contre une loi passée en force, et à chaque fois, le gouvernement n'y parvient pas du fait de l'opposition que la population manifeste (applaudissements, ovations).
  7. [Etudiant de Nanterre] Ma fac subit le blocage de De Villepin, puisque l'administration a fermé les bâtiments jusqu'à nouvel ordre, donc nous ne pouvons plus nous réunir. A l'UVSQ, vous avez de la chance, le dialogue est resté plus longtemps à l'intérieur de votre université (applaudissements). Le gouvernement reste face à cela complètement sourd, malgré les 500 000 jeunes, les 1,5 millions de personnes toutes générations confondues. Les seules revendications entendues par le gouvernement sont celles du MEDEF (applaudissements). Ce qui se passe est extrêmement grave, nous avons une jeunesse dans la rue et le gouvernement ne répond pas. Il y a donc aucune perspective d'avenir ainsi (applaudissements).
  8. On vient de voir des idées peu courantes. Pourtant, nous faisons par notre travail vivre les patrons. Ils se font de l'argent sur notre dos (applaudissements). Un travail donne accès à tout ce qu'il faut pour construire quelque chose autour. Comment faire si pendant deux ans on ne peut se loger etc.? Maintenant je veux parler de la coordination nationale. On ne se bat plus aujourd'hui contre le CPE, mais aussi contre le projet de "loi d'égalité des chances". Peut-on accepter de travailler à 14 ans, et travailler de nuit à 15? Est-ce un progrès social? (applaudissements). Ici, il n'y a pas de débat, il y a des initiatives, mais pas assez d'investissement. Il faut faire pression sur les partis (applaudissements).
  9. Je propose la formation d'un groupe "alter-CPE" pour proposer des alternatives au CPE, faire du lobbying pour ces alternatives. Et pendant que l'on hurle contre De Villepin, il y en a un dans l'ombre qui attend et récupère des voix, c'est Sarkozy (interpellation : - 12%). Il y a d'autres mouvements, aux objectifs divers : unissons-nous (l'intervenant a mentionné la "pute pride" de ce week-end protestant contre la loi Sarkozy).
  10. On vit effectivement dans un pays où les salariés produisent la richesse. Il y a des bénéfices records dans les grandes entreprises françaises (12 milliards d'€ l'année dernière, applaudissements) Cela donne 108% d'augmentation pour les actionnaires, et 1% pour les salariés. Est-ce normal? On vit dans un monde où les entreprises sont dirigées par une minorité et une élite qui croit qu'avec les cadeaux au patronat, on résoudra les problèmes. Les gouvernements depuis trois ans (Raffarin plus Villepin) on précarisé le travail en France. Le chômage n'a pas baissé, il augmente. Le CPE ajoute la possibilité de virer un salarié à tout moment (applaudissements).
  11. Tout le monde nous dit "pas de blocage à l'UVSQ". Les lycéens arrivent, ils nous parlent de bloquer leur lycée, et tout le monde ici applaudit (cris). Ensuite, en écoutant les intervenant, vous critiquez plus l'action du gouvernement, la droite, le MEDEF qu'autre chose. Pour cela, il faut voter (interpellations : - voila! puis huées, applaudissements). En France, les mesures de la gauche (les emplois jeunes), n'ont pas fait mieux (cinq ans de travail dans la fonction publique puis plus rien). De Villepin prend une mesure libérale, mais tente de faire évoluer les choses (applaudissements). Est-ce que le gouvernement Jospin a réussi à faire baisser le chômage (interpellations : - oui). Faites grève mais ne parlez plus de blocage (applaudissements, huées).
  12. J'ai déjà pris la parole la semaine dernière contre le blocage (huées, interpellations : il n'y a pas de blocage, on n'en a pas parlé). Très bien, ce n'est pas à l'ordre du jour. Mais je veux rebondir sur autre chose : Comment faire fonctionner une entreprise sans patrons dans une société capitaliste actuel? C'est tout simplement impossible (applaudissements, brouhaha). Le fonctionnement d'une entreprise doit être basé sur une relation d'échange et de coopération.
  13. La proposition d'un groupe alter CPE est très intéressante. La coordination, du fait de l'importance de développer des actions communes, ne peut assurer pleinement ce rôle. Tout ce qui nous unit, c'est le retrait du CPE, du CNE et du projet de loi d'égalité des chances. Il faut mettre des étapes dans la mobilisation et ne pas s'éparpiller. Enfin, concernant le blocage, l'université et le lycée, ce n'est pas le même univers. Laissons-les faire ce qu'ils veulent, ils ne viendront pas bloquer l'université pour autant (applaudissements).
  14. Lors des élections de 2002, nous avons du faire barrage au FN. Et maintenant, les gouvernements de droite se prennent des raclées à toutes les élections, aux régionales, aux européenes, sans compter la claque que fut le 29 mai 2005 et la constitution européene (applaudissements). Pour 2007, j'espère que cela changera (applaudissements)
  15. [Elodie, notre seule et unique blogueuse a pris la parole] Je me mobilise tout le temps, dès qu'il y a un projet indigne proposé par le gouvernement. Le PS aurait présenté le CPE, pour moi, cela aurait été du pareil au même. Je voulais revenir sur un article du Parisien dimanche. François Goulard, le ministre délégué à l'éducatiion et la recherche, à la question : "votre réaction après ces manifestations massives?", a répondu : "De nombreuses organisations ont en effet mobilisé. Mais il y a chez les jeunes de l'incompréhension, largement imputable à une méconnaissance de la réalité du travail.". A une méconnaissance de la réalité du monde du travail... Il s'adresse à 800 000 étudiants salariés qui ne savent pas ce que c'est que le monde du travail !? (applaudissements) C'est justement parce que les étudiants savent ce qu'est le monde du travail qu'ils se battent contre le CPE (applaudissements)
  16. La question de la démocratie : l'UVSQ est bien en grève, et l'AG n'en est que sa représentation. Le débat qui s'y déroule représente cette démocratie. L'AG est souveraine et décide si oui ou non il y a grève. La grève est donc légitime (applaudissements, huées éparses). La mobilisation s'amplifie, avec 69 universités et 68% de l'opinion française contre le CPE (ce matin, un sondage LH2 pour le journal Libération donne 73% des français contre le CPE. Il décompose par ailleurs cette opinion globalement hostile au CPE entre ceux qui demandent que Dominique de Villepin "modifie le CPE" (38%) ou "l'abandonne totalement" (35%)). On touche la victoire du doigt, on va arriver à faire plier le gouvernement (ovations).
  17. Ce projet, c'est une question de sécurité sociale. On sécurise à tour de bras, mais à présent, il faut se poser une question sur la situation de vie des gens. Quand on précarise l'emploi, quand on précarise le logement, peut être que nos dirigeants pourraient se dire "prenons des mesures qui vont permettre à nos citoyens de vivre dans un monde où la liberté, l'égalité et la fraternité se retrouvent.
  18. [Lucas reprend la parole] N'oubliez pas votre objectif principal. Plus vous vous éparpillerez, moins vous serez puissants. Moins vous serez puissants, moins vous serez écoutés. Moins vous serez écouté, et là, vous avez compris ce à quoi je pense. Ne bougez pas de ligne, sinon, vous passerez pour une chose : une bande d'abrutis (applaudissements).


