27 décembre 2006

[BLOG] Avis de Spam...

Bien que je sache pertinemment que de moins en moins de visiteurs passent céans, et plus encore commentent les articles, je me vois obligé d'activer la modération. Non pas pour des commentaires qui ne me conviennent pas, mais pour des commentaires non souhaités. A l'instar du spam sur votre adresse e-mail, le blog vient d'être victime d'une attaque de spam renvoyant vers des sites refourguant en masse du viagra et autres produits à la <beep>. Et leur éradication étant très longue (je suis obligé de passer d'un post à un autre pour contrôler les commentaires), je préfère les bloquer à la source.

Toutefois, rien ne vous empêche de commenter, la modération n'équivaut en aucun cas à la censure...

06 octobre 2006

[CYBER-CITOYENNETÉ] Bereno, ou le blog et l'inspecteur du travail blogueur censurés

via : Le journal d'un Avocat | Le Monolecte | Ashram de Swâmi Petaramesh

La blogosphère est un monde totalement à part dans notre paysage médiatique. Au delà de la mode du blog "3615 my life avec my photos de my potes et my délires", sont apparus de très bons blogs, avec plus de textes que d'images, mais qui ont pour effet de faire gamberger l'internaute au delà des réflèxes reptiliens. Heureusement que la blogosphère comprend ces espaces d'interaction, remarquables à la quantité parfois impressionnante de commentaires ou de trackbacks (malheureusment non supportés céans).
Si aujourd'hui je vous parle à nouveau de ces blogs textuels, c'est parce que la liberté d'expression vient encore de prendre une claque. Le blog, c'est la possibilité pour Monsieur ou Madame Tout le Monde de pouvoir prendre la parole et de se réapproprier une partie du débat citoyen. D'expliquer leur vie, leurs opinions, leurs pensées, voire leur métier, une fois que les précautions d'usage sont prises : neutralité du propos, pas de mentions de nom de personne ou d'entreprise etc. Ce qu'appliquent par exemple Maître Eolas dans son excellent blog juridique que j'ai déjà présenté ici lors de la crise du CPE. Ce qu'appliquait également un blogger qui m'était pour moi inconnu, et que je n'ai appris l'existence par le triste évènement que je vais vous décrire ci-après. Maître Eolas veut "faire des vagues", à nous d'apporter le vent amplificateur de ces vagues.
Bereno était (est encore, bien heureusement) un inspecteur du travail. Il tenait un blog, hébergé sur Le Monde, sur son travail, expliquant des cas de figure, des affaires qu'il avait eu à traiter. L'inspection du travail pouvait se montrer dans sa dimension initiale, celle de défenseur des travailleurs, qui sous la houlette de dirigeants peu scrupuleux, voyaient leur position confiner parfois à l'exploitation. Ce travail d'explication au grand public, il le faisait de manière neutre, effaçant les noms, les lieux, les dates, pour ne garder que les faits, les pourquoi.
Ce blog avait acquis une grande renommée, au point d'être placé en page d'accueil du journal Le Monde attirant un grand nombre de visiteurs, entraînant un grand nombre de commentaires, d'interactions, d'échanges. Ce blog, venait de fêter mi-septembre sa première année d'existence.
Aujourd'hui, tout lien renvoyant vers ce blog se solde par un laconique "TypePad : this account has been suspended". En effet, la hiérarchie de Bereno a appris l'existence de son blog et lui a intimé la fermeture de cet espace. Rien que cela. Aux dernières nouvelles, Bereno n'a souffet d'aucune sanction liée à la publication de son blog, l'ayant purement et simplement anihilé de la Toile. Cette censure, pour les raisons qui ne sont pas les bonnes, est totalement inacceptable, Bereno, dans le peu que j'ai pu lire de lui était neutre, mettait en lumière des pratiques peu reluisantes, et montrait à tous ce à quoi les inspecteurs du travail était confrontés. Surtout, cela permettait à tout le monde de prendre conscience du côté obscur (pff classique) que peut revêtir le travail en entreprise, et de savoir, pour nous, futurs employés, à quel sauce dans le pire des cas nous serions mangés.
Où est l'affront? Où est le franchissement du devoir de réserve que se doit d'avoir un fonctionnaire de l'Etat? Rien de tout cela dans ses textes. Mais censuré pour publier des textes qui dérangent, qui font réagir.

Mais il n'y a pas lieu ici de s'apitoyer. Ce qui est fait est fait, mais nous avons un allié que la censure ne peut contrôler. Votre ordinateur, les serveurs sont tous des unités qui stockent, copient, envoient et reçoivent. La censure a tué le site principal? Refaisons-le renaître sur d'autres serveurs ! Cela est tout à fait possible. Comment s'y prendre?

La fonction "cache" de Google est très puissante. Pour améliorer les performances du moteur de recherche, une armée de "robots" aspire le contenu web pour mieux le recracher au premier mot clé entré. Donc il a été possible de récupérer une grosse partie de l'oeuvre de Bereno
Ensuite, le principe de republier avec des mots clés spéciaux initie un phénomène de Google Bombing. C'es le principe qui a permis au fim Iznogoud d'arriver en deuxième position quand on tapait "Sarkozy" dans Google... Donc avec des mots clés tels que "Bereno, blog, blogueur, censuré, inspecteur du travail".
Ce travail de republication a déjà en partie été réalisé, puisque de-ci de-là, fleurissent l'intégrale des posts de Bereno, la technique étant de reprendre au hasard un des billets de Bereno et de le poster en rappelant son origine, et sa date. Parce que nos gouvernements n'ont pas à bafouer une des lois les plus fondamentales des droits de l'homme : la liberté d'opinion, d'expression et de publication.

Ci dessous, un éventail des liens pour lire l'excellente prose de Bereno :
Bigupload contient en ses entrailles un an de blog au format PDF
Exacer.be contient tous les textes en accès direct

Plus d'infos sur le mouvement de contestation de la blogosphère ;
irrepressible.info (Amnesty International)

S'il vous prenait l'envie de reprendre sur votre blog un texte de Bereno, il faudra pour rendre efficace l'opération de republication faire un trackback, si votre plate-forme de blog le permet (typePad, DotClear etc.) ou un commentaire dans ce billet pour manifester votre publication.

Parce qu'internet n'appartient pas à une poignée de décideurs. D'ailleurs, le prochain post sera dédié à Bereno.

02 octobre 2006

[VIE ETUDIANTE] Quand la rentrée rime avec bordel

Ca y est, c'est bien la rentrée : des milliers d'étudiants grouillent dans les couloirs de la fac. Et c'est la rentrée pour le blog aussi.
Cette rentrée pour les étudiants en master d'histoire dont je fais parti a été plutôt chaotique entre les réunions fantômes, les réunions dont nous étions informés que très tard de l'horaire et du lieu, les déplacements à la fac inutiles, la rentrée décalée d'une semaine... En bref, la pêche aux informations a été ardue et des fois sans résultats.
Enfin, pour beaucoup les cours ont déjà commencé depuis une semaine et j'espère que votre rentrée s'est mieux passée.
Je n'ai plus qu'à souhaiter à tous bon courage pour cette nouvelle année universitaire !

11 juillet 2006

[BLOG] Fin de cycle, fin de vie?

A présent, la boucle est bouclée, après cinq mois de fonctionnement, la fin des partiels et les congés estivaux ont mis en sommeil ce blog. Les résultats étant parvenus depuis peu (la semaine dernière), la plupart d'entre vous devez à présent goûter à un repos bien mérité (certainement beaucoup se sont lancés dans une autre forme de travail, rétribuée cette fois en espèces sonnantes et trébuchantes, et non en notes sur 20).
Je profite de ce message pour vous dire que l'année prochaine je ne ferai plus partie de cette université, mais de celle de Paris 8. En effet, je viens de terminer le premier cycle universitaire institué il y a deux ans, c'est à dire la licence. Je ne sais donc pas si ce blog survivra ou s'il sera repris par les autres contributeurs et amis. Tout dépendra de leur temps libre et des évènements qui se dérouleront à Saint Quentin.

Il me reste qu'à vous souhaiter une bonne continuation et de bonnes vacances.

15 juin 2006

[COURS] Ah! si nous avions la technique déployée à Lyon.

Et c'est reparti pour un tour! Le geek qui sommeille en moi vient de se réveiller une nouvelle fois. Cette fois-ci il va vous parler de podcasts. Ceux qui ont déjà un iPod savent de quoi je veux parler, il s'agit plus ou moins du concept du blog, de l'émission radio adaptée à un baladeur numérique. Ce phénomène qui connaît un vif succès vient de faire son entrée dans l'université de Lyon II.

Il s'agit tout simplement, d'enregistrer les cours magistraux, et de les mettre à disposition des étudiants, ce qui dégage l'étudiant de la tâche de prise de notes (qui a dit que les étudiants deviendraient encore plus feignants?) lors du cours (mais qui les oblige à remettre le tout par écrit le soir, sous peine de devoir acheter des disques durs taille "jumbo" pour stocker toute une année de cours en MP3).

Plus d'information via 01.net.

Des chances de voir ça chez nous? Heu, pour cela, il faut que les profs se portent volontaires (et cela entraîne une réflexion quant à propriété intellectuelle de leurs cours, ce dont avait été victime notre ex-site Cours Histoire UVSQ), et que l'université assure la mise en ligne.

[VIE ETUDIANTE] Fin de l'année, début d'une autre

C'est la fin de l'année universitaire 2005-2006. C'est les vacances, les jobs d'été,... Mais c'est aussi le moment de penser à son avenir.

La réunion d’information de Capes-Agrégation d’histoire-géographie aura lieu :
Mercredi 21 juin 2006
A 11h
Amphi 4

11 mai 2006

[VIE ETUDIANTE] Tous nos contributeurs sont occupés, veuilliez essayer ultérieurement

Vous avez certainement remarqué l'encéphalogramme plat concernant les nouveaux articles de ce blog. Bien sur, nous ne l'avons pas laissé tomber une fois l'affaire CPE terminée. Mais comme dans deux semaines, ce pourqui nous travaillons depuis trois ans prendra fin, il s'agit du dernier coup de collier à mettre avant trois à quatre mois de repos.

J'aurais pu parler évidemment de ce qui fait avancer tous les journaux français en ce moment, l'affaire Clearstream, ce qu'on appelle le "Watergate à la française". Mais encore une fois, je n'ai pas le temps. Et les révélations vont tellement vite, l'affaire étant complexe, je préfère ne pas m'avancer pour le moment.

Pour ce qui nous intéresserait plus, je pourrais dire que localement, une bonne nouvelle pour les possesseurs d'ordinateurs portables à Saint Quentin : le réseau Wi-Fi se déploie petit à petit. J'ai pu m'y connecter depuis le bâtiment d'Alembert. Curieux pourtant que personne à la fac l'ait annoncé. La connexion est sécurisée, et utilise les mêmes codes d'accès que ceux que vous rentrez à la Bibliothèque. Je n'ai pas encore essayé à Vauban, mais nul doute que cela ne devrait plus tarder.

Donc pour ceux qui ont initié les révisions, ou qui finissent en urgence leurs derniers exposés (comme moi), bon courage!

28 avril 2006

[MEDIAS] Les archives de l'INA sur vos écrans!

Il s'agit d'une première mondiale, puisque l'INA (Institut National des Archives) permet l'accès en ligne de tous ses contenus numérisés gratuitement pour la consultation et en "pay-per-view" (ou téléchargement payant pour en profiter en téléchargement, avec des prix compris entre 1 et 8€ par programme). Les fonds archivés et mis en ligne représentent 10% des fonds, 10 000 heures de radio et de télévision. Il n'est pas encore possible de trouver tout ce que l'on veut, mais le catalogue s'enrichira à un rythme de 500 heures de programmes par mois.
Le site semble avoir été victime de son succès, et la navigation prend beaucoup de temps (en quelques heures, près de 6 millions d'internautes ont tenté de s'y connecter), les requêtes et la consultation mettent du temps à aboutir (

Les étudiants en histoire contemporaine ou très contemporaine vont pouvoir à terme profiter d'archives d'événements récents, mais les autres étudiants pourront profiter à terme de documentaires diffusés. Seules les chaînes hertziennes sont concernées (avec leurs anciennes appellations : Antenne 2, FR3, TF 1, ORTF etc.), et l'on trouve déjà des épisodes des Shadoks par exemple, ou des archives d'événements marquants (le premier pas sur la Lune évidemment)

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ici : INA/Archives Pour Tous

25 avril 2006

[CHIENS ECRASÉS] L'université évacuée

Non, ce ne sont pas les manifestants contre le CNE qui ont pris d'assaut l'université. Non, ce n'était pas un attentat terroriste en plein coeur de la ville nouvelle... Mais un incident tout simple, aux complications que je ne suis pas en mesure de saisir entièrement.
Si ce n'est que le courant a été coupé dans tous les bâtiments vers 10h30. Puis la Bibliothèque a été fermée pour la journée. Enfin, vers 14h tous les bâtiments ont été évacués.
Apparemment un incident dans un transformateur EDF attenant à la fac. Des bruits circulent aussi d'un départ de feu à la BU (liés ou non, je ne le sais pas)...

Mouais. A la relecture, je vois que je ne suis pas fait pour le journalisme.
S'il y a des "témoins" merci de commenter.

21 avril 2006

[POLITIQUE] Quatre ans déjà... et des perspectives moroses pour l'an prochain

En ce jour anniversaire de la plus grosse pantalonade électorale qu'ait pu subir le Parti Socialiste, les journaux, la radio, la télévision reviennent en choeur sur les évènements d'il y a quatre ans : la seconde place du Front National, la sortie la tête haute de Lionel Jospin ("j'assume la responsabilité" etc. etc.), à tel point qu'à la veille de chaque élection son fantôme flotte au siège du PS, rue de Solférino, les manifestations monstres contre le FN, le second tour et le quasi plébicite de Jacques Chirac, qui, avec 82% des suffrages exprimés, puis par une Assemblée Nationale à sa botte (environ 2/3 pour la droite), beaucoup (dont moi à l'époque) ont pensé que la France allait pouvoir enfin reprendre le chemin d'un gouvernement fort, que des réformes allaient pouvoir être entreprises, et que le marasme de la cohabitation n'était qu'un mauvais souvenir.
Quatre ans après, qu'en est-il? Des réformes, il y en a eu : retraites, sécurité sociale, emploi. Mais ce que l'on retient, ce sont les crises que le gouvernement a du affronter : face aux retraites, face à la canicule, face aux jeunes des banlieues, puis dernièrement face aux étudiants mobilisés contre le Contrat Première Embauche. Sans compter les différentes affaires qui ont pu discréditer ledit gouvernement : le Non au Référendum sur la Constitution Européenne (et deux hommes politiques qui auront contribué à conforter les français sur leur position de refus : le président de la République et son Premier Ministre, Jean Pierre Raffarin - "Win The Yes Needs The No To Win Agaisnt The No"), la bataille entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac puis Dominique de Villepin, le camouflet du Clémenceau (qui au passage aura coûté plus cher à faire des allers-retours qu'à être démantelé en France), puis les manoeuvres politiques qui rendent la crise encore plus forte (la promulgation mais non application du CPE en est un très bon exemple).
Si je fais ce court - et pas forcément pertinent - résumé de quatre ans de pouvoir par la droite, c'est parce que le parti qu'on pensait désormais vaincu après le second tour semble gagner de l'audience. Le dernier sondage IFOP, paru vendredi dernier donne des frissons :

35% des Français pensent que l'extrême droite enrichit le débat politique (65% d'avis contraire).

Jean-Marie Le Pen (48%) est toujours en tête des personnalités incarnant le mieux l'extrême droite.

Ce sondage montre que ceux qui estiment que l'extrême droite enrichit le débat politique estiment que sa contribution est la plus utile en matière d'immigration (43%), puis sur la sécurité (31%). Viennent loin derrière le chômage (14%), l'éducation (7%) et la protection sociale (5%).

A ce rythme, on entend déjà le principal intéressé faire des bruits de sabre pour le scrutin de l'an prochain. Mais que font les partis modérés pour contrer le FN? Pas grand chose malheureusement : à gauche, les divisions vont bon train (les ténors du PS veulent tous leur part du gâteau), à droite, les discrédits rendent la majorité de moins en moins appréciée. A l'extrême gauche, on reste encore dans un situation d'affront qui n'engage que leurs militants. Et à l'extrême droite? On attend (Cf un sketch des Guignols de l'Info, presque prémonitoire).
Toutefois, il s'agit de la vision la plus pessimiste. Selon d'autres observateurs, l'UMP by Sarkozy aurait récupéré un bon nombre de militants FN, et le parti de Philippe De Villiers a repris les formules choc de Le Pen (lutte contre "l'islamisation de la France"). Mais est-ce suffisant? Le principal intéressé de l'histoire se présente comme "le seul probablement actuellement à pouvoir incarner une véritable alternative avec ce que j'appellerai le pouvoir UMPS". Réjouissant.
Que peut-on faire pour contrecarrer cette perspective peu engageante? La balle est dans le camp des partis modérés, qui devront porter sur la place publique tous les débats de société : emploi, sécurité, économie, culture etc. Il y a certainement dans l'opinion française une lassitude, et celle-ci mérite qu'on y réponde.
En attendant, il reste presque un an de campagne électorale, de nombreuses surprises nous attendent...

15 avril 2006

[Environnement] Et si le futur était le passé...

Ah qu’il fut bon ce temps où cette jolie région qui est la mienne était connue et reconnue pour ses vastes étendues agricoles et régulièrement soumise aux caprices du dieu Eole. Qu’il fut bon ce passé dans lequel des dizaines de générations se sont servies de ce que dame nature avait bien voulu leur confier. Dame nature fut généreuse, elle confia à ces hommes et femmes deux biens précieux : le vent et l’eau.

Ce n’est pas la nostalgie qui m’amène à évoquer mes souvenirs de jeunesse passés à parcourir les multiples sentiers de Beauce, c’est encore moins par nostalgie que j’en viens à regretter ce maudit jour où l’on a cru bon s’affranchir des offrandes de dame nature et que l’on a décrété l’arrêt de mort de l’une des plus grandes invention de l’homme : le moulin.

Cet intérêt pour le moulin n’est pas sans une certaine arrière pensée. En effet, le moulin n’est pas qu’un vulgaire engin qui a servi à moudre du grain pendant plus d’un millénaire, il peut également se vanter d’avoir été le premier instrument créé par l’homme spécifiquement pour transformer l’énergie hydraulique et éolienne en énergie mécanique. Cette transformation d’une énergie hydraulique ou éolienne en énergie mécanique aurait, tout à fait pu permettre de créer, à moindre frais, de l’énergie électrique.

L’intérêt du moulin n’est pas que celui-ci, équiper un moulin d’un générateur n’empêche nullement celui-ci de moudre du grain comme il le faisait avant. Certes, cela coûte plus cher à produire, mais cette augmentation de tarif peut largement être compensée en faisant, par exemple, visiter le moulin et en vendant le surplus d’énergie. Ce moulin est également composé d’un toit qui peut être recouvert de panneaux photovoltaïques qui peuvent augmenter la production électrique du moulin et contribuer à faire diminuer son coût de fonctionnement.

Cette solution permettrait, de surcroît, d’améliorer la perception de la production éolienne de l’électricité grâce à l’adoption d’un instrument de production parfaitement intégré dans le paysage local. C’est ainsi que je suis persuadé que ce type d’installation doit fleurir à nouveau en Beauce et que le bon vieux moulin a toujours l’avenir pour lui.

13 avril 2006

[C.P.E] Il est temps d'arrêter la baston...

Cet article a deux buts : le premier d'annoncer les funérailles du CPE, puisque la proposition de loi pour remplacer le CPE par des dispositifs d'aide à l'emploi a été voté et par l'Assemblée Nationale (151 pour, 95 contre) et par le Sénat (158 pour 123 contre).
Donc voici la deuxième partie de l'histoire : normalement, les dernières facs bloquées doivent pouvoir reprendre les cours. Sauf qu'aux journaux de 20 heures de ce soir, l'on a pu voir des images inhabituelles : A Nantes, Rennes, Toulouse et Montpellier, des étudiants ont refusé le vote à bulletin secret et empêché la tenue de ces référendums, qui auraient sans aucun doute abouti à un retour à la normale.
Peut-on vraiment parler à ce moment d'un mouvement encore légitime? Ce pourquoi ils se sont battus a été retiré, ok, c'est bon, maintenant, il est temps d'arrêter la baston et de finir l'année en roue libre.
Dès lors, qui sont ceux qui persistent à bloquer? Des jusqu'auboutistes ou des antennes de syndicats étudiants plus combattives que la normale. Toujours est-il que si vote il y a eu, il fut à main levée (facile de compter quand les votants s'étalent sur un espace très large, donc plus approximatif). Une image passe également, celle d'un jeune brandissant un panneau "vote secret = mort du droit de grève". Peut-on parler d'un épiphénomène ou d'une reprise du mouvement? La deuxième hypothèse semble peu probable, puisque ne restent que quatre universités bloquées (même la Sorbonne a vu disparaître pendant une demi-journée ses barrières anti-émeutes avant d'être réinstallées ce soir du fait d'une manifestation passant à proximité. Pas plus d'informations pour le moment)
Il est vraiment temps que les vacances scolaires apaisent les tensions encore présentes.

12 avril 2006

[PAMPHLET] Des motivations étudiantes...

C'est par la voie de ce pamphlet, et non, par une autre manière, que je vais intervenir pour exprimer ma pensée à ce sujet. Le CPE a été retiré, néanmoins, je ne suis pas sûr que la fête doive commencer. Les problématiques qui se présentaient au gouvernement sont toujours les mêmes : un taux de chômage de 24% pour les 15-26 ans. Une solution avait pourtant été avancée par ledit gouvernement, mais celle-ci semble avoir été crucifiée par ceux que cette mesure aurait dû aider. Aujourd'hui, le problème est toujours le même, il s'agit de rendre l'accès au travail plus accessible pour les jeunes.