Les deux derniers arguments ont été développés dans les perspectives, j'ai fait le choix de les intégrer au débat.

Après cette salve d'arguments, les perspectives (quand on retrouve un slash, ce sont plusieurs intervenants qui ont développé ou ajouté des propositions à une perspective similaire).

  • Nouveau pique nique mercredi, pour discuter à nouveau du CPE.
  • Demain, assemblée générale à Versailles. Suite à cette AG, nous pourrions faire un sitting devant la mairie de Versailles, où l'on peut faire une manifestation médiatisée et pacifique. / Je pense qu'il serait mieux de faire une AG commune à Versailles. Pour le sitting, ce serait mieux sur la place d'armes. Le château est plus symbolique ou bien devant la préfecture. / Il faut plutôt aller à la mairie, voire rentrer dedans, elle est tenue par un député maire UMP, et ce sont ces gens qui
  • Manifestation centralisée à Paris, jeudi 23. Participons à cette manifestation, et préparons une AG juste avant à 11h.
  • Comité d'information : on s'aperçoit qu'il y a des lacunes au niveau de l'information véhiculée : le blog se voit enrichi de liens vers les alternatives et d'un forum pour débattre, rajout d'un point d'information quotidien.
  • Mercredi, il y a les élections au Crous : elles doivent être boycottées. Dans ces conditions, elles ne peuvent être considérées comme légitimes.