Prenons le problèmes à l'envers, essayons de comprendre quelles sont les motivations cachées des jeunes qui ont manifesté pour comprendre pourquoi ils ont été des centaines de milliers à manifester. Mon analyse est la suivante et je défie mes détracteurs de me prouver que j'ai tort.
Tout d'abord, il y a la peur, cette peur de quitter ses habitudes, son train-train quotidien, cette peur de se trouver jugé pour le travail que l'on exécute alors que l'on a bien souvent pris le parti de croire que nul ne pouvait, mieux que soit même, être juge de ses comportements, faits, dires et attitudes.

Ensuite, il y a la paresse qui force les moins mobilisés d'entre nous à attendre que d'autres fassent ce que ces premiers auraient dû faire et que le bénéfice de ce dur travail leur revienne finalement sans avoir, pour autant, fourni le moindre effort. C'est cette même paresse qui explique pourquoi les 15-26 ans sont les plus souvent absents en entreprise et c'est encore cette paresse qui explique que ces jeunes refusent tout jugement d'autrui. L'image qu'ils se renvoient d'eux-mêmes est déjà tellement insupportable, qu'il leur apparaît intolérable que leurs supérieurs hiérarchiques leur rappelent les règles du jeu.

Après, il y a un bas calcul politique effectué par deux entités différentes, la première, la gauche dite caviar, qui, à défaut de pouvoir résoudre le problème des jeunes, cherchent tous les moyens possibles pour déstabiliser les gouvernements en place afin de placer, en leur lieu et place, des personnalités politiques supposées de gauche, ayant des idéaux supposés de gauche, et qui, au final, s'avèrent être autant, si ce n'est plus avides de pouvoirs que ceux qui nous gouvernent ; la seconde, la gauche dite anar', qui, à défaut de pouvoir faire ressusciter les cendres de l'ex URSS et de réanimer l'héritage marxiste, souhaitent imposer une dictature qu'ils osent appeler "dictature du prolétariat", souillant, du même coup, le reste de dignité qu'il restait à ce pauvre Karl Marx, et qui n'est en fait qu'une vulgaire imposture qui semble avoir pris bien plus d'exemples des dictatures stalinienne ou encore hitlérienne que marxiste.

Enfin, il y a un calcul étudiant digne des pires potaches qui consiste à faire croire à une minorité d'étudiants, que je qualifierai de peu intelligents, que ceux-ci seraient reçus à leurs examens sans pour autant avoir à pâtir de la situation de chaos qu'ils ont provoquée, arguant même que les absences injustifiées en cours ne seraient pas pénalisées. Ces gens se sont trompés, les résultats de la prochaine session tendra à le prouver.

10 avril 2006

[C.P.E] CPE retiré, merci d'avoir joué!

Aujourd'hui lundi, la réunion statuant sur le sort du CPE vient de rendre son verdict : le CPE sera remplacé par un dispositif d'insertion pour les jeunes.

Vous pouvez en attendant, consulter cet article du Monde.

Edition du soir :
Bien, à présent que j'ai un peu de temps, je vais pouvoir à mon tour, (comme un grand nombre de journalistes, de citoyens, de blogueurs), gloser autour de ce retrait déguisé.
Tout commence donc ce matin, lors de la réunion à l'Elysée. Le premier communiqué qui paraît stipule que le CPE se conjugera désormais au passé :
"Sur proposition du premier ministre et après avoir entendu les présidents des groupes parlementaires et les responsables de la majorité, le président de la République a décidé de remplacer l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté"
Ainsi disparaîtrait un contrat mal-aimé qui n'aura survécu qu'une dizaine de jours (juridiquement, il est appliqué, mais dans les faits semblait déjà condamné par sa non-application). Il reste maintenant au Parlement de voter un texte abrogeant définitivement cet article. D'ores et déjà, un projet de loi a été promulgué, et vous pouvez le lire sur le Journal d'un Avocat (La Nemesis du CPE). Je vous en livre juste la substance :

Dans la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances, l’article 8 est remplacé par les dispositions suivantes :

« I - L’article L.322-4-6 du code du travail est ainsi rédigé:
Pour favoriser l’accès des jeunes à l’emploi et à la qualification professionnelle, les employeurs peuvent bénéficier d’un soutien de l’Etat lors de la conclusion, de contrats à durée indéterminée, à temps plein ou à temps partiel :
1° Avec des jeunes gens âgés de seize à vingt-cinq ans révolus dont le niveau de formation est inférieur à celui d’un diplôme de fin de second cycle long de l’enseignement général, technologique ou professionnel ;
2° Avec des jeunes gens âgés de seize à vingt-cinq ans révolus qui résident en zone urbaine sensible ;
3° Avec des jeunes titulaires du contrat d’insertion dans la vie sociale défini à l’article L322-4-17-3 du code du travail.

La durée du travail stipulée au contrat doit être au moins égale à la moitié de la durée du travail de l’établissement. L’aide de l’Etat est accordée pour une durée de deux ans, le cas échéant de manière dégressive.

Voici donc un cocktail de mesures ciblées. Maintenant, reste à savoir si cela sera mieux qu'un CPE (certainement, les réformes d'un sujet aussi sensible que le travail, tout comme les retraites méritent de véritables négociations avec ceux qui vont être concernés par la future loi). Toutefois, ce foisonnement de nouvelles mesures fait penser à un acrobate qui se raccroche à une ultime corde.

Maintenant, du côté des syndicats des salariés et étudiants, les premiers sont satisfaits (ce pourquoi ils se sont battus aux côté des étudiants est déclaré mort clinique), les seconds aussi (et on commence à voir le bout des blocages dans certaines facs : Rennes vote la reprise des cours). Toutefois, ils appellent tous les deux à maintenir la pression jusqu'à un texte similaire à celui cité ci-dessus soit voté à l'Assemblée Nationale (c'est à dire pendant encore cette semaine).
Certains syndicats appellent à ne pas s'arrêter au milieu du gué (CGT notamment puisque Bernard Thibault, secrétaire général pense ensuite au CNE : "Il faut maintenant se donner comme objectif d'éliminer le CNE du paysage mais à chaque jour suffit sa peine et il y a une victoire à fêter"), en se mobilisant de manière similaire contre le CNE (Personnellement, j'y crois peu, pour plusieurs raisons : premièrement, le CNE est déjà bien implanté, 400 000 contrats déjà signés ne se suppriment ou ne se convertissent pas comme ça, et deuxièmement parce qu'après avoir éliminé la menace principale pesant au dessus d'eux, les étudiants vont reprendre le chemin du travail et délaisser le CNE).

Soit je suis pessimiste ou égoïste (cela reste à votre appréciation), mais j'ai le sentiment que le combat contre le reste du projet "Egalité des Chances" soit perdu d'avance, et que le CPE, certes discuté en Assemblée Nationale et au Sénat (première lecture), du fait qu'il n'ait pas été appliqué, était bien plus facile à retirer. Et puis après s'être pris un sérieux camouflet, j'imagine mal le gouvernement reculer sur six mois de réformes.

07 avril 2006

[MANIFS] Propositions de lois liberticides

Vu dans les propositions de loi de l'Assemblée Nationale : une proposition de loi en réponse aux débordements des manifestations anti-CPE. Le texte, même pour les non juristes, est assez équivoque :
il institue (si j'ai bien compris), une sorte de hiérarchie des responsabilités : en première ligne, les organisateurs de manifestation seraient poursuivis s'il y avait des débordements lors d'une manifestation. Puis viendraient les manifestants, puis les éléments externes, venus justes pour la casse... Je vous laisse lire la suite du texte.
N° 2997

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

DOUZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 29 mars 2006.

PROPOSITION DE LOI visant à encadrer la dispersion et les débordements lors des manifestations et attroupements,

(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

PRÉSENTÉE

par M. Éric RAOULT, Député.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La société française est en proie depuis de nombreuses années à une augmentation des violences urbaines mettant à mal le principe même d'autorité de l'État. Les autorités françaises ne peuvent davantage tolérer ces atteintes à la sûreté des personnes et l'intégrité des biens.

Les récentes émeutes urbaines de novembre 2005 et l'actuelle agitation souvent violente au sein du monde lycéen et étudiant nous montrent à quel point la violence semble se banaliser et devenir un moyen normal d'expression.

La loi du 8 juin 1970 abrogée en 1981 permettait de lutter efficacement contre ces formes de délinquance collective. Or, nous sommes aujourd'hui démunis face à de telles situations.

Il devient urgent de pouvoir sanctionner ces troubles et permettre le maintien de l'ordre au sein de nos villes.

Pour ces raisons, il vous est demandé, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir adopter la présente proposition de loi.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Le chapitre Ier du titre III du livre IV du code pénal est complété par une section 5 ainsi rédigée :

« Section 5

« des conséquences des manifestations et attroupements

« Art. 431-22. - Lorsque du fait d'une action concertée, menée à force ouverte par un groupe, des violences ou des voies de fait auront été commises contre les personnes ou que des destructions ou dégradations auront été causées aux biens, les instigateurs et les organisateurs de cette action, ainsi que ceux qui y auront participé volontairement seront punis des peines de un à deux ans de prison.

« Lorsque du fait d'un rassemblement illicite ou légalement interdit par l'autorité de police administrative, des violences, voies de fait, destructions ou dégradations qualifiées de crimes ou délits auront été commises seront punis :

« 1° Les instigateurs et les organisateurs de ce rassemblement qui n'auront pas donné l'ordre de dislocation dès qu'ils auront eu connaissance de ces violences ou voies de fait, destructions ou dégradations d'une peine de six mois à un an de prison ;

« 2° Ceux qui auront continué de participer activement à ce rassemblement, après le commencement et en connaissance des violences, voies de fait, destructions ou dégradations, d'une peine de trois à six mois de prison.

« Art. 431-23. - Toute personne qui se sera introduite à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte dans le domicile d'un tiers sera punie d'une peine de six mois à un an de prison.

« Sera puni des mêmes peines quiconque se sera introduit par les mêmes moyens, dans un lieu affecté à un service public de caractère administratif, scientifique ou culturel ou s'y sera maintenu irrégulièrement et volontairement après avoir été informé par l'autorité responsable ou son représentant du caractère irrégulier de sa présence. »

Composé et imprimé pour l'Assemblée nationale par JOUVE
11, bd de Sébastopol, 75001 PARIS
Ce texte de loi reste quand même très large d'interprétation :
En cas de débordement, les organisateurs doivent prononcer immédiatement la dislocation du mouvement, dans le cas contraires, ils se verraient poursuivis.