L'AG s'est terminée sur les votes

Continuation de la grève : pour (comme la dernière fois, l'amphi a commencé à se vider après ce vote).
Pique-nique mercredi : pour.
Sitting mardi devant la mairie de Versailles : pour.
AG commune à Versailles : pour.
Manifestation collective des jeunes jeudi avec un cortège UVSQ : pour.
Boycott des élections du CROUS : pour.


Alors, vu que Max m'a dépassé, je vais tenter d'expliquer son point de vue (pourquoi il a estimé que le mouvement s'essoufflait).
Premièrement, la fréquentation : elle était certes moindre (parfois une place sur deux était inoccupée). Selon Elodie, cette AG se serait décidée tard vendredi dernier, et l'info ne serait pas remontée assez vite. Soit, en tout cas, cela semblerait plus plausible.
Deuxièmement, sur les arguments développés, on a senti une présence plus importante de contradicteurs, cela apporte de la fraicheur au débat, c'est bien. Maintenant, j'ai eu l'impression qu'on commençait à tourner un peu en rond, entre les appels contre le blocage, ou l'exposition d'arguments fleurant le communisme (les patrons qui se font du pognon sur le dos des salariés exploités) ou la pique "juristes, médecins, étudiants de droite quoi". Bon, OK, mais là, ce serait refaire la société entière, on discute plus du retrait du CPE (ces arguments sont restés au nombre de deux, plus un pour contredire ces assertions, somme toute, c'est raisonnable).
Troisièmement, concernant l'ambiance, il y avait beau avoir moins de monde, l'ambiance n'en était pas moins calme, en témoigne mes didascalies (huées, et interpellations notamment). Mais à ce stade, j'imagine que ce ne sont plus des huées parce que l'intervenant a dit une énormité, mais plutôt pour le plaisir d'hurler, boaf bis.
Je pense surtout que cette AG du lundi est un accroc dans le mouvement de mobilisation et que celui-ci rebondira s'il y a plus d'informations. Mais à présent, il serait souhaitable d'entendre un peu plus d'idées nouvelles, car "de la routine nait l'ennui" comme dit le proverbe.
Enfin, je voulais revenir sur le vote. Le plus important est la reconduite de la grève, mais une fois qu'il est voté, tout le monde quitte l'amphi. Et les perspectives suivantes sont votées à la hussarde (qui ne prend pas part au vote? ... qui s'abstient? ... qui est contre? ... qui est pour?, les silences sont très courts, il n'y a plus de compte de voix). Ne serait-il pas mieux de voter en premier les perspectives secondaires puis ensuite de statuer sur la grève? Cela permettrait des votes un peu plus logiques, parce que dans le cas de cette dernière AG, j'ai eu l'impression que nous faisions la hola...
Quoiqu'il en soit, rendez-vous jeudi pour voir si la mouvement de mobilisation faiblit ou non.

[GREVE] L'Unef refuse le dialogue!

L'UNEF, la première association étudiante de France, a décliné l'invitation du premier ministre qui proposait un dialogue et une renégociation du CPE. Celui-ci vient en effet de proposer une ouverture sur la réduction du temps de stage à un an et propose également le retrait d'un des points les plus sensible: le licenciement sans motif!
Pourtant, temps que ce projet renégocié ne sera pas posé noir sur blanc et annoncé de la bouche même du premier ministre, la mobilisation doit rester éveillée et les jeunes prudents! Voilà encore une preuve que la mobilisation contre le CPE fonctionne: le gouvernement plie petit à petit sur les points les plus facheux.

Pourtant il est assez scandaleux, que ceux qui se disent représentants des étudiants, et qui ont été élu, refusent le dialogue et ainsi jouer un grand rôle dans la négociation. L'UNEF dit que la France est un pays démocratique et que tout le monde a le droit de s'exprimer!!! Or en refusant le dialogue il fait exactement le contraire! Certes Dominique De Villepin est passé en force avec le CPE , mais il est ridicule et inintelligent que les étudiants en face de même! Aussi l'UNEF fait une très grosse erreur en s’écartant du débat car il perd une grande partie de sa crédibilité (même auprès des autres organisations politiques proches du mouvement comme on a put le constater au débat télévisé du 16 mars) et de son pouvoir de négocier directement avec le gouvernement. Pour rester dans la ligne de conduite décrétée par le parti : Comment veut-on demander le retrait du CPE si on refuse de rencontrer les principaux protagonistes?
Le 49.3 n'est pas une excuse au non dialogue aujourd'hui. Le 49.3, est un procédé qui, soi-diasant en passant, n'est pas une spécialité typiquement de droite comme on a put l'entendre dernièrement - Michel Rocard alors premier ministre de Mitterand l'avais usé lui aussi et plusieurs fois!
Qu'est ce que veut donc l'UNEF à part répéter qu'il veut"le retrait du CPE"? C'est une bonne question. Aujourd’hui les motivations de certains semblent dépasser la sphère de l'intelligible et du rationnel! Tout le monde campe sur ses positions. La protestation est une chose, un droit, mais elle a trop tendance à dégénérer. Les manifestations attirent les casseurs et font des blessés. Certains attendent-ils des morts? Aux AG, l'UNEF demande le dialogue, de pouvoir s'exprimer et affirme que le gouvernement ne l'entend pas, mais quand on leur offre la possibilité de s'exprimer face à face avec celui-ci, il refuse!

20 mars 2006

[GREVE] Lundi 20 mars, AG... le mouvement s'essouffle

Que dire de la pitoyable AG, qui s’est tenue aujourd’hui dans notre FAC. Pas grand-chose pour le débat qui nous anime en ce moment mais hélas énormément de reproches à faire.

Commençons par la très faible mobilisation ! Si on pouvait être satisfait du nombre raisonnable d’étudiants aux deux dernières AG, la dernière ne devait regrouper à peine la moitié de l’amphi et encore…. Le débat qui était parti sur de bonnes bases a vite dégénéré en règlement de compte entre les différents partis politiques. Le souci d’impartialité que réclament certains n’a été que très peu respecté. Et que dire de l’intervention de certains sur des sujets qui n’avaient strictement rien à voir avec le CPE. Mon principal reproche porte sur deux personnes qui se sont laissé emporter par leurs idéaux : parlant de la mondialisation et jusqu'à investir la mairie de Versailles. N’oublions pas qu’une telle action entraînerait sans aucun doute des heurts, ce qui n’est pas la ligne de conduite décrétée par nos représentants étudiants, ni la bonne méthode à employer. De plus, je ne pense pas que les étudiants veulent en arriver à l’affrontement (du moins pas encore).

Il y a eu tout de même quelques points positifs. Notamment un dialogue plus poussé, argumenté et enfin du « pour » et du « contre », bien que le débat fut une nouvelle fois houleux, la libre parole difficile et l’agressivité toujours plus présente (toujours venant des mêmes, hélas).

La grève a été reconduite, mais on peut s’interroger sur la légitimité d’un tel vote devant la faible mobilisation des étudiants de notre université. Je retiens les paroles d’un étudiant qui, sortant de l’AG, affirmait que seules certaines associations étudiantes étaient en grève… pas les étudiants. Dommage, car la mobilisation prenait forme et les négociations tant espérées s’éloignent de nouveau.

Le gouvernement attend patiemment que le conflit s’essouffle… il a raison notre université donne l’exemple…

Toujours pour la renégociation d’un nouveau projet… mais heureusement pour notre FAC que la mobilisation ne décrois pas dans les autres universités et lycées.

Hack de Damien, again, pour la mise en forme et le style. Raah, Max, tu m'as fauché mon titre pour mon compte rendu que je n'ai pas fini!