C'est surtout le dernier article qui est important, puisqu'il interdit toute occupation de gare ou d'université. Un bon moyen de rendre tout blocage illégal, quelque soit sa nature. Evidemment, tout est soumis à interprétation diverses, de la plus légère à la plus restrictive.
Ce texte est à deux volets : il concerne d'un côté les manifestations "légales", organisées et prévues, et de l'autre, les manifestations "illégales" (pourquoi pas un "flashmob", ou "rassemblement éclair"), qui pourraient être soumises à des débordements. En clair, tout ce qui n'est pas prévu est sanctionnable. Par ailleurs, lors d'une manifestation organisée, les organisateurs pourraient se voir poursuivis pour ne pas avoir dissous la manifestation à la première poubelle qui brûle... (oui je sais, c'est exagéré).

Toujours est-il que par ce texte de loi, la majorité souhaite plus ou moins museler la population, en ajoutant des clauses presque liberticides. J'en vois dans le fond qui vont me rétorquer "Ma liberté s'arrête là où commence celle du voisin, aussi je suis libre de pouvoir prendre le train sans être bloqués, d'aller en cours sans me heurter à un barrage, de prendre la voiture sans me retrouver coincé à cause de manifestants". Ben oui, un point pour vous, mais quels seront les moyens d'expression du mécontentement de la population? Une manif qui marche au pas de l'oie?

Rassurez-vous, ce genre de loi ne semble pas prête de passer (et si c'était le cas, elle rappellerait les "lois scélérates" prises pour lutter contre les anarchistes à la fin du 19ème siècle), mais est révélatrice des soubresauts d'une République où les rôles ne semblent plus clairement attribués (confusion entre l'exécutif et le législatif, les journaux n'ont que cette expression en ce moment).

05 avril 2006

[GREVE] Une AG ou une réunion d'information?

Ce mercredi a eu lieu la dernière Assemblée Générale avant les vacances de Paques. En tout cas à l'UVSQ, les étudiants n'ont pas attendu cette échéance pour reprendre le travail et se détourner de la mobilisation étudiante... Pour commencer, je suis arrivé un peu en retard, et j'ai manqué une partie du bilan (notamment la manifestation réussie de mardi dernier).

Bilan :
  • La mobilisation n'est pas qu'une question de nombre : le gouvernement n'a pas entendu alors que la mobilisation gagne en nombre. Celle-ci devra passer le cap des vacances scolaires.
  • La rencontre avec l'Intersyndicale et les parlementaires UMP n'a rien donné de plus, la réponse est la même.
  • Proposition d'un apéritif festif avant les vacances.

Perspectives :
  1. Communiquer sur le CPE avant les vacances (vendredi par exemple).
  2. Il faudrait faire plus pression sur les voies de communication ou les gares.
  3. Proposition de blocage de la gare des Chantiers à Versailles de 15h à 16h.
  4. Pour bloquer la gare, il faut être nombreux. Sinon une action coup de poing n'aura aucun impact.
  5. Attention quand on s'attaque aux transports publics, cela rend les gens nerveux. Proposition plutôt d'un sit-in dans le hall de la gare.
  6. A propos du débrayage forcé des entreprises, cela reste assez gonflé. Il faut utiliser les moyens qui nous restent et expliquer aux gens les objectifs de notre mouvement.
  7. Il faut attaquer les points vitaux de l'Etat (dans le texte : il faut le faire chier) pour qu'il retire le CPE. L'action doit se radicaliser surtout si on parvient à expliquer nos gestes.
  8. Ici, il n'y a pas de dynamique de grève, proposition d'ateliers pour relancer le mouvement d'une autre façon.
  9. Il faut élire de nouveaux représentants pour la coordination nationale de ce week-end (la semaine dernière cela n'a pas été fait).

Votes :
  • Vendredi après midi : organisation d'un apéritif festif : pour.
  • Versailles Chantiers, blocage de la gare : 15 s'abstiennent, 2 ne prennent pas part au vote, 4 sont contre, 22 sont pour. Contre vote pour un sit-in plutôt qu'un blocage : 10 s'abstiennent, 4 ne prennent pas part au vote, 13 sont contre, 2 pour.

Ce compte rendu lapidaire illustre une chose : à Saint Quentin, beaucoup sont passés à autre chose. Maintenant, je ne sais pas comment cela se passe à Versailles, mais j'ai bien l'impression que le mouvement s'est replié sur le "noyau dur". Au comptage, nous ne devions être pas plus de 72.
Autre aspect, plus animé cette fois-ci, ce fut lors de l'élection des représentants de la coordination nationale (qui se déroule du Vendredi au Dimanche à Lyon). Sept personnes se sont proposées pour y aller : les membres les plus "expérimentés", les plus motivés, "les vieux de la vieille" de la mobilisation, face à de nouveaux mobilisés. Et je ne sais pas si c'est un phénomène de lassitude face à ceux qui y vont à chaque fois, toujours est-il que ce sont trois nouveaux qui se sont fait élire, pour passer trois jours dans un amphi. Et cela n'a pas plu à tout le monde (entendu de loin : "On ne les connait pas ceux là, je ne les ai jamais vu depuis le début" : en gros, les résistants de 1945 quoi). Eh! Quand bien même ce serait le cas, un peu de sang neuf ne fait pas de mal.

Je rebondis sur cet essoufflement pour evoquer les actualités : Nanterre reprend le travail le 24 avril, Bordeaux vote son déblocage et ainsi de suite. Après un mois de blocage, beaucoup pensent désormais à rattrapper le retard. Des calendriers spécifiques ont été pris : les examens sont repoussés, la semaine de révision saute, tout est mis en oeuvre pour rattraper le retard. Reste le problème de Rennes, où le mouvement devient de plus en plus violent (CF cet article, mais à prendre avec des pincettes, je vous laisse seul juge). Cela voudrait-il dire que le mouvement pourrit? D'un côté, les affrontements entre grévistes et partisans anti-blocage, de l'autre, les casseurs. Il devient vraiment urgent pour les autorités de trouver une solution au problème.

Concernant le blocage de la gare, je doute que la circulation soit perturbée (y a des chances qu'il n'y ait pas assez de monde), et que cela se transforme en sit-in dans le hall (peut être serait-ce une solution plus sage?). Sinon, ils pourraient démonter le siège d'une permanence UMP aussi (vu à la télévision, mais pareil, cela requiert du monde pour déplacer les bureaux). La radicalisation du mouvement serait-elle la dernière phase du combat pour le CPE?

[GREVE] L'ultime manifestation? Ou le début d'une nouvelle forme de la crise du CPE?

Depuis vendredi dernier, beaucoup d'aspects de la mobilisation ont été bouleversés, par l'allocution du président de la République, puis par les différentes manoeuvres entre Premier Ministre, ministre de l'Intérieur et députés du Parlement...
Revenons quelques jours en arrière :
Vendredi soir, allocution de Jacques Chirac. Outre un petit problème de syncronisation entre l'image et le son (effet écho), le discours de notre président de la République semble toujours mollasson : à l'image d'un président semblant être complètement dépassé par les évènements. Il dit à la caméra avoir compris les inquiétudes des jeunes et des parents desdits jeunes et annonce, afin de calmer la situation, la promulgation du Contrat Première Embauche, mais demande à ne pas l'appliquer, laissant ainsi le temps au Parlement de retrouver ses prérogatives et concocter quelque chose pouvant soit rendre le CPE moins effrayant (c'est à dire débarassé des deux points les plus critiqués par l'opinion : la période de deux ans de "consolidation" et le licenciement sans explications). Ce qui ressemble fortement à un désaveu, bien que ce soit démenti par l'entourage du Premier Ministre.
Pendant le week-end,
Samedi, un sondage pour le Monde paraît, affirmant que 71% des sondés pensent que la position défendue par Jacques Chirac radicalise le mouvement (sondage Ipsos pour Le Monde), bien que la proposition de réduction de la période d'un an soit approuvée par 54% des sondés.
Selon J-F Dodriot, meneur de l'enquête :
La promulgation de la loi a été vécue comme une provocation, le président donnant le sentiment de continuer à vouloir établir un rapport de force et à ne pas reconnaître ses erreurs. Il y a une semaine, on avait l'impression qu'il serait possible d'aménager le CPE 1 pour avoir un CPE 2. Aujourd'hui, le CPE 2 est quasiment mort dans l'opinion, mais aussi dans la classe politique"
Plus encore, la déclaration de Jacques Chirac aurait pu faire baisser le pourcentage de solidaires au mouvement anti-CPE, mais celui-ci recule faiblement, de 63% à 59%. Toujours selon J-F Dodriot :
"Quand un président de la République intervient et que plus des deux tiers de la population dit que cela va radicaliser la situation, on peut difficilement ne pas dire que c'est raté"
"Un recul aussi faible avec un président qui lâche du lest, ce n'est pas pas bon"
Ainsi, De Villepin complètement à sec, se voit écarté de la suite des opérations.
Reste à savoir ce qui nous attend avec Sarkozy et les parlementaires (personnellement, je compte plus sur les parlementaires et leur bon sens que sur quelqu'un qui va se faire mousser pour l'an prochain).

Toujours est-il qu'aujourd'hui mercredi (l'auteur est un peu en retard), la première réunion entre syndicats et parlementaires n'a pas donné de réponses. "ils ont écouté", mais pour les syndicats, la suite des opérations passe par le retrait du CPE.

Tout de suite après la pub, un reportage exclusif sur la dernière AG avant les vacances

02 avril 2006

[GREVE] Les casseurs ou le gouvernement : qui est l'ennemi?

"Ah vlà la racaille!" ai-je pu entendre lors des manifestations contre le CPE. Ces mots me choquent tout particulièrement. On peut voir qu'une stigmatisation s'est opérée envers ces jeunes de quartier. C'est sûr, c'est un fait : ils ne viennent pas participer à la manifestation contre le CPE alors que cette mesure les concerne au premier abord, mais viennent juste pour casser, piquer des portables aux manifestants. S'il est tout à fait normal de mettre en place un service d'ordre pour protéger les manifestants (si on est dans le cortège et qu'on reste groupé, on ne risque rien), il est nécessaire de se poser la question "Pourquoi de telles violences de la part des jeunes de quartier ?".
Ayant participé à un grand nombre de manifs contre le CPE et à des manifs lycéennes contre la loi Fillon l'an dernier, je suis en colère de voir des jeunes cassés et s'en perndre aux manifestants. Mais je ne suis pas en colère contre eux, je suis en colère contre le système qui a donné naissance aux "casseurs". J'ai dans la tête la révolte des banlieues de novembre dernier. Les gens ne comprenaient pas pourquoi les jeunes brûlaient les voitures de leurs voisins eux-mêmes dans une situation plus que précaire et allaient jusquà brûler les écoles alors que ces dernières pourraient les faire sortir de leur merde. Mais le problème est que l'école n'a pas tenu ses promesses. Mis de côté par le système scolaire, ils se retrouvent à errer, au chômage et n'ont pas de lieu pour se retrouver (fermeture de maisons de quartier ou de MJC faute de moyens).
Dès lors, que peut-on faire lorsqu'on ne croit plus en rien, qu'on n'a plus de repères si ce n'est la loi de son quartier et la bande avec qui on traîne : il n'y a plus que la violence pour s'exprimer, c'est leur moyen d'expression contre ce système.
Mon but ici n'est pas de parler à la place des jeunes de quartier. Mais de ma propre expérience en ayant tenté de parler avec eux lors de manifs lycéennes l'an dernier, c'est ce que j'ai pu comprendre. De manière générale, ils n'ont plus de repères et ceci est valable également pour les moyens de se révolter (c'est pour ça qu'ils cassent plutôt qu'ils manifestent).
En ce sens, j'ai eu des échos comme quoi certaines facs ont mis en place des commissions "banlieues" où des étudiants vont à la rencontre des jeunes de quartier pour expliquer pourquoi ils sont contre le CPE et les convaincre de rejoindre le mouvement. Je trouve cette initiative particulièrement constructive.
Celui qu'il faut combattre c'est le gouvernement et sa politique répressive et anti-sociale ; ce ne sont pas les jeunes de banlieues !

Hack de Damien : corrections : j'disperse, j'atomise, j'ventile... Bon en attendant, je vais jouer au "français moyen derrière sa télé qui regarde les reportages sur la misère en banlieue" : pas étonnant qu'ils foutent le bazar partout, faut voir les dégradations qu'ils commettent partout! Oui bon, c'est très con et cela n'arrange rien : cela fait même le lit des partis extrêmistes...

[C.P.E] Débats générationnels...

Lu sur le Big Bang Blog (regroupant l'équipe de la très bonne émission Arrêts Sur Images, sur France 5), disponible dans les liens ci-contre : Alice Rufo, la fille du pédopsychiatre Marcel Rufo, normalienne, lance une réponse à son père sur la situation de sa génération par rapport à la sienne, celle de mai 1968. Ce dernier, concernant la "crise" (puisqu'on peut l'appeler comme cela désormais, une fronde de la jeunesse face à ses dirigeants), préférait que les étudiants passent leurs examens puis "convoquent des Etats Généraux". Le texte intégral est visible sur un article de l'Express :
J'ai bien peur que l'idée de faire des états généraux de la jeunesse - comme, en 1789, on avait convoqué le tiers état pour connaître ses doléances - ne soit précisément le signe d'un conflit de générations. La jeunesse n'est pas une classe sociale mais l'avenir, c'est-à-dire la seule classe générationnelle qui compte. Tu te souviens du mot de Sieyès?
1. Qu'est-ce que le tiers état? Tout.
2. Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? Rien.
3. Que demande-t-il? A être quelque chose. Que demandent les jeunes? A être quelque chose. De fait, ils ne sont rien. «Il faut qu'ils aillent passer leurs examens», dis-tu. Le postulat de ta génération, c'est: «Les diplômes, quels qu'ils soient, permettent d'avancer.» C'est vrai, mais moins qu'avant. C'est là tout le problème.

La génération qui dirige actuellement le pays est issue d'une forte période de croissance et a fait ses études pendant cette période bénie où il suffisait de travailler pour avancer. Aujourd'hui, le travail et les études ne suffisent plus. Mais le pire, ce n'est pas le manque de dynamisme de l'économie et le marasme social. C'est que, face à ces problèmes, notre génération ne se sent pas comprise, et encore moins soutenue. Il est très nouveau dans l'histoire de l'humanité qu'une génération fière de sa réussite se détourne des problèmes de la génération suivante et supporte que la situation soit pire que ce qu'elle a connu.

Tu sais, aujourd'hui, le problème, c'est que les jeunes ne travaillent plus (comme c'était votre cas) dans une perspective ascendante, mais seulement pour s'en sortir, se mettre à l'abri, limiter les difficultés. C'est quand même un gros changement d'époque.

Aujourd'hui, on demande à des jeunes à qui on laisse un système éducatif dans un état pitoyable, une dette publique colossale, des retraites hallucinantes à payer, une absence totale de perspectives de prendre encore sur eux le coût de l'ajustement. Il est normal que ça explose. Flexibiliser le marché du travail pour que les entreprises embauchent davantage, oui, sûrement, mais alors avec un système de formation qui tienne debout, un ascenseur social qui redémarre, un véritable investissement dans la recherche, des diplômes adaptés au fonctionnement de la société et qui ne soient pas des leurres. Nous ne demandons pas d'avoir mieux. Mais au moins autant que votre génération. C'est une première, pour une révolution. Nous voulons avancer, nous aussi. Des états généraux, pourquoi pas? Mais, si ça ne débouche pas sur un vrai dialogue, l'ascenseur social méritocratique républicain va finir par se transformer en un avion pour les Etats-Unis au sommet et par un baril de poudre en bas.

Tu dis toujours qu'il faut devenir ce qu'on veut devenir. Mais comment? Cette époque et ce pays sont si tristes…
En résumé, on pourrait presque dire que la génération 1968 s'est battu pour elle mais pas pour sa descendance. Que pourrait-on faire pour solutionner le problème? Des réformes, oui mais quelles réformes? Il semble difficile de gouverner la France tant les oppositions sont diverses et variées, et correspondent à un besoin vital, celui d'avoir de quoi vivre convenablement.
"L'avion pour les Etats Unis" renvoie en fait à la fuite des cerveaux. Par exemple, pour un maître de conférences dans une université, pour peu qu'il soit renommé, est immanquablement appelé par des universités étrangères qui sont prêtes à lui offrir le double voire le quadruple de sa paie en France. Evidemment que c'est tentant.
Nous sommes en 2006, la France se réveille avec une crise structurelle, réflexion d'un pouvoir à bout de souffle depuis quatre ans bientôt. Car comme l'a expliqué Elodie dans son post précédent, une des dernières allocutions de notre Président de la République nous l'a montré "Usé, vieilli, fatigué" comme disait un certain ex-homme politique dès 2002. Il se retrouve avec une société qu'il n'a pas vu évoluer, avec un gouvernement qui le dénie de plus en plus (la partie d'échecs entre De Villepin et Sarkozy) et une côte de popularité en chute libre.
Son allocution devait tenter de calmer la situation, cela a un peu changé, certes, on ne parle plus tellement de retrait du CPE, mais d'une espérance que les parlementaires UMP, qui sont de nouveau chargés de préparer un nouveau texte, ne fassent pas apparaître un CPE v2.0 mais plutôt un texte abrogeant le précédent (en tout cas, c'est le souhait de la CFDT). Bien que je soit septique de la suite du mouvement : après la manifestation de mardi prochaine, se dirige-t-on vers une "mise en veille" de la mobilisation le temps que le texte soit promulgué (dans un mois, deux mois, trois mois?), et qui pourrait se réveiller qu'au moment où le texte sera prêt à être vote?
Et le fait que le Parlement reprenne ses prérogatives ne serait-il pas une sorte de désaveu de Dominique de Villepin (bien que l'intéressé s'en défende)? En tout cas, il est inutile désormais qu'il pense à ses rêves de présidence. Le mieux qu'il ait à faire, est de redescendre tout en bas de l'échelle politique : se faire réellement élire comme député, puis remonter petit à petit... Rendez vous dans quelques annés pour revoir sa crinière argentée de poète à ses heures.

[GREVE] 3 millions dans la rue, Chirac et le gouvernement

De manifestations en manifestations, le mouvement contre le CPE ne cesse de grossir et de se radicaliser. Trois millions : cela ne s'est pas vu depuis le mouvement de 1995. Le cortège de VSQ positionné au début de la manif est arrivé vers 18h-18h30. On n'est pas allé jusqu'à République car des échos nous revenaient et des échauffourrées commençaient à avoir lieu. On est donc revenu sur nos pas et on a pris le métro. Même si le trajet et le temps fut long pour revenir (ce qui est positif en un sens car ça veut dire que la grève générale a bien été suivie dans els transports), cette manif est une des plus belles que j'ai faite (et j'en ai fait déjà un certain nombre depuis plusieurs années) : quand j'ai repris le métro, j'ai pu voir que la fin de la manif, à 18h30 venaient juste de partir ! Bref je suis arrivée chez moi à 22h, épuisée mais heureuse d'avoir participé à cette énorme mobilisation.
Et à ça que répond Chirac ? Son allocution du vendredi 2 avril nous est retranscrit dans Le Monde
Jacques Chirac avait annoncé vendredi soir à la télévision qu'il allait promulguer cette loi, tout en demandant un nouveau texte qui en modifiera les points contestés.

Dans une déclaration solennelle aux Français, le président de la République avait déclaré avoir "décidé de promulguer cette loi" parce que le Conseil constitutionnel l'a jugée "en tous points conforme aux principes et aux valeurs de la République", et parce que "le contrat première embauche peut être un instrument efficace pour l'emploi".

Rappelant que la Constitution lui donnait la mission de "dénouer la situation en étant juste et raisonnable", après deux mois de protestations et de manifestations, M. Chirac a assuré avoir "entendu les inquiétudes qui s'expriment chez de nombreux jeunes et chez leurs parents". Il a demandé "au gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi, sur les points qui ont fait débat" , en réduisant la période d'essai de deux à un an et inscrivant"le droit du jeune salarié à connaître les raisons" d'une éventuelle rupture de contrat.

Chirac a plus visé dans cette déclaration a ménager la chèvre et le chou (l'intransigeance de Villepin et la volonté de "conciliation" de Sarkozy) au sein de son parti que de répondre aux attentes des 3 millions de personnes et aux grévistes ayant défilé dans la rue le 28 mars. Ces annonces de modifications avaient déjà été annoncée, par ailleurs. Réduire, la période de 2 ans à un an ne change rien au problème du fond du CPE. Quant à la question du licenciement sans motif, Chirac annonce que le patron nous expliquera pourquoi il nous licencie. Grand progrès ! Le patron pourra toujours licencier pour le motif qu'il veut mais il nous expliquera. C'est-à-dire qu'on sera moins pris pour des kleenex mais toujours un peu quand même... Nous voilà bien avancés : c'est du gros foutage de gueule (passez- moi l'expression). Le mot d'ordre reste le même : "Pas de négociations avant le retrait du CPE" et j'irais plus loin en rajoutant "retrait du CNE et de la loi sur l'égalité des chances".

31 mars 2006

[GREVE] AG, mobilisation ça va mieux à l'UVSQ

Avec un peu de retard, je suis en mesure de vous donner le compte rendu de l'Assemblée Générale de jeudi dernier. De nouveau dans l'Amphi Diderot, la participation était bien plus importante que les deux dernières assemblées du Lundi 20 et du Jeudi 23 mars. Compte tenu de l'actualité de la semaine, un peu plus de monde s'est déplacé pour écouter le bilan de la mobilisation. La manifestation de mardi a été bien suivie (une centaine de participants), ce qui explique pourquoi un bon nombre d'étudiants est venu s'informer sur la suite des festivités.