[BUZZ] Internautes, faites découvrir Blog-UVSQ

Deuxième fournée : les affiches du blog
Dans les derniers commentaires, on nous a fait remarquer (j'emploie "nous" car nous sommes désormais quatre contributeurs pouvant livrer nos péroraisons sur le CPE et le déroulement de la mobilisation céans), que ce blog mériterait à être mieux connu. Grâce à Blogger (propriété de Google, soit dit en passant), il fut correctement référencé, répondant présent aux mots clés adaptés à la conjoncture (tel CPE, Grève, UVSQ). Mais comme peu de monde semble le connaître, j'ai mis en place des petits flyers que j'ai accroché aux panneaux d'expression étudiante. Désormais, si vous le souhaitez, vous pouvez diffuser vous même autour de vous ce blog. Faisons comme les syndicats, crééons quelques goodies pour les internautes!
Pour cela, je vous ai concocté deux petits documents word, avec l'affiche à imprimer. Vous avez le choix entre deux types :
le "pleine page" paysage [cliquer ici pour télécharger]
les "quatre flyers" en portrait [cliquer ici pour télécharger]
Au final, cela ressemble à ça



Ensuite, libre à vous de les coller, de préférence sur les panneaux d'expression étudiante (et pas n'importe où).
Je tiens à préciser que ce n'est pas une basse méthode de racolage pour faire venir un max de visiteurs et que je n'ai pas chopé la grosse tête!

[GREVE] Guerre des affiches, acte 1

Premier post d'une série de trois de ma part : Ce matin, la campagne de collage sauvage d'affiches sur les différents bâtiments de l'université. Pêle mêle, on trouve : les jeunes populaires (UMP) à la BU, RED (Rassemblement des Etudiants de Droite) sur le bâtiment abritant les logements étudiants et le RU et UNI (aux abords de l'université). Les affiches ont été arrachées (parce que ça fait vraiment crade et parce que ça ressemble plus à de la provoc', l'université de Saint Quentin en Yvelines étant notoirement à gauche) dans la matinée. Voici donc un billet qui fait très "faits-divers-chiens-écrasés', mais qui, pour rajouter un peu plus de matière, est augmenté de quelques photos prises par votre serviteur :


UMP à la BU

RED (1) sur le bâtiment du CROUS

RED (2) sur Vauban

Une chose est sûre, la guerre des affiches est lancée. L'outrageuse provocation arrachée ou annotée de commentaires pertinents (second degré inside), l'harmonie est revenue à l'UVSQ!

19 mars 2006

[GREVE] La jeunesse dans une impasse... Mais quelle impasse?