Bilan :
  1. Pour vendredi, organisation d'un débat entre Mme Catherine TASCA (sénatrice PS des Yvelines) et Mme Valérie PECRESSE (Députée UMP des Yvelines remplacée par Mr Jean Michel FOURGOUS, maire d'Elancourt).
  2. [Enseignants] vote de deux motions, une regroupant les enseignants pour la non pénalisation "pour fait de grève" (80 signataires), une générale (personnel de l'UVSQ, IATOS, administration) pour le retrait du CPE (120 signataires).
    La semaine dernière (Vendredi 24 pour être précis), a eu lieu le conseil d'UFR. Etant souverain, il a procédé aux votes concernant la mobilisation :
    > Principe de la non pénalisation pour fait de grève : 33 pour, 2 blanc.
    > Soutien du conseil au mouvement : 31 pour, 2 contre, 2 blanc.
    > Postition du conseil pour le retrait du CPE : 25 pour, 8 contre, 2 blanc.
    Aucun examen ne peut porter sur des matières qui ont été traitées devant des groupes incomplets.
    > Proposition au Conseil d'Administration de ce lundi le vote le texte suivant : "Le conseil d'administration s'est réuni le 30 mars 2006 alors qu'un mouvement de grande ampleur est engagé contre le Contrat Première Embauche. En tant qu'établissement public dont la mission est l'enseignement supérieur, l'UVSQ est particulièrement attentive au devenir et à l'insertion professionnelle des jeunes auxquels elle propose des formations qualifiantes. Le Conseil d'Administration considère que le CPE est porteur de précarité pour la jeunesse et institue une forte régression sociale menaçant tous les salariés. Le Conseil d'Administration demande donc le retrait du CPE et l'ouverture de négociations avec les partenaires sociaux et les étudiants".
  3. La manifestation de mardi dernier a déplacé entre 2 et 3 millions de personnes. Pour sa part, l'UVSQ avait un cortège fonctionnel augmenté de lycéens, et il n'y a pas eu de débordements. Le bilan est plutôt positif, et cela montre que le mouvement ne s'essouffle pas.
Perspectives
Changement dans le mode de vote des perspectives. Il y a eu au début, pour les perspectives les moins "importantes", les moins cruciales, un vote une fois que la proposition a été faite.
  1. Proposition d'une nouvelle nuit à la fac. (vote pour).
  2. Avec l'intersyndicale, mardi, opération péage libre à St Arnoult en Yvelines (A10). Proposition de participation de l'UVSQ (vote pour - 53 - contre - 24 - ne prend pas part au vote - 1).
  3. Prolongation de la grève : (plusieurs intervenants se sont succédés)
    > La grève, c'est ou tout le monde ou personne. On peut organiser des roulements, chacun son tour.
    > La grève sert à prévenir ceux qui ne la font pas des actions, et ne peut se mettre en pause.
    > Le débat vient sur l'essoufflement, mais le relais est présent au niveau lycéen. C'est la dernière ligne droite, la semaine prochaine sera certainement riche en rebondissements.
    > Les deux personnes invitées au débat organisé sont incompétentes, il faut plus de représentation d'autres groupes que l'UMP et le PS (refusé).
  4. Les juristes sont pénalisés. On entend des assertions incroyables (l'employé est au service de l'entreprise, en droit social). C'est une catastrophe au niveau du dialogue. Une faible minorité de juristes se sent vraiment seule. Proposition d'un référendum national, surtout si le conseil constitutionnel ne s'oppose pas au CPE. Comme les référendums se font à l'initiative du gouvernement, il faut faire remonter au niveau des instances nationales la volonté d'un référendum, sachant que 63% de la population est contre le CPE.
    > Il faut rappeler que toutes les UFR sont toutes concernées par la non-pénalisation aux examens.
    > Tous les juristes ne sont pas forcément pour le CPE Le problème est que là bas, certains étudiants en ont rien à faire. Proposition d'une AG d'information à Leclerc
  5. Jeudi prochain, débat sur les alternatives au CPE.

Votes
:

  • Reconduite de la grève : 1 ne prend pas part au vote, 0 s'abstiennent, 122 votent pour, 7 votent contre.
  • Appel d'un référendum national : 1 ne prend pas part au vote, 0 s'abstiennent, vote pour.
  • Organisation du débat avec les députées et sénatrices des Yvelines : vote pour.
  • Organisation d'un débat jeudi prochain sur les alternatives au CPE : vote pour.
Cette fois-ci, nous avons eu une Assemblée Générale aussi peuplée que la précédente (130 personnes), toutefois, les conditions furent bien meilleures. On a enfin eu le droit de ne plus entendre "il ne faut pas bloquer la fac", "c'est inadmissible, on ne peut pas aller en cours à cause de la grève" etc. On semble enfin passé à autre chose. Une AG plus pragmatique, donc, avec des propositions originales, notamment l'appel au référendum sur le CPE (bien sûr, j'ai peur qu'il ne reste qu'une bouteille à la mer), ou encore l'opération "péage libre" à Saint Arnoult (bien que ce ne soit pas les étudiants qui l'aient proposés, cela traduit une nouvelle approche de la mobilisation : plutôt que de bloquer un lycée, bloquer une gare, une voie express ou en faisant une opération "péage libre" est une opération bien plus médiatique, et bloque des secteurs économiques, ce qui est moins supportable pour les organes dirigeants).
Malgré tout, il est difficile de préjuger de ce qui va se passer la semaine prochaine, au vu de l'actualité qui s'est un peu bousculée hier et aujourd'hui (cela fera l'objet d'un billet ce week end, histoire d'en garder un peu sous le pied).
Demain, si vous êtes sages, vous aurez le droit au compte rendu du débat entre Mr FOURGOUS et Mme TASCA.


30 mars 2006

[C.P.E] Coup dur pour la mobilisation?

Je ne m'apesantirai pas très longtemps ce soir sur l'importante nouvelle tombée aux journaux de 20h, mais le Conseil Constitutionnel a rendu la loi sur l'égalité des chances conforme à la Constitution.
Désormais, il semble clair que malgré le fait qu'aucun autre recours juridique ne soit possible, la mobilisation risque de gagner encore en intensité, opposant avec un cran de plus deux partis intransigeants.

Note pour les contributeurs. Si vous avez des infos à passer, utilisez ce post. Demain, vous aurez aussi le compte rendu de l'A.G de ce midi (qui s'est bien mieux déroulée que les deux précédentes au passage). Sur ce, je finis mon exposé!

Vous pouvez aller faire un tour sur le site de maître Eolas, qui, dans un texte de vulgarisation fort bien tourné (une pièce de théâtre), raconte le déroulement du Conseil Constitutionnel de jeudi dernier. cela se passe ici

29 mars 2006

[A méditer] De la séparation de l'Eglise et de l'Etat....

En ces temps troublés par les attentes de beaucoup d'étudiants, lycéens et travailleurs, il apparaît important de connaitre ce que pensent d'autres catégories de personnes. Parmi ces personnes, j'entends ici vous rapporter, aussi fidèlement que possible, les propos tenus par l'archevêque de Chartres, André XXIII, lors de l'Homélie qu'il prononcé le 26 mars 2006 pendant le pélerinage de Chartres.

"Notre pays est traversé par une des crises sociales et politiques qui ont marqué les dernières décennies. Ces crises et les convulsions qui en sont le signal habituel expriment périodiquement l’angoisse et l’anxiété de notre société. Elles sont des messages d’inquiétude devant l’avenir, en particulier pour ceux dont la situation professionnelle est la plus précaire et pour ceux dont l’avenir est le plus incertain. Il n’est donc pas surprenant que les jeunes soient les plus sensibilisés et les plus disposés à exprimer l’inquiétude de beaucoup.

Au plus fort de cette crise, vous avez décidé de venir en pèlerinage à Chartres et de consacrer quarante huit heures à la réflexion commune et à la prière. N’est-ce pas un peu surprenant ? Sans doute, et cela explique que vous soyez un peu moins nombreux peut-être que prévu. Quel sens peut avoir cette démarche de foi au milieu des débats auxquels vos universités et vos grandes écoles se trouvent mêlées ? Mais on pourrait élargir la question et se demander : que veut dire être chrétien dans ce monde, tel qu’il est, et dans cette société, telle qu’elle est ? Que veut dire aujourd’hui " se mouiller " au nom de notre baptême ? Et vous, les catéchumènes, qui vous préparez au baptême, quel peut être le sens de votre démarche par rapport aux inquiétudes de votre génération ?

Je ne sais pas si le CPE est le meilleur ou le pire moyen pour vous aider à entrer dans la vie active des entreprises. Je ne peux pas répondre à votre place ni vous dire que l’Évangile fournit toutes les réponses aux questions qui se posent et que vous vous posez, surtout en quelques minutes. Je voudrais simplement que nous profitions de ce temps que vous avez consacré au Seigneur pour vous proposer quelques réflexions et vous inviter à prendre un peu de recul par rapport aux événements.

Je vous disais que nous vivions une crise qui exprime une anxiété par rapport à l’avenir. Il me semble que cette anxiété doit nous faire réfléchir sur la manière dont nous nous représentons l’avenir. Qui a les solutions de l’avenir ? Qu’attendons-nous de l’avenir ? Quelle est notre espérance ? Pour beaucoup, la seule espérance qui les motive est celle de la sécurité : sécurité de l’emploi, sécurité du niveau de vie, sécurité de la santé, etc. Mais qui peut vous laisser croire, ou vous faire croire, qu’il vous apportera ces garanties ? Honnêtement, je ne crois pas que quiconque aujourd’hui puisse vous garantir cette sécurité, pas plus que vous assurer que vous aurez un niveau de vie comparable à celui de vos parents.

Derrière cette promesse en trompe-l’œil, il y a un jugement qui se dessine sur les valeurs communément admises dans notre société. La question radicale est de savoir à quoi nous accordons le plus de prix et ce qui peut vous conduire à une véritable maîtrise de votre vie et à un accomplissement de vos capacités, à un équilibre qui vous permette de connaître le bonheur. Pas seulement un petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social, pas seulement le bonheur d’un CDI ou d’une profession protégée, mais le bonheur réel et profond qui donne la joie d’être au monde et de vivre.

Ce bonheur-là, personne ne peut l’apporter tout cuit sur un plateau avec le talisman d’un diplôme. Il faut le construire et le reconstruire chaque jour, parce que ce bonheur là ne résulte pas de ce que les autres ou la société pourraient nous donner, mais de la décision d’engager notre vie pour le service des autres et pour la transformation du monde. Ce bonheur, il est le fruit de l’amour qui transforme notre vie et qui lui donne une dimension nouvelle. Il n’est pas le repos après l’effort, il est le réveil quotidien de l’inquiétude pour la vie de nos frères.

Nous avons la chance très rare de vivre dans un pays de liberté et de démocratie. La liberté et la démocratie se méritent et se construisent par notre engagement à les rendre possibles et effectives. Pour qu’elles soient vivables, il faut que des hommes et des femmes de conviction soient déterminés à s’engager pour les soutenir et les faire grandir. Quand on me dit que les A.G. sont manipulées et les décisions arrachées par des minorités d’influence, je me demande si on n’abandonne pas le terrain en laissant dépérir les organisations démocratiques. Des hommes et des femmes de votre âge, et culturellement bien moins équipés que vous, ont combattu et combattent parfois jusqu’au don de leur vie pour obtenir des élections démocratiques et promouvoir un fonctionnement social qui respecte aussi les minorités.

Le blocage des institutions démocratiques, l’intimidation, le vote forcé, les décisions enlevées à l’arraché, la destruction des outils intellectuels, livres et instruments de travail, tout cela a fonctionné en Europe au XX° siècle, en Allemagne et en Russie. Notre démocratie devrait avoir honte de voir resurgir en son sein les fantômes des totalitarismes. Il est plus que temps pour tous de réfléchir sur le monde que nous construisons et de prendre notre part légitime d’un véritable débat démocratique.

Qu’est-ce que les chrétiens apportent dans ce débat ? Peut être le récit de la guérison de l’aveugle-né nous aidera-t-il à comprendre ce que nous pouvons apporter dans notre monde ? Il nous faut nous arrêter à deux aspects de ce récit. Le premier est la conclusion du débat qui est déclenché après la guérison de l’aveugle. Tout le monde veut contester ce qui est évident : il était aveugle et, maintenant, il voit. Cette controverse amène le Christ à expliquer le sens de l’événement. Il est venu pour un jugement : donner la vue aux aveugles et manifester l’aveuglement de ceux qui se croient clairvoyants.

Pour accueillir la lumière du Christ, il nous faut déjà être capables de reconnaître que nous ne sommes pas nous-mêmes la lumière et que nous avons besoin d’être éclairés et guéris. Notre monde super-médiatisé regorge de spécialistes autoproclamés, capables de tout vous expliquer et de vous convaincre qu’ils avaient tout prévu, surtout après coup. Où est la véritable sagesse quand le zoom de la caméra donne à des événements partiels une dimension internationale et laisse dans l’ombre beaucoup de réalités qui ne l’intéresse pas ? Sommes-nous des enfants de la lumière si nous nous laissons entraîner par la passion des images ?

Le deuxième aspect auquel nous devons nous arrêter est la déclaration du Christ : " Je suis la lumière du monde " (évangile selon saint Jean, 9, 5). L’aveugle-né est ici le représentant d’une humanité privée de la lumière nécessaire à la vie. Il va retrouver la vue parce que Jésus, lumière du monde, lui donne sa propre lumière en l’envoyant à la piscine de Siloé, la piscine de l’envoyé. Et l’envoyé, c’est le Christ lui-même, envoyé par le Père.

Si nous espérons que l’humanité puisse sortir de ses aveuglements, il nous faut savoir d’où vient la lumière. Comment le Christ est-il une lumière dans notre vie, dans chacune de nos vies ? Comment venons-nous recevoir sa lumière pour devenir à notre tour lumière du monde ? " Vous êtes la lumière du monde ", nous dit-il dans l’évangile de saint Matthieu (5,14) . Au cours de la nuit pascale, il va se dresser dans la lumière de la résurrection et il va donner sa lumière aux nouveaux chrétiens. Comment cette lumière peut-elle éclairer notre monde ? La lumière que nous donne le Christ, c’est d’abord sa parole qui nous indique les chemins de la vie et du bonheur.

Finalement, la question qui s’impose à nous est la suivante : le Christ, avec sa parole, sa présence sacramentelle dans la vie de l’Église, son Esprit qui nous habite, le Christ Jésus est-il vraiment la lumière de notre vie quotidienne ? Est-il celui en qui nous mettons notre confiance pour notre avenir, celui qui ne déçoit pas et qui ne trompe pas, celui qui nous garantit la véritable sécurité, celle qui vient de Dieu.

Mes chers amis, les circonstances nous mettent tous devant un choix auquel nous ne pouvons pas échapper : quelle est la valeur suprême de notre vie ? Est-ce que nous sommes prêts à faire confiance à Dieu et à risquer nos sécurités dans le service de nos frères ? Ou bien préférons-nous la sécurité de la société de consommation et de la protection du niveau de vie ? Personne ne peut imposer la réponse à ces questions. La réponse doit jaillir de votre liberté et de votre désir d’aimer et de servir vos frères. Mais si vous choisissez la liberté dans le Christ, je peux vous garantir qu’il ne vous laissera pas tomber et qu’il vous comblera de joie. Si vous choisissez la sécurité garantie par la société, j’espère que vous savez ce que vous faites et que vous assumerez vos déceptions.

Dans quelques instants, nous allons vivre les étapes vers le baptême des catéchumènes qui sont parmi nous. Ce sera aussi une occasion de nous renouveler dans notre propre baptême et de le ratifier à nouveau. De nous redire chacun en notre cœur en qui nous avons mis notre espérance."

Qu'en pensez-vous ?

Hack de Damien, qui dit ce qu'il en pense : Il est quand même épatant de voir le sursaut de religiosité de nos sociétés actuelles : se remettre en les mains de Dieu pour son propre destin, c'est un peu comme au temps du Moyen-Âge, quand l'ascension sociale était péché de vanite. Maintenant, pour nous qui sommes de moins en moins christianisée (9% de la population va quotidiennement à l'église pour suivre une messe), ce genre de discours semble avoir moins de pregnance. Et en tant qu'étudiants exaltés, le conservatisme pourrait nous faire doucement rigoler, s'il n'y avait, dans le contexte mondial, les religions (et surtout les fanatismes religieux, quelqu'ils soient), qui regagent du poil de la bête...

28 mars 2006

[GREVE] Une semaine sous tension...

Depuis la fin du week-end dernier, depuis la fin des tentatives de négociation, tous les médias en parlent : la manifestation-grève de mardi, en laquelle les opposants au CPE engagent leurs plus grands espoirs, puisque de son résultat vont probablement découler la suite des évènements.
Déjà ce matin, à l'heure à laquelle je vous écris, la mobilisation dans les transports (bus, métro, train, tramway selon les régions), est déjà importante (entre 20% et 60% du trafic assuré selon les lignes et les régions). Aussi beaucoup ont pris leurs précautions, soit posé une RTT soit pris un train plus tôt pour arriver à l'heure. Ceux qui manifesteront par contre, espèrent que le rassemblement de cet après midi sera suffisant pour faire plier le gouvernement et le mettre devant le fait accompli : en France 63% des français (sondage Ipsos pour France 2) souhaitent le retrait du CPE. Pour faire tout de même bonne figure et tenter de garder le contact, désormais, le Premier Ministre se dit "prêt à discuter sur les deux points les plus sensibles du CPE, la période d'essai de deux ans et la rupture du contrat". Sauf que personne ne semble être intéressé par ces propositions changeantes, d'une semaine à une autre. D'ailleurs, la CFDT et FO ont déjà décliné l'invitation à la discussion prévue demain à Matignon.
On peut également espérer que le déroulement de la manifestation soit plus encadré pour éviter les images de jeudi dernier, des affrontements entre étudiants, forces de l'ordre et casseurs (évitons d'entrer dans le jeu des médias qui montrent pour partie des jeunes issus de la banlieue uniquement, il y en a eu aussi du côté des étudiants, mais les cibles étaient différentes.). Selon le Ministre de l'Intérieur, cette fois ci, des contrôles auront lieu dans les gares pour tenter "d'écrémer" le maximum d'éléments étrangers.

Et le travail m'a empêché de finir ce billet. Aussi, je l'achève après les premières estimations de la manifestation d'aujourd'hui. Et elles semblent fameuses, puisqu'elles varient entre 1 (selon la police) et 3 millions de participants (selon les syndicats). Du simple au triple évidement, mais ce sont des chiffres bien supérieurs aux manifestations précédentes. D'ailleurs un cortège assez fourni est parti de l'UVSQ (élo vous fera un topo si elle en a le temps). Maintenant, il ne semble pas qu'il y ait eu autant de débordements (quelques uns quand même à signaler : En dépit de l'imposant dispositif policier déployé, des incidents ont éclaté en début de manifestation. La vitrine d'un café a été brisée près de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et le carré de tête a été harcelé tout au long du parcours par des bandes de jeunes gens masqués qui tentaient de passer en force).
Et malgré cela, le Premier Ministre ne semble toujours pas avoir entendu raison. A point qu'à présent même Nicolas Sarkozy prêche pour une suspension du CPE (mais en tant que petit calculateur, ce genre de proposition vise juste à prendre l'unique canot de sauvetage du H.M.S Villepin).

[C.P.E] Et si la solution à la crise venait du conseil constitutionnel ?

Le conseil constitutionnel sera amené, le 30 mars prochain, à examiner le recours ouvert par les divers groupes parlementaires opposés au Contrat Première Embauche. Et, compte tenu du caractère éminemment politique de cette institution composée, comme chacun sait, de neuf membres nommés par le président de la République, le président de l'Assemblée Nationale et le président du Senat, auxquels il faut ajouter la présence de Valéry Giscard d'Estaing en tant qu'ancien président. Son caractère politique pourrait expliquer une décision décisive pour ce qui est de la poursuite du mouvement de grève entamé par les étudiants.

Il convient désormais d'aborder les principales armes dont disposent les opposants au CPE dans leur bataille juridictionnelle. Tout d'abord, il faut préciser que le texte qui a été soumis à l'approbation des parlementaires est un projet de loi. Les lois, comme beaucoup devraient le savoir, ont un caractère général et impersonnel, c'est justement ce caractère général et impersonnel qui la distingue du réglement. Cela signifie que, selon les opposants du CPE, le projet de loi créant le CPE est inconstitutionnel.

De plus, les opposants au CPE définissent ce projet de loi comme source d'inéquité entre les générations de travailleurs en créant des dispositions différentes pour ce qui concerne l'embauche d'un personnel âgé de moins de 26 ans. De la même manière, un texte législatif ne peut prévoir de dispositions qui n'aient pas un caractère général et impersonnel, le texte apparaît inconstitutionnel.

Pour ce qui concerne la décision du conseil constitutionnel, il apparait pour beaucoup (dont je fais partie) que ce texte sera déclaré inconstitutionnel car il consiste en un empiètement du pouvoir législatif sur le pouvoir réglémentaire. Aussi, il apparaît évident qu'en statuant ainsi, le conseil constitutionnel privera de son objet le mouvement étudiant de manifestation, de blocage et d'occupation des locaux. Par cette décision, il apparaît aussi évident que le conseil constitutionnel "sauvera" le gouvernement Villepin dans la mesure où il permettra à celui-ci de faire passer sa réforme sous la forme d'un acte réglémentaire contre lequel il apparaîtra difficile de former un recours en excès de pouvoir auprès du conseil d'Etat. Ce qui signifie, en d'autres termes, que le conflit va se régler sur tapis vert.