Hier, aujourd’hui et sûrement encore demain, la France toute entière est secouée par un véritable raz de marée : le CPE ! Une question simple ici : à quoi sert le contrat première embauche ? Il y a plusieurs définitions mais hélas les deux seules que l’on entend tout le temps en ce moment, à la télé, à la radio, dans la rue et autres écoles ne font pas vraiment avancer le débat….
Pour le gouvernement il s’agit de la réforme la plus aboutie en matière d’emploi pour les jeunes et surtout pour ceux en difficulté (entendez par là ceux qui n’ont pas de diplômes) ; enfin pour les étudiants, syndicats, et autres oppositions, il s’agit du plus mauvais moyen d’aider les jeunes à obtenir un travail et à les installer durablement dans la précarité. Ce terme est d’ailleurs très intéressant à explorer dans le cadre de la jeunesse.
On dit que la jeunesse est dans la précarité depuis longtemps. La gauche dans son ensemble parle d’un problème qui persiste depuis que la droite est à la tête du gouvernement – il est vrai que la situation a été empirique depuis – La droite, elle, fait remonter la précarité à Mitterrand et à ses divers gouvernements, qui il est vrai, n’ont pas vraiment réussi non plus dans se domaine (inutile de rappeler les nombreuses tentatives de réformes). Pour moi ceci est un faux débat – les uns et les autres sont tous plus ou moins responsables de cette situation. N’oublions pas qu’il y a eu cohabitations sous Mitterrand et Chirac et que Allègre et autant Balladur, alors respectivement ministre de l’éducation nationale et premier ministre, se sont cassés les dents sur les révoltes étudiantes et des profs. Et si le vrai problème n’était autre que la volonté des français à toujours tout contester ?
Une des vérités qui me vient alors en esprit est que notre pays est vraiment ingouvernable et qu’il est impossible de proposer quoi que se soit sans déclancher des manifestations.
Revenons au CPE. Quoi qu’en disent les syndicats, les politiques d’opposition et surtout les étudiants, le débat passionné qui oppose ceux qui sont pour et ceux qui sont contre est loin d’être gagné d’avance. Jamais les français et les étudiants n’ont été aussi divisés. Si comme d’habitude certains partis politiques et associations étudiantes ont tendance à généraliser et à affirmer haut et fort que tout ce qu’ils disent est pensé par la majorité des étudiants, ils se trompent. Les A.G de notre université nous le prouvent. Une assez faible mobilisation et un dialogue très difficile et perturbé.
Deux exemples pour illustrer mes dires : jeudi 16 mars à l’AG, il était impossible de dialoguer tant il y avait de bruit, chaque intervention étant sifflée par les uns ou applaudi bruyamment par les autres empêchant ainsi la bonne tenue de l’assemblée (une AG à l’image du débat télévisé du même jour et qui n’a non seulement pas fait avancer les choses, mais a révélé l’incapacité de nos politiques, des syndicats et des associations étudiantes) . Deuxième exemple, il a été impossible jusqu’à présent d’entendre un son de cloche différent que celui de la partie contre le CPE. – on pourrait en effet reprocher à ceux qui sont pour de ne pas s’exprimer, mais comment ne pas les comprendre devant tant d’agressivité d’un auditoire et de divers représentants étudiants devant le moindre discours un peu différent du leur (je retiens l’intervention d’un jeune homme pris à parti après son discours par des représentants étudiants, alors que celui-ci exprimait son droit légitime de pouvoir étudier et ainsi demander à ce que la FAC ne soit pas bloquée – un jeune qui par ailleurs a voté pour la reconduction de la grève – preuve qu’étudier et être contestataire ne sont pas incompatibles).
Je regrette ainsi que l’individualité s’efface trop devant un groupement de gens qui ne réfléchissent plus que par la ligne de conduite imposée par quelques leaders. Je pense que l’UVSQ a un grand rôle à jouer dans ce débat mais il lui reste encore a mieux à s’organiser afin d’espérer obtenir une plus grande influence et surtout une plus grande majorité de vote pour la grève sans recourir à une infime minorité qui hélas ne venait pas de notre université. Notre FAC est jeune et moderne et il ne tient plus qu’à nous de la faire grandir au rang des grandes universités parisiennes (déjà !).
Quelles solutions pour le CPE ? Pour ma part je suis sceptique tout en reconnaissant que le postulat de départ est bon. Je m’explique : Si la jeunesse est dans la précarité depuis longtemps, ce n’est pas en faisant rien (comme certains anciens ministres très populaires qui de peur de perdre de leur popularité n’ont rien fait dans l’éducation ni dans l’emploi !) que nous trouverons du boulot et un emploi stable plus tard. L’idée de donner des stages est bonne également car dans n’importe quelle entretien d’embauche on demande les qualifications et l’expérience. Cependant je suis contre une si longue période qui pour moi n’est pas forcement nécessaire. Le fait de pouvoir être licencié à tout moment est une grosse tache dans le projet et doit être rayé immédiatement. Par contre en ce qui concerne la précarité, le Premier ministre a essayé de donner des garanties qui n’étaient pas prévu initialement dans le CPE, preuve que la mobilisation a été et doit rester nécessaire et que le premier ministre n’est pas aussi sourd (n’oublions pas qu’il n’a pas dit comment il allait trouver tous les sous !!!). Par contre l’étude plus minutieuse du texte m’a permis de remarquer que pas mal d’arguments exprimés par les opposants au projet ne sont pas fondés, d’où la nécessité pour chacun de s’informer sur le CPE par lui-même et non pas par la bouche d’autres personnes convaincues (qu’ils soient pour ou contre !).
Ma soluce ? Je n’en ais pas vraiment et se serait très vaniteux de ma part ! J’ai des avis – je suis pour le retrait, une nouvelle analyse et une nouvelle proposition négociées, ou alors une renégociation très rapide, et avec le retrait des différents points les plus sensibles et notamment le licenciement abusif. De plus, je préfère un projet renégocié sur de bonnes bases, dans le calme, plutôt qu’un nouveau texte proposé par l’opposition qui est pour l’instant irréaliste et économiquement désastreux devant le gouffre des dettes de l’Etat (proposition fait par une ancienne ministre de l’éducation nationale, qui ma foi, n’a pas fait long feu) et portant le nom de la fille à notre ex ex-premier ministre !

Hack de damien : le vilain admin est passé par là pour faire quelques corrections de présentation

[GREVE] 1ère, 2e, 3e génération, tous mobilisés contre le CPE !

Toutes les générations se sont réunies dans la rue pour exiger le retrait du CPE mais également du CNE : de 7 à 77 ans, étudiants, lycéens, salariés, retraités, tous étaient présents ! 1,5 millions pour les syndicats, 3 fois moins selon le police : on passe du simple au triple. Mais une chose est sûre, le mouvement s'est amplifié par rapport à la grande manifestation du 7 mars.
Quand je suis arrivée à la fin de la manifestation à Nation, il était 18h30 et des cortèges en attente à Denfert-Rochereau n'avaient toujours pas commencé à battre le pavé. Ainsi le cortège s'étirait sur 6 km en longueur et s'étendait jusque sur les trottoirs, sur la largeur.
A cet appel de la rue, De Villepin et son gouvernement semblent faire la sourde oreille. Désormais un ultimatum est lancé : les syndicats salariés ont déclaré que si lundi soir le gouvernement ne retirerait pas le CPE, un appel à la grève serait lancé et une journée d'action serait prévue le jeudi 23 mars.
Je n'ai qu'une chose à dire : "Qui sème la misère récolte la colère", et cette colère loin de s'atténuer, s'étend et s'intensifie !

18 mars 2006

[GREVE] : Le CPE, presque dans l'impasse...

Pas de triomphalisme, ce n'est pas encore fait. Mais il faut avouer que cette semaine fut intense en termes de désaveu contre le CPE :
Au niveau local, l'UVSQ a rejoint le mouvement de contestation mardi dernier (14/03/2006), et a participé à sa première manifestation jeudi dernier (16/03/2006).
Au niveau national, jeudi était le jour de la grande manifestation contre le CPE. Contrat rempli, puisque selon les chiffres (comme d'habitude avec un delta important) le nombre de manifestants compris entre 247 000 et 500 000 individus. Bon point, puisque c'est plus que la manifestation du mois dernier (chiffre non trouvé, merci de me l'adresser en commentaire).
Plus emblématique, fut la publication le même jeudi d'un sondage CSA, où 68% des français sont "pour le retrait du CPE", ce qui devrait normalement faire réfléchir nos dirigeants.

La manifestation de jeudi dernier fut très médiatisée, notamment pour les incidents et heurts qui l'ont émaillé en fin de journée. Toutefois, il ne s'agissait pas en majorité d'étudiants, mais plutôt de casseurs et autres militants d'extrême droite "casqués et armés de barres de fer", qui n'ont aucun rapport avec le reste du mouvement. Au contraire, les ravages qu'ils ont provoqués dans le quartier latin pouvaient dans leur idée servir à discréditer le mouvement, liguant contre eux le reste de la société française. Raté, puisque la société française, ce ne sont pas que des citoyens qui regardent leur poste de télévision, écoutent la radio ou lisent les journaux, ce sont aussi des pères et mères de famille qui s'inquiètent pour l'avenir de leur fils ou fille. En cela, on peut expliquer le fort résultat du sondage que j'évoquais quelques lignes plus haut.

Ecoutant moi même la radio ce matin (Europe 1 notamment) deux chroniques : "La France vue par la presse anglo-saxonne de Jean-Bernard CADIER", et "L'éditorial politique de Catherine NAY". La première présente l'oeil des journaux anglos-saxons :
"Il y a dans le vocabulaire politique français des mots intraduisibles en anglais : précarité (Observer). Pourtant c'est un mot indispensable pour comprendre la France d'aujourd'hui. Dans l'ensemble, le CPE est une bonne idée mal présentée : Dominique de Villepin a été imprudent de faire passer une nouvelle loi sans concertation préalable et sans se conformer à des procédures habituelles.
Le Guardian prend au sérieux le débat en France, et écrit que seule la France a une capacité unique de rappeler au monde quelles sont les questions importantes.
Le New York Times explique qu'en France les manifestations sont le seul moyen de se rappeler au gouvernement.
Le Financial Times se demande comment va se terminer la crise. D'ordinaire, Jacques Chirac cède aux jeunes, mais cette fois-ci, il soutient son Premier Ministre. Le Financial Times parle aussi du soutien ambigu de Nicolas Sarkozy. Si le gouvernement recule, il lui sera difficile de demander des réformes. En conclusion, Chirac, De Villepin et Sarkozy pourraient être comparés à trois alpinistes encordés. Si l'un tombe, il entraînera dans sa chute les autres