26 mars 2006

[GREVES] Le CPE vu par un grand cyber-juriste

Vous avez peut être vu dans la catégorie "liens vers d'autres blogs" un lien vers cet excellent blog qu'est "Le journal d'un avocat" Si je vous en parle, c'est parce que son animateur, Maître Eolas a livré son analyse du CPE.
En lisant le résultat de sa réflexion à cette adresse, vous constaterez que pas mal d'arguments développés rappelent ceux déjà développés en Assemblée Générale céans (en tout cas, les conclusions sémantiques à propos de la "grève" et du "blocage", parce qu'après, peu d'étudiants en droit sont venus faire part de leurs interprétations).
Maître Eolas montre en tout cas une chose importante : le Contrat Première Embauche est une loi très complexe, aux références vers d'autres articles de loi, laissant place ainsi à de multiples interprétations, positives ou négatives. Clairement, le CPE dans cet article semble plus neutre, (et rien que de lire cela, beaucoup vont s'énerver) que présenté par les syndicats. Néamoins mon point de vue ne changera pas concernant le CPE : on ne lance pas de loi sans avoir au préalable négocié au maximum avec les partenaires sociaux.

25 mars 2006

[GREVE] Discussions écourtées, casse, intransigeance... Où la sortie de crise devient de plus en plus pressante

Une chose est sûre et déjà affirmée sur ce blog depuis le début du conflit sur le CPE : que ce soit du côté du Premier ministre et de son entourage, ou bien du côté des manifestants, jeunes ou adultes, personne ne veut infléchir sa postion. L'affrontement tourne donc au bras de fer, à celui qui tiendra le plus longtemps, à celui qui cèdera en premier. Plusieurs facteurs peuvent conduire à cette rupture :
  • Un mouvement de grève paralysant la France, reconductible de jour en jour, type de celui qui a eu lieu en décembre 1995 (nous étions peut être trop jeunes pour en saisir les tenants et les aboutissants, mais nous avons peut être des souvenirs associés, tels nos parents rentrant très tard à cause des trains ou des embouteillages).
  • Une radicalisation des manifestations, non pas du fait des étudiants (qui tiennent pour la majorité à faire du combat contre le CPE une lutte sans trop d'accrocs avec les forces de l'ordre), mais plutôt des casseurs, qui voient dans ces rassemblements l'occasion de casser, frapper et voler. Cette violence pourrait tout à fait être profitable au pouvoir. En effet, du fait du retentissement médiatique, des images de malades en train de se défouler sur une voiture ou une vitrine, certains manifestants potentiels seraient enclins à rester chez eux plutôt que de risquer de se retrouver détroussé ou avec des contusions. Cela fait donc des manifestations moins "grosses", donc un dégonflement potentiel du mouvement.
  • En même temps, le fait de laisser s'installer l'insécurité risque de mener à l'escalade : il ne serait pas étonnant si cela persiste de voir des commerçants ou des manifestants exaspérés (ou extrémistes) sortir le fusil ou le couteau. Dès qu'il y aura un cadavre, un point de non retour sera franchi. Et dans l'idéal, il serait fortement préférable de ne pas en arriver jusque là.
  • L'enlisement du dialogue n'est pas non plus un bon présage, car il risque de lasser et d'un côté les manifestants les moins motivés ou ceux qui sont contre les blocages des universités (encore une fois, je rappelle que cela ne concerne pas l'UVSQ et que certaines facs considérées comme bloquées ont été fermées par l'administration), de l'autre, des députés, notamment de la majorité, qui voient leur parti se rendre de plus en plus impopulaire (antinomiquement à leur slogan), et qui souhaitent lâcher du lest pour éviter la catastrophe des élections (surtout qu'avec encore un an et quelques mois, les sujets de mécontentement ont encore le temps de surgir).
Où est-ce que je veux en venir, me direz-vous? Eh bien, ce qui précède pourrait servire de prospective aux évènements de la fin de la semaine et du week-end.
Jeudi : la manifestation est entâchée par des débordements de casseurs, à la fin de la manifestation, place des Invalides. Naissent des polémiques sur l'intervention tardive des forces de l'ordre lors de la dispersion des manifestants. Toutefois, le ministre de l'Intérieur ne souhaite pas lancer des charges de CRS en plein milieu des bagarres. Toujours est-il qu'il souhaite anticiper l'arrestation de ces éléments qui pourrisent le mouvement.
Vendredi : les syndicats de salariés sont invités à discuter "sans à priori" avec le Premier Ministre. L'entrevue a duré une heure, et les deux partis se sont quittés sans avancer. D'ailleurs, les syndicats promettent désormais de plus revenir à Matignon tant que le CPE ne sera pas retiré. En témoigne cet article du Nouvel Observateur [> :
On ne les y reprendra plus: face au "refus total" du Premier ministre de faire machine arrière vendredi lors de sa rencontre avec les confédérations syndicales, la CGT et FO ont déjà annoncé qu'elles ne retourneraient pas à Matignon sans retrait du CPE. Dominique de Villepin leur avait en effet proposé, ainsi qu'aux organisations de jeunes, de les revoir dès "la semaine prochaine".
"Pourquoi faire?", a expliqué samedi à l'Associated Press Jean-Claude Mailly, patron de FO. "Si le Premier ministre accepte le retrait, on est prêts à le revoir pour discuter de tous les problèmes de précarité et d'emploi des jeunes. Mais si c'est pour recommencer une séance comme celle de vendredi et nous proposer de simples aménagements, ça ne sert à rien de s'y rendre!". "Ce sera difficile d'y aller tant que le Premier ministre campe sur sa position", a confirmé à l'AP Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT.
Quant aux jeunes anti-CPE (UNEF et Confédération étudiante; UNL et FIDL côté lycéens), ils réservaient leur réponse samedi en début de soirée. A midi, faute de retrait du CPE, ils avaient boycotté la réunion à laquelle les avait conviés Dominique de Villepin, le laissant face aux syndicats minoritaires (UNI, FAGE et PDE). La veille, ils avaient déjà décliné l'invitation du ministre de l'Education Gilles de Robien. L'intersyndicale (syndicats, jeunes, FSU et UNSA) se réunira mercredi pour adopter une position commune.
Enfin, Samedi, Dominique de Villepin souhaite rencontrer les membres des syndicats étudiants. Seule l'UNI (droite) et la FAGE (semblant apolitique), notamment ont répondu à l'appel, mais sans que la situation avance de nouveau. La seule nouveauté, est la nouvelle fluctuation dans la ligne de conduite vis à vis du CPE : cette fois-ci, il semblerait prêt à modifier le cadre d'application, notamment sur les deux ans d'essai et la justification de rupture. Mais cela ne satisfait personne.
La volonté affichée samedi par Dominique de Villepin de "répondre" aux préoccupations "rapidement", "par le dialogue", notamment sur les "deux préoccupations majeures" que sont la période d'essai de deux ans et la rupture du CPE, a donc été accueillie avec scepticisme. La seule piste concrète annoncée, le "prolongement des bourses étudiantes" jusqu'au premier emploi, ne concerne pas le CPE.
Autrement dit, rien d'intéressant. En plus, on constate que le CPE ressemble de plus en plus à un élément peu considérable de la part de nos deux plus grands hommes politiques (grands ni en termes de taille ou de qualité, mais plutôt en termes de postes, président de la République exclus) : une bonne grosse partie d'échecs, où chacun y va de son idée pour faire passer quand même le CPE sous d'autres formes (l'idée de Nicolas Sarkozy de faire une expérimentation de 6 mois) ou bien la tentative de conciliation de la dernière chance (un coup dans l'eau pour Dominique de Villepin). L'issue de la partie, on la connait, elle sera en 2007. Reste à savoir qui sera en situation d' "échec et mat". Le problème, dans tout cela, c'est que les revendications des jeunes et des salariés ne semblent pas prises en compte (malgré les déclaration du Premier Ministre affirmant qu'il a entendu les revendications... cela marche très bien ce genre de phrase, De Gaulle l'a utilisée en son temps!). Toujours est-il que pour éviter une montée des périls et un enlisement de la situation, la mise aux oubliettes d'une loi dont personne ne veut serait la meilleure solution.

24 mars 2006

[GREVE AG] La fin de la grève?

La traditionnelle AG du jeudi a bien eu lieu. Normal, pourriez-vous penser et pourtant, autant vous avouez que beaucoup comme moi se sont poser la question si oui ou non celle-ci allait avoir lieu. Normalement prévu à 11h, il aura bien fallu entre 20 et 30 minutes pour que l’amphi se « remplisse » tant bien que mal. Nous avons compté entre 130 et 140 personnes, ce qui était largement insuffisant pour voter une quelconque reconduction de la grève. D’ailleurs celle-ci fut justement remise à la prochaine AG par les membres du « jury » devant la très faible mobilisation du moment.

Une fois lancée, le débat dans son entier, n’aura presque servi à rien, sinon à montrer un profond malaise au sein de notre université entre grévistes, non grévistes et partisans du non blocage. Une (très jolie) étudiante de sociologie a d’ailleurs relancé l’éternel débat du blocage qui selon les grévistes n’a pas de raison d’être. Malheureusement quelques minutes plus tard, la même personne qui avait de nouveau (r)assuré qui n’y aurait aucun blocage de notre FAC, lance un message comme quoi le blocage pouvait être envisagé en cas de l’échec du mouvement anti-CPE. Ce message à de quoi faire peur quand on voit la très faible avancé des débats entre le gouvernement, qui campe sur ses positions et les grévistes (donc certains refusent un quelconque dialogue).

Continuons dans le débat… un autre étudiant avançait que le gouvernement avait presque agit dans « l’illégalité » en imposant sa loi. Faux ! Le gouvernement est certes passé en force et n’a pas été négocié préalablement avec les partenaires sociaux (qui m’a fois l’auraient refusé – ils refusent toujours – expliquant le 49.3), mais le CPE est constitutionnellement correct : rappelons que le projet a été soumis au parlement qui l’a voté, accepté, et que enfin le 49.3 est prévu par la constitution de la Vè République.

Un autre étudiant, favorable lui au CPE, avançait des faits et des chiffres tirés de la plus proche source du premier ministre, son site internet ! (Faits et chiffres vérifiés à sa source) L’étudiante qui passa après ce dernier donna, elle, d’autres chiffres, dont je ne me permettrais pas de contester mais dont je n’ai pas retrouvé ses sources via internet (elle-même n’a pas dit d’où venait ses sources).

Pour terminer avec ce compte rendu, je tiens a signaler le traditionnel « pourrissement » des débats et le non respect à la personne et à ses opinions. A noter d’ailleurs que le jury n’a pas montré l’exemple, haranguant une étudiante au début de l’AG, alors que celui-ci se doit de rester neutre pendant le débat.

En conclusion le mouvement de grève s’éteint petit à petit dans notre université, et ce depuis une semaine environ. Les débats, hormis l’excellente initiative d’un pique-nique/débat, n’ont pas avancé et au contraire deviennent parfois insignifiants. Le mouvement à Versailles semble en apparence une réussite mais il a été plus soutenu par les lycéens, plus motivés, que par les étudiants de l’uvsq, qui d’ailleurs en majorité (selon certaines sources) étaient de St Quentin. Si la mobilisation doit de (re)faire une santé, elle doit commencer dès la prochaine AG, qui sera crucial pour l’avenir du mouvement et de la position officiel de l’université dans les débats.
Enfin ce serait un fait rare puisque l’uvsq serait non seulement une des dernières universités à rentrer dans la lutte et la première à en sortir.