L'éditorial de Catherine NAY fait une rétrospective de la politique d'emploi de Dominique de Villepin, depuis son accession au poste de Premier Ministre.
A son installation comme Premier Ministre, Dominique de Villepin avait reçu les partenaires sociaux, en parlant de "flex-sécurité", son projet pour l'emploi, sans aller plus loin. Le CNE, adopté par ordonnance avait créé une première surprise. C'était risqué, mais ça marche, apparemment 350 000 auraient été conclus. Encouragé par ces résultats, le Premier Ministre a voulu aller plus loin. suite à la crise des banlieues, il propose une sorte de clone du CNE, le CPE, sauf qu'il concerne les entreprises de plus de 20 salariés. Il avait ses raisons politiques, face au Ministre de l'Intérieur, il entendait démontrer qu'il pouvait être un possible rival pour Nicolas Sarkozy. Dans une sorte d'échappée du peloton, il a concocté le CPE tout seul : ses ministres, sa majorité et les syndicats l'ont découvert seulement au moment où il l'a présenté, le 16 janvier. Cette précipitation était l'erreur à ne pas commetre, surtout en termes d'emploi pour les jeunes. L'histoire des 20 dernières années regorge d'exemples. De plus, l'absence de pédagogie et de patience envers l'opinion a fait apparaître un "contrat kleenex", voire un problème de société. Les syndicats se font donc intransigeants, bien que pour l'heure, Dominique de Villepin se refuse à toute interruption du processus. Pourtant, hier face aux directeurs d'universités qui lui ont dit "on va au clash", il a laissé quand même entrevoir la possibilité d'un dialogue.

Au regard de ces deux articles, un point commun domine : la précipitation de notre Premier Ministre a braqué les deux tiers de la population.

Enfin, une "perspective" trouvée dans le 20 Minutes d'hier : Celle-ci avance que le CPE est en état de "mort clinique". Rien que ça!
Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si le CPE est bon ou mauvais pour l'emploi, s'il doit être retiré ou maintenu [...] La rue ne fut que l'ultime hémorragie ; il avait déjà été mis à mal par la précipitation, la négligence et la légerté [...] L'amateurisme fut l'autre marque de fabrique du CPE et avant cela du CNE ; on les sait d'une extrême légerté juridique ; ni l'un ni l'autre n'échapperaient à un tir de barrage d'actions en justice menées par les salariés licenciés sans motif dans le cadre de ces nouveaux contrats.

Après ce portrait sans concessions, le chroniqueur démontre aussi que 20 années de politique continue en termes d'emploi que ce soit de la gauche ou de la droite, n'ont pas arrangé la situation : "la droite et la gauche s'étant piteusement passé le relais de mesurettes dans ce domaine". Eh oui, les vérités sont difficiles à entendre.

Le dernier coup de semonce, ce sont les sarkozystes qui le donnent (par le biais de Patrick Devedjian, Monsieur Grande gueule de la droite voir le billet "Etudiants, méfiez vous, la droite vous diabolise") :
Patrick Devedjian a jugé vendredi 17 mars que le Premier ministre Dominique de Villepin a fait un "choix un peu aventureux" avec le Contrat première embauche. Ce proche de Nicolas Sarkozy estime en outre que, sans dialogue social approfondi, le CPE "ne peut être qu'une mesure d'expérimentation".
"Nous aurions fait sans doute autrement si Nicolas Sarkozy avait conduit la politique du pays", note Patrick Devedjian dans un entretien à Radio Notre Dame, RCF et La Croix, publié vendredi dans le quotidien. "Mais quand on est sur le même bateau, on suit les instructions du capitaine".

Et pan, le coup de poignard dans le dos! "Si Nicolas Sarkozy avait conduit la politique du pays". Cette phrase acerbe ne pourrait être qu'un coup d'esbroufe, quand on lit l'interprétation que le postais plus haut (celle des alpinistes)... Ne lui laissons pas ce plaisir